Vieille prison de Trois-Rivières

ancienne prison (1822-1986) à Trois-Rivières au Québec (Canada), conçue par François Baillairgé, aujourd'hui musée From Wikipedia, the free encyclopedia

La vieille prison de Trois-Rivières est une ancienne prison située à Trois-Rivières au Québec (Canada). Conçue par l'architecte François Baillairgé dans le style de l'architecture palladienne anglaise, elle est en fonction de 1822 à 1986, ce qui en fait l'institution carcérale la plus longtemps utilisée au Canada. Rescapée du grand incendie de 1908, elle est classée immeuble patrimonial en 1978. Intégrée au musée Pop (anciennement Musée québécois de culture populaire), elle accueille depuis 1996 des visiteurs dans le cadre d'une visite expérience sur l'univers carcéral.

Partie de
Fondation
Faits en bref Type, Partie de ...
Vieille prison de Trois-Rivières
Présentation
Type
Partie de
Fondation
Style
Architecte
Construction
Démolition
Longueur
28 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Largeur
11 mVoir et modifier les données sur Wikidata
Patrimonialité
Site web
Localisation
Adresse
842 rue Saint-Pierre (d) Voir et modifier les données sur Wikidata
Trois-Rivières, Québec
 Canada
Coordonnées
Fermer

Histoire

Construction

En 1799, la Chambre d'assemblée du Bas-Canada adopte une première loi afin de pourvoir à la construction de prisons dans la province. En 1805, elle adopte l'Acte qui pourvoit à l'érection d'une prison commune pour les districts de Québec et de Montréal, menant à l'ouverture de la prison de Québec en 1809 et de celle du Champ-de-Mars à Montréal en 1811[1]. Les citoyens de Trois-Rivières font ensuite pression sur la Chambre d'assemblée pour obtenir leur propre prison. Une loi similaire est adoptée en 1811 pour le district de Trois-Rivières[2].

En 1815, François Baillairgé (1759-1830), architecte de renom ayant conçu le palais de justice de Québec (1799) et la prison de Québec (1807), est choisi pour réaliser les plans et devis[1],[3]. Formé par son père Jean Baillairgé en sculpture, menuiserie et architecture, puis à l'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris (1779-1781), Baillairgé s'inspire des idées du réformateur britannique John Howard, qui préconise un site avantageux, des conditions d'hygiène satisfaisantes et une séparation des prisonniers selon leur âge, leur sexe et la nature des délits[4],[1]. L'édifice s'inscrit dans la lignée de l'architecture palladienne anglaise, avec un équilibre formel et un rythme monumental inspiré de l'esthétisme de James Gibbs[3].

Le bâtiment de 28 mètres de longueur par 11 mètres de largeur comporte trois sections : la partie centrale accueille la réception, l'administration, la chapelle, la cuisine et le réfectoire, tandis que les deux ailes regroupent les blocs cellulaires. Le second étage de l'aile ouest loge le gouverneur de la prison et sa famille, et les cachots se trouvent au sous-sol[1]. Les travaux de construction s'échelonnent de 1816 à 1822, avec un arrêt en faute de fonds[1],[4].

Vie carcérale

Des modifications sont apportées au fil des décennies : installation de grillages de fer sur les fenêtres en 1835, modernisation des latrines en 1887, éclairage électrique en 1898-1899, chauffage à eau chaude en 1901, disparition du clocheton et agrandissement des fenêtres du rez-de-chaussée au début du XXe siècle. Les divisions intérieures demeurent identiques[1].

Sept pendaisons sont pratiquées à la prison, la dernière ayant lieu en 1934[1],[5]. Au XIXe siècle, la plus grande part des peines concerne des crimes mineurs (vagabondage, ivresse, atteintes à la morale, vol) se traduisant par de courtes incarcérations, moins de quinze jours dans 78 % des cas[1]. Cette spécialisation en peines mineures se confirme au siècle suivant, les criminels endurcis étant envoyés dans d'autres établissements, notamment à Orsainville[1]. Des châtiments corporels comme la flagellation sont pratiqués au XIXe siècle et l'isolement au cachot est utilisé jusqu'au début des années 1970[1].

Des 1905, on se plaint des mauvaises conditions : odeurs de latrines, mauvais chauffage en hiver, punaises et coquerelles[1]. Malgré quelques travaux, les problèmes persistent. La prison ferme finalement ses portes en 1986, après 164 ans d'utilisation continue, ce qui en fait l'institution carcérale la plus longtemps en fonction au Canada[2],[4].

Classement patrimonial et conversion en musée

L'édifice, rescapé du grand incendie de 1908, est classé monument historique le par le ministère des Affaires culturelles du Québec[2],[4].

Après la fermeture de 1986, un projet de musée est piloté par l'Université du Québec à Trois-Rivières, visant à mettre en valeur l'imposante collection de plus de 35 000 pièces ethnographiques constituée par Robert-Lionel Séguin et acquise par l'université en 1983, ainsi qu'une collection de 30 000 artéfacts préhistoriques et amérindiens[1]. Les travaux débutent en  : un nouvel édifice est construit pour loger le Musée des arts et traditions populaires du Québec, tandis que la Vieille prison fait l'objet d'une rénovation. Le musée ouvre ses portes le [1].

Le musée devient ensuite le Musée québécois de culture populaire, puis le musée Pop. Une seconde restauration de la prison est réalisée à partir de photographies prises dans les années 1970, afin de redonner au bâtiment son aspect d'origine. Le concept original de visite expérience ‘'En prison ! est alors développé, offrant aux visiteurs, sous la supervision d'un guide (dont d'anciens détenus), la possibilité de découvrir les cellules, les cachots et les conditions de détention[1].


Notes et références

Annexes

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