Villa Les Ailes
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La villa Les Ailes, auparavant villa Sacchino ou pavillon Royal est une villa située au no 1127, avenue de Biarritz à Bidart dans le Pays basque français, dans le département français des Pyrénées-Atlantiques en région Nouvelle-Aquitaine.
Villa Sacchino
| Type |
Villa |
|---|---|
| Destination initiale |
Habitation |
| Destination actuelle |
Habitation |
| Période | |
| Style | |
| Architecte | |
| Peintre |
Numa-Chazot |
| Matériau |
Pierre de taille |
| Construction |
1892 |
| Restauration |
1925 1936 |
| Commanditaire | |
| Propriétaire |
Famille Latécoère |
| Pays | |
|---|---|
| Division administrative | |
| Subdivision administrative | |
| Subdivision administrative | |
| Commune | |
| Adresse |
no 1127, avenue de Biarritz |
| Coordonnées |
|---|
Construite en 1892 pour la reine douairière Nathalie de Serbie, la villa devient hôpital militaire pendant la Première Guerre mondiale, puis complexe hôtel-casino avant d’être acquise par Pierre-George Latécoère en 1936, dont les descendants sont encore propriétaires de nos jours.
Histoire
Le domaine primitif
En 1876, la société des bains de mer de Castel-Biarritz, créée à Paris la même année, acquiert 30 hectares de terrain en vue d’aménager un petit complexe thermal comprenant un casino et plusieurs petites villas individuelles. Prévu pour l’année suivante, le projet ne verra cependant pas le jour. Seule une modeste maison est élevée, flanquée d’une tourelle, qui sera rapidement transformée en communs[1].
Le domaine est acquis en 1883, par Jules Moussempès, pharmacien biarrot, qui aspire lui aussi à transformer les lieux en sanatorium et centre de balnéothérapie. Le projet échouera une seconde fois[1].
La reine Nathalie de Serbie

En 1890, la reine Nathalie de Serbie, contrainte à l’exil après l’abdication de son mari, le roi Milan Ier, en faveur de leur fils unique, le roi Alexandre Ier, doit se réfugier à Paris chez sa sœur, la princesse Ghika, épouse du prince Eugène Ghika, alors ministre de Roumanie[1],[2].
Au printemps 1891, sur les conseils du prince de Galles, futur roi Edouard VII, la reine et sa sœur, s’installent en location dans la villa Ruiz dans le quartier de la Négresse à Biarritz[1],[2].
Également informée par le prince de Galles, de la vente du domaine du Castel-Biarritz par Jules Moussempès, la reine, ne pouvant acquérir directement le domaine en raison du gel provisoire de ses avoirs en Serbie, charge sa sœur de réaliser la transaction pour 150 000 francs[1],[2].
La villa est construite dans la foulée par l’architecte parisien Octave Raquin. La nouvelle bâtisse, de plan massé, est de style néo-classique. La villa est nommée Sacchino, d’après le fils de la reine douairière, le roi Alexandre Ier de Serbie, dont le diminutif était Sacha. La villa est inaugurée par une réception donnée par la reine en [1],[2].
Dans les années qui suivent, la reine, reçoit son fils par deux fois, en 1895, puis à l’été 1897. En raison d’une liaison puis du mariage de ce dernier avec une de ses dames d’honneur, Draga Maschine, future reine Draga de Serbie, la reine gardera de l’amertume pour son fils quelle ne reverra malheureusement jamais. En effet, le roi et son épouse, sont renversés et assassinés en [1],[2].
En 1905, la reine abandonne définitivement la villa, se retire à la congrégation de Notre-Dame de Sion à Paris et laisse la gestion du domaine à sa sœur[1],[2].
Durant la Première Guerre mondiale, cette dernière créé la fondation Sacchino afin d’accueillir, dés , l’hôpital bénévole no 154, comportant 45 lits[3].
Après la guerre, la villa est vendue à Felipe Pardo, marquis de Fuentehermosa qui la conserva de 1919 à 1922[1].
Le pavillon Royal
En 1922, le domaine est acquis par l’industriel Edmond Hieulle en vue de transformer les lieux en complexe hôtelier de luxe. A cette occasion, la villa est modifiée et agrandie par l’architecte Charles Siclis puis inaugurée . Elle est alors rebaptiser Pavillon Royal en hommage à la reine de Serbie. En est inauguré le casino Royal Ilbarritz Club. La même année, des décors intérieurs sont créés par les artistes Numa et Chazot[1].
Faute de recettes suffisantes, le domaine est cédé en juin 1928, à la société de Chiberta, gérant le golf du même nom et propriété de l’homme d’affaires belge Alfred Loewenstein, classé troisième fortune mondiale en ce temps là. Malheureusement ce dernier meurt mystérieusement deux mois plus tard, à la suite d’un accident d’avion et le domaine est déclaré abandonné dés 1929[1],[2].
Les Ailes

Le 7 juillet 1936, le domaine est finalement acquis par Pierre-Georges Latécoère, fondateur du groupe aéronautique éponyme[1].
A la suite de plusieurs années d’abandon, de pillages et de modifications pas toujours heureuses, la villa est alors en très mauvais état. Le nouveau propriétaire, confie alors la restauration et l’embellissement de la bâtisse à l’architecte Paul-Henri Datessen afin de transformer les lieux en résidence privée avec tout le confort de l’époque. Pierre-Georges Latécoère, naturellement passionné par l’aviation renomme alors la villa, Les Ailes. Les jardins sont réaménagés par les frères Gélos, architectes-paysagistes[1],[2].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la villa est réquisitionnée par les troupes allemandes. Heinrich Himmler y installera son état-major[1].
La famille Latécoère, très attachée à ce lieu, est encore propriétaire de nos jours[1].
Description
La villa présente un décor extérieur très sobre, de style néo-classique. Des décors et aménagements intérieurs d’origine, réalisés pour la reine Nathalie de Serbie, il ne reste rien[2].
Dés 1922, l’architecte Charles Siclis, ajoute une longue aile accolée à la façade principale de la villa à l’est, toujours dans le style néo-classique, destinée à accueillir au nord, une salle des fêtes et au sud, dans la rotonde, un casino. L’intérieur de la partie primitive, se voit profondément modifier pour s’adapter à la nouvelle activité hôtelière des lieux. Beaucoup de murs porteurs sont ouverts à l’aide de poutres IPN, occasionnant plus tard quelques désordres. Des décors, à la façon d’un théâtre sont réalisés par Numa et Chazot. Le rez-de-chaussée de cette partie primitive est occupé par une immense salle de restaurant pourvue d’une scène pour les spectacles. Le premier étage est alloué aux bureaux et aux loges pour les artistes[2].
En 1936, après des années d’abandon et de pillages, l’architecte Paul-Henri Datessen, redonne un usage d’habitation à la villa pour le compte de Pierre-Georges Latécoère. Il redessine des pièces de vie au rez-de-chaussée, notamment une bibliothèque dans l’ancienne rotonde du casino, une grande suite de quatre pièces dans l’ancienne salle des fêtes, les salons de réception dans la partie historique du rez-de-chaussée, ainsi que sept chambres au 1er étage, le tout dans le style Art-déco. Cette réalisation sera l'ultime œuvre de l'architecte qui décède en [2].
Pierre-Georges Latécoère fera importer du marbre rose des Pyrénées et de véritables miroirs de Venise pour faire réaliser les décors de la pièce maîtresse de la bâtisse, le grand vestibule et son escalier monumental dont les grandes lignes sont inspirées de l’escalier de la Reine du château de Versailles avec la sobriété du style Art-déco. La salle à manger, quant à elle est recouverte de marbre Portor et également de miroirs de Venise. Une piscine est également ajoutée, donnant sur l’océan[2].
