Vidéofluoroscopie
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La vidéofluoroscopie est une technique d'imagerie médicale dite dynamique, utilisant les rayons X, permettant de voir et enregistrer en temps réel les mouvements internes du processus de déglutition d'aliments solides ou de liquides. Dans le contexte clinique, on parle aussi d'examen de déglutition (swallowing study en anglais), qui permet d'identifier ou de préciser certaines anomalies fonctionnelles (par exemple induites par une sévère ankyloglossie de la partie postérieure de la langue. Elle est notamment utilisée pour le diagnostic ORL et digestif, l'analyse de la déglutition et de la respiration, certaines évaluations orthopédique et chirurgicale, la recherche vocale sur la voix et le chant… La vidéofluoroscopie repose sur l'association d'un tube à rayons X, d'un intensificateur d'image et d'un système vidéo, permettant de transformer en temps réel le rayonnement traversant le patient en images visibles et enregistrables.
La vidéofluoroscopie est une technique d'imagerie médicale dynamique qui utilise un générateur haute tension et un tube à rayons X produisant un faisceau continu ou pulsé traversant les tissus du patient (le rayonnement pulsé tend à être plus utilisé dans les systèmes récents). Le rayonnement résiduel est capté par un intensificateur d'image, un dispositif qui convertit les rayons X en lumière visible grâce à un écran d'entrée recouvert de phosphore. Cette lumière excite une photocathode qui libère des électrons, lesquels sont accélérés et focalisés vers un écran de sortie où ils génèrent une image lumineuse amplifiée. Cet intensificateur a pour rôle principal d'augmenter la luminosité et la clarté de l'image, rendant possible son observation dans des conditions normales d'éclairage. L'image amplifiée est ensuite transmise à une « caméra vidéo » ou à un capteur numérique, qui convertit le signal optique en signal électronique. Ce signal est affiché en temps réel sur un moniteur et peut être enregistré pour analyse ultérieure ; « le contrôle automatique du taux d'exposition maintient la dose de radiation par image à un niveau prédéterminé, s'adaptant aux caractéristiques d'atténuation de l'anatomie du patient et maintenant un niveau constant de qualité d'image tout au long de l'examen. »[1].
Ce système combiné permet une « visualisation continue et dynamique » de structures corporelles internes et de leurs mouvements (par exemple la déglutition, la respiration ou la motricité articulaire), avec une résolution temporelle élevée. Les développements récents tendent à remplacer les intensificateurs d'image par des « détecteurs plans numériques », mais le principe de couplage rayons X → intensificateur → caméra reste fondamental dans la fluoroscopie classique.
Utilité
La vidéofluoroscopie, principalement chez l'être humain, a rapidement trouvé de nombreux usages ; elle est notamment utilisée pour :
- le diagnostic des troubles de la déglutition (dysphagie) ;
- l'évaluation de la coordination entre respiration et déglutition chez des patients dysphagiques ; la vidéo fluoroscopie permettant d'évaluer la sécurité de l'alimentation (risque de fausse route, d'aspiration de liquides ou d'aliments dans le système respiratoire)[2] ;
- l'évaluation ou le suivi thérapeutique de patients atteints de pathologies neurologiques (paralysie cérébrale, AVC, maladies neuromusculaires) ;
- la mesure de la taille des végétations adénoïdes chez l'enfant, avec selon Ysunza et al. (2008) une bonne sensibilité et spécificité par rapport aux radiographies du crâne[3] ;
- évaluer la stabilisation lombaire avec orthèse thoracolombo-sacrée, en quantifiant les mouvements vertébraux, selon Vander Kooi et al. (2004)[4] ;
- analyser la motricité (motilité) œsophagienne, avec synchronisation temporelle des enregistrements, en associant la vidéofluoroscopie à la manométrie[5] ;
- étudier le chant et d'autres techniques vocales (en combinant l'IRM à vidéofluoroscopie) par exemple avec Popeil (1999)[6] ;
- étudier la cinématique et la cinétique de la marche, par exemple après l'arthroplastie totale du genou (la vidéofluoroscopie permettant de suivre le mouvement des composants prothétiques selon Zihlmann et al. (2006)[7] ;
- positionner des cathéters dans l'artère pulmonaire en chirurgie cardiaque (en réduisant le temps et les complications par rapport aux méthodes classiques)[8] ;
- diminuer la dose de rayonnement lors des examens vidéofluoroscopiques de l'alimentation chez l'enfant, montrant une réduction significative de l'exposition grâce à la fluoroscopie pulsée, selon Cohen (2009)[9].