Vincent Jullien

philosophe français From Wikipedia, the free encyclopedia

Vincent Jullien, né le à Brest, est un philosophe et historien des sciences français. Il est notamment professeur émérite à l'Université de Nantes, spécialiste de l'histoire et de la philosophie des sciences à l’époque moderne[1].

Faits en bref Président Société française d'histoire des sciences et des techniques (d), 1999-2002 ...
Vincent Jullien
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Fonction
Président
Société française d'histoire des sciences et des techniques (d)
-
Biographie
Naissance
(73 ans)
Brest
Nationalité
Française
Formation
Activités
Rédacteur à
Littératures classiques (d), Revue d'Histoire des Sciences (d), XVII-XVIII (d), Pour la science, Philosophia Scientiae (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Ligue communiste révolutionnaire
Académie internationale d'histoire des sciences
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Mouvement
Directeur de thèse
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Biographie

Jeunesse et études

Né à Brest, il fait partie d’une fratrie de cinq. Après une scolarité au collège puis au lycée de Kérichen, il mène à bien un cursus de mathématiques et de physique à l’Université Paris 7 (Jussieu) et obtient le CAPES Mathématiques en 1975. En 1978 il entame des études de philosophie à l’Université Paris 1. Il s’intéresse rapidement à la philosophie et l’histoire des sciences, sous l’influence notamment de Jean-Toussaint Desanti qui dirige sa maîtrise et son DEA en 1982. Sept ans plus tard, il entame une thèse de philosophie des sciences à l’EHESS, sous la direction de Jean Dhombres, soutenue à l’École Normale de Fontenay-Saint-Cloud en 1992, intitulée Les éléments de géométrie de Roberval, Examen d’une épistémologie mathématique du XVIIe siècle. En 1998, il rédige une habilitation à diriger des recherches (HDR) à l'Université Paris 7, avec pour référent Christian Houzel. Son travail porte sur Mathématiques et physique dans la philosophie du XVIIe siècle.

Carrière professionnelle et domaines de recherche

De 1976 à 1989, Vincent Jullien est professeur de mathématiques en collège puis en lycée.

De 1989 à 1999, Vincent Jullien est ATER puis Maître de conférences à l'École Normale Supérieure de Fontenay-Saint-Cloud, section de philosophie.

De 1999 à 2006, Vincent Jullien est Professeur des universités à l'Université de Bretagne Occidentale.

De 2006 à 2019, Vincent Jullien est Professeur des universités à l'Université de Nantes, département de Philosophie.

Depuis 2019, Vincent Jullien est Professeur émérite de l'Université de Nantes.

Vincent Jullien est Chercheur au Centre Atlantique de Philosophie, EA 2163 Université de Nantes et associé à l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des techniques de Paris 1. Il est membre de diverses institutions de recherche française ou étrangères (Secrétariat international à la Recherche en Histoire et Philosophie des Sciences, de la UNAM au Mexique, l’Académie Internationale d’Histoire des Sciences, porteur du projet ECOS-Nord, Franco-Mexicain, Intitulé Changements conceptuels et mathématisation, Conseil d’Administration du C.I.R. 17 (Centre International de Recherche sur le XVIIe siècle).

Vincent Jullien est spécialiste des mathématiques et de la Philosophie naturelle du XVIIe siècle. Il a examiné la pertinence du concept de révolution scientifique et mené des études sur les méthodes infinitésimales en géométrie, qui ont précédées les découvertes de Leibniz et Newton. Il a donné de nombreuses publications sur les Indivisibles et notamment la méthode développée par Roberval. Il a étudié les usages qu'en firent Descartes, Pascal, Leibniz. On lui doit des publications variées et approfondies sur l’œuvre mathématique de Descartes : sur son statut philosophique dans l’œuvre générale du philosophe et sur la possibilité la classer la mathématique cartésienne en quatre divers genres.

Plus généralement, il défend l’idée d’une réévaluation de l’apport cartésien dans les sciences physiques et dans la cosmologie. L’idée d’un univers auquel on ne peut attribuer de limites, qui n’a pas de centre et constitué d’amas de régions stellaires, lui est due dans une large mesure. La première affirmation de l’inertie concernant le mouvement rectiligne revient aussi au philosophe français, de même, selon Vincent Jullien que les premières institutions de modèles mathématiques (au sens duhémien) au sein d’une théorie physique.

Un sujet va désormais occuper ses travaux à partir de cette période. Partant de l’étroite liaison des mathématiques et la physique, il cherchera à comprendre la nature et les caractéristiques de cette liaison. Vincent Jullien va défendre qu’aussi étroite et intense soit-elle, cette association n’aboutit pas à la naissance d’une science unifiée, fusionnée qui serait la Physico-mathématique.  Il défend aussi la thèse générale selon laquelle le programme des sciences de la nature ne peut pas être de dévoiler les vérités ultimes de celle-ci ni leurs supposées lois ultimes. Les théories se succèdent apportant de nouvelles connaissances et plus encore de nouveaux domaines d’ignorance.

Par ailleurs, il défend une conception historique de l’épistémologie en polémiquant contre certaines traditions logicistes ou du positivisme logique. Ses travaux entendent aussi montrer l’indépendance forte des développements scientifiques avec les contextes institutionnels, sociaux et idéologiques.

Vincent Jullien rassemble des arguments en vue de distinguer des domaines souvent identifiés ou rassemblés : les sciences et les techniques, quoique fortement mêlées, sont de nature distinctes et n’obéissent ni aux mêmes normes ni aux mêmes concepts ; la technoscience est, selon lui, une illusion fâcheuse et trompeuse. Toujours selon Vincent Jullien, le déterminisme sociologique, institutionnel, idéologique, économique est une piste stérile pour espérer comprendre l’histoire et le fonctionnement des sciences.

Les leçons qu’il estime pouvoir tirer dans ces directions s’étendent au-delà du XVIIe siècle pour s’affermir et demeurer valides jusqu’à nos jours.

L’ouvrage Ce que peuvent les sciences. Une enquête a suscité plusieurs recensions critiques. Dans la revue académique Methodos, Bernard Joly écrit : « Vincent Jullien, dont on connaît les travaux remarquables sur les mathématiques au XVIIe siècle, offre dans cet ouvrage ses réflexions sur une histoire des sciences telle qu’il la pratique depuis plusieurs décennies »[2]. Lucien Vinciguerra, dans une autre recension, souligne l’intérêt du questionnement épistémologique porté par l’auteur[3]. Une autre recension de l’ouvrage, par Lise Debacker, a été publiée dans la *Revue d’histoire des sciences*, où l’auteure souligne la rigueur et la richesse de la réflexion historiographique[4].

Ses travaux ont également été discutés dans des revues internationales à comité de lecture, comme la *Renaissance Quarterly*, à propos de son ouvrage Philosophie naturelle et géométrie au XVIIe siècle[5], ou le *Journal of the History of Philosophy*, dans une recension sur ses travaux liés à Galilée et à la philosophie naturelle[6].

Son essai Sciences, agents doubles est publié aux éditions Stock, une maison généraliste reconnue[7].

Il est également présenté sur le site de réflexion critique La Vie des Idées, qui recense ses contributions à la philosophie des sciences[8].

Engagement

À l’âge de 18 ans, Vincent Jullien, alors membre du Bureau national de la Jeunesse Étudiante Chrétienne (JEC), rejoint Paris pour y poursuivre des études de mathématiques et de physique. Il s'engage dans le même temps dans les Comités rouges, proches de la Ligue communiste, organisation trotskiste. Il incite des membres de la JEC à rejoindre ce courant, avec un écho limité.

Ayant progressivement rompu avec la religion, il milite activement à la Ligue communiste révolutionnaire de 1972 à 1982. Il prend part aux mobilisations étudiantes des années 1970, soutient les Comités Chili après le coup d’État de Pinochet, et s’engage dans les mouvements de solidarité avec les militants républicains irlandais, notamment lors des grèves de la faim de 1981, à l’issue desquelles Bobby Sands trouve la mort.

Toujours convaincu de la nécessité des luttes contre la domination capitaliste et patriarcale, Vincent Jullien prend par la suite ses distances avec les organisations révolutionnaires, dont il critique parfois les dérives sectaires ou dogmatiques. Il se consacre dès lors principalement à ses recherches philosophiques et scientifiques.


Travaux et publications

Ouvrages

Manuels de mathématiques

  • Vincent Jullien, Jacqueline Penninkx, Alain Bras, Collège et seconde de 1986-1990 : Nombres et Formes, Magnard, 1986-1990 (ISBN 978-2-210-21600-6)
  • Vincent Jullien, Francis Casiro, Yves Alvez, Lycée : 1ère et terminale, Pack-Maths, Magnard, (ISBN 978-2-210-341036)

Roman

Histoire et philosophie des sciences

Articles et Chapitres de livre

Notes et références

Liens externes

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