Victor Tiollier
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Victor Tiollier est un résistant français membre du réseau Gallia, né le 29 janvier 1921 à Cruet (Savoie), et mort le 25 février 1945 au camp de Nekarelz.
Biographie
Victor Tiollier naît le 29 janvier 1921 dans la commune de Cruet en Savoie, dans une famille de cultivateurs. Il est l'aîné d'une fratrie de cinq enfants. Après des études secondaires au collège Notre dame de la Villette à Chambéry, Victor Tiollier, qui aspire à devenir prêtre, entre au Grand Séminaire de la même ville[1].
Seconde Guerre Mondiale et entrée en résistance
En 1940, Victor Tiollier est requis pour les Chantiers de Jeunesse, dans le XXe Groupement, stationné à Saint-Laurent-du-Pont en Isère. En 1943, il quitte le séminaire pour une année de discernement et rejoint la ville de Lyon où il entreprend des études de Droit. Victor Tiollier loge alors chez une tante, Jeanne Larchier. Cette dernière est domiciliée à Villeurbanne et héberge déjà deux étudiants engagés dans la résistance et membre du réseau Gallia : Pierre Pittion-Rossillon et Paul Gentil. Le père de ce dernier, Louis Gentil, engagé au sein de la France Libre avec le grade de Colonel, est l'un des membres dirigeants du réseau Gallia. Alors que la répression contre la résistance lyonnaise s'intensifie, Pierre Pittion-Rossillon est arrêté le 8 mai 1944 par la Gestapo, puis déporté en Allemagne. Victor Tiollier est alors engagé par Paul Gentil en qualité d'agent de liaison et reprend l'animation du réseau[2],[3].
Arrestation et déportation
Victor Tiollier est à son tour arrêté le 20 mai 1944, alors qu'il relève une boîte aux lettres clandestine dans la rue Sainte-Catherine à Lyon. Interné à la prison de Montluc, il est torturé et interrogé à plusieurs reprises par la Gestapo, École de Santé Militaire, située alors avenue Berthelot. Le 19 juin suivant, Victor Tiollier est transféré au camp de Compiègne-Royallieu, dans l'Oise. Le 2 juillet, il est intégré au convoi de déportation du "Train de la mort". Arrivé le 5 juillet au camp de Dachau, il est ensuite transféré au camp du Nekarelz, dans le Bade-Wurtemberg. Il meurt du typhus à l'infirmerie du camp le 25 février 1945, à l'âge de 24 ans. Le camp ne disposant pas de four crématoire, son corps est enterré par des camarades déportés au carré juif du cimetière de Binau. Il est ensuite rapatrié en 1955 dans le caveau familial du cimetière de Cruet[4].
Hommage
En 1958, Albert Tiollier, le père de Victor, reçoit la Légion d’honneur au nom de son fils. Le nom de Victor Tiollier figure sur le monument aux morts de l’Université Lyon II. Une plaque portant son nom a été apposée dans la cour de la Maison diocésaine de Chambéry le 26 février 2005, à l'occasion du 60éme anniversaire de sa mort, en présence de l’évêque, monseigneur Laurent Ulrich[4].
Journal
A partir de son internement au camp de Compiègne-Royallieu, où il arrive le 22 juin 1944, Victor Tollier commence à noter au crayon dans un petit carnet ce qui lui arrive depuis son arrestation. Il consigne ensuite son parcours et ses réflexions personnelles dans ce journal, qu’il cache dans une de ses galoches. Bien que soumis à un travail exténuant durant son internement dans les camps allemands, il y fait preuve d'une discipline morale et spirituelle de tous les instants. Le journal s’interrompt au milieu d’une phrase, à la date du 19 janvier 1945, cinq semaines avant son décès à l'infirmerie du camp[5]. Son journal est ramené en France par un camarade de chambrée après la libération du camp. Il est ensuite remis en 1945 à Albert Tiollier, le père de Victor.
Le journal de Victor Tiollier a été déposé le 4 mars 2004 au Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon (CHRD), par deux de ses sœurs, Mesdames Chantal Oury et Isabelle Véron. Il est désormais exposé dans une vitrine dans une vitrine du Musée, et a fait l'objet d'une publication en 2015[6],[7].
Bibliographie
- Permezel (Bruno), Résistants à Lyon, Villeurbanne et aux alentours, éditions BGA-Permezel, 2003.
- Tiollier (Victor), Mourir à Nekarelz, éditions Blanche de Peuterey, 2015.
Liens externes
- Centre d'Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon : Victor Tiollier
- Mémorial du camp de Nekarelz
