Victor Lagye

peintre belge From Wikipedia, the free encyclopedia

Victor Lagye, né le à Gand et mort le à Anvers, est un peintre et illustrateur belge surtout connu pour ses peintures de genre et ses scènes historiques. Il participe à divers programmes décoratifs commandés par le gouvernement belge. Dans ses dernières années, il se consacre activement à l'éducation artistique.

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Décès
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AnversVoir et modifier les données sur Wikidata
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Victor Lagye
Victor Lagye photographié par Joseph Dupont à Anvers en 1861.
Biographie
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AnversVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Raphaël Lagye (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Biographie

Famille

Victor Lagye, né Struifstraat à Gand le , est le fils de Benoît Jean Lagye (1790-1859), tailleur d'habits et jadis musicien régimentaire sous le Premier Empire, et de Catherine Joséphine Lausnay (1789-1876), modiste. Il épouse en 1857 Cécile Lambin, morte en 1864, puis il se remarie en 1866 avec la sœur de sa première femme, Hortense Lambin. Il est le père de six enfants, dont Raphaël Lagye (1862-1952), artiste peintre. Son frère, Benoît Lagye (1818-1892) est un musicien, professeur au Conservatoire de Gand[1],[2].

Formation

Victor Lagye étudie à l'Académie royale des beaux-arts de Gand, où ses professeurs sont Joseph De Cauwer, Hendrik Van der Haert et Théodore Canneel. En 1842, à Gand, il obtient le premier prix de la classe d'après la bosse[3]. Grâce à ce prix, le peintre Jean Baptiste Louis Maes-Canini l'emmène, en , afin qu'il puisse parfaire sa formation en Italie[4]. En , Victor Lagye remporte à Rome le prix du concours de peinture et dessin, ouvert par la Congrégation artistique du Panthéon, dont le sujet est Jésus Christ ressuscitant la fille de Jaïre[5].

À l’époque, l’Italie est en pleine tourmente. Il se passionne pour les idées nouvelles et devient membre du « bataillon universitaire » sous le commandement du roi Charles Albert de Sardaigne. Surnommé le Fiamingo, il se porte volontaire dans l'armée de Garibaldi lors de la révolte de Rome à la fin de 1848, qui conduit à la fondation de la République romaine et où il acquiert le grade de capitaine. Lorsque les Français reprennent Rome, il est emprisonné à Venise, mais réussit s'échapper, grâce à un carbonari, évitant une condamnation à mort[6],[7],[1],[8].

Danseurs dans le temple.

Carrière

De retour en Belgique, l'artiste se rend d'abord à Bruxelles en 1849, où le gouvernement Rogier lui commande des compositions allégoriques. L'année suivante, il s'établit définitivement à Anvers, où il se lie d'amitié avec Henri Leys. Ce dernier est un représentant éminent de l'école historique ou romantique et un pionnier du mouvement réaliste en Belgique. Lagye devient un disciple enthousiaste et dévoué de Leys et commence à peindre les mêmes sujets que lui. Cependant, il a le mérite de s'affranchir des préceptes reçus en les adaptant à son propre tempérament et en se ménageant une individualité durable[7],[9].

En 1871, il devient professeur à l'Institut supérieur des beaux-arts d'Anvers, puis il est promu directeur de cette institution en 1895. Ses élèves comprennent notamment Albrecht De Vriendt[7].

Victor Lagye remporte au cours de sa carrière plusieurs distinctions : une médaille à l'Exposition du Centenaire de Philadelphie de 1876 et une médaille d'or au salon de Bruxelles de 1860[7],[9].

Victor Lagye, malade depuis longtemps, meurt le , rue Provinciale no 75 à Anvers. Ses funérailles civiles, accompagnées par les honneurs militaires, ont lieu trois jours plus tard, en présence des autorités académiques et politiques. Il est inhumé au Schoonselhof[1],[10].

Œuvre

Scène de famille à l'époque de la Ligue catholique
Musée des Beaux-Arts de Gand

L'œuvre de Victor Lagye comprend trois phases : Il est d'abord romantique, puis, en disciple de Leys, il rassemble tous les éléments du réalisme néo-gothique dans Scène de famille à l'époque de la Ligue catholique, qui est une vraie reconstitution historique. Ce tableau, acquis au Salon de Gand de 1871, est conservé au Musée des Beaux-Arts de Gand[11]. Toutefois Victor Lagye s'affranchit des préceptes de Leys en les adaptant à son tempérament personnel et en se ménageant une individualité durable. Ses œuvres ultérieures sont puisées dans l’étude du costume historique et peintes avec des préoccupations luministes contemporaines[12]. Son caractère s'affirme dans des œuvres telles que La Sorcière, une de ses toiles les plus caractéristiques, à l'instar de L'Abandonnée[1].

En 1855, il collabore avec Lucas Victor Schaefels à la décoration de l’église Saint-Antoine d’Anvers. Les artistes utilisent l'aquarelle. Eugène Verboeckhoven complète certains de ses tableaux, car il ne dédaigne pas le travail collectif[6]. Lagye travaille également sur des projets décoratifs pour diverses fêtes nationales, comme celles de 1856, marquant les vingt-cinq ans du règne de Léopold Ier. En 1859, il décore le château de Gaesbeek, où il représente divers épisodes de l’histoire belge, comme L'Incendie de Gaasbeek par les Français. En 1861, conformément à l'accord passé entre l'état belge et la fabrique d'église, il peint des panneaux offrant versions « décentes » d'Adam et Ève pour la cathédrale Saint-Bavon de Gand[1].

Au cours de ses dernières années, il se consacre à une œuvre d'envergure : la décoration en six fresques de la salle des mariages de l'Hôtel de ville d'Anvers qui constitue le couronnement de sa carrière lorsqu'elles sont présentées à l'Exposition universelle de 1885[1].

Distinctions

Références

Voir aussi

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