Vol S7 Airlines 778
ligne aérienne russe
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Le vol S7 Airlines 778 est un vol intérieur régulier de passagers qui relie Moscou à Irkoutsk, en Russie. Le , à 6 h 44 heure locale, l'Airbus A310 assurant le vol est sorti de la piste lors de son atterrissage à l'aéroport international d'Irkoutsk. L'avion n'a pas réussi à s'arrêter à temps et s'est écrasé à travers la clôture en béton de l'aéroport, en heurtant plusieurs bâtiments privés, et a pris rapidement feu, faisant 125 victimes parmi les 203 personnes présentes à bord.
| Vol S7 Airlines 778 | |||
F-OGYP, l'Airbus A310 impliqué, photographié un mois avant l'accident. | |||
| Caractéristiques de l'accident | |||
|---|---|---|---|
| Date | |||
| Type | Sortie de piste à l'atterrissage | ||
| Causes | Augmentation de la poussée d'un réacteur par inadvertance, erreur de pilotage | ||
| Phase | Atterrissage | ||
| Site | Aéroport international d'Irkoutsk, Russie | ||
| Coordonnées | 52° 16′ 29,35″ nord, 104° 21′ 59,71″ est | ||
| Caractéristiques de l'appareil | |||
| Type d'appareil | Airbus A310-324 | ||
| Compagnie | S7 Airlines | ||
| No d'identification | F-OGYP | ||
| Lieu d'origine | Aéroport de Moscou-Domodedovo, Russie | ||
| Lieu de destination | Aéroport international d'Irkoutsk, Russie | ||
| Passagers | 195 | ||
| Équipage | 8 | ||
| Bilan | |||
| Morts | 125 | ||
| Blessés | 63 | ||
| Survivants | 78 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Russie
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Cet accident est, à l'époque, la deuxième catastrophe aérienne majeure survenue en Russie en deux mois, après celle du vol Armavia 967. Il reste l'accident aérien le plus meurtrier de l'histoire impliquant la compagnie aérienne russe S7 Airlines.
Le rapport final de l'enquête de l'Interstate Aviation Committee (MAK) a conclu que la cause principale de l'accident était imputée à une erreur de l'équipage. Alors que le commandant de bord réduisait la poussée du moteur droit, il a déplacé involontairement la manette des gaz du moteur gauche vers l'avant, ce qui a provoqué une augmentation importante de la poussée du moteur gauche. Son copilote n'a pas surveillé adéquatement les paramètres du moteur et, par conséquent, l'équipage n'a pas pu déterminer l'origine du problème. Il n'a pas réussi à résoudre le problème à temps et l'avion a fini par sortir de la piste et s'écraser en dehors du périmètre de l'aéroport.
Avion et équipage

L'appareil impliqué est un Airbus A310-324 âgé de 19 ans et immatriculé F-OGYP (numéro de série 442). Cet avion gros-porteur a été livré neuf en à Pan American World Airways (Pan Am), avec comme immatriculation N812PA, puis à Delta Air Lines après la faillite de la Pan Am en 1991. L'avion a ensuite été livré à Aeroflot le et enfin à S7 Airlines en . Il cumulé 59 865 heures de vol, effectué en 12 550 cycles (décollages/atterrissages), au moment de l'accident. Il était propulsé par deux turboréacteurs à double flux Pratt & Whitney PW4152.
Le commandant de bord est Sergey Gennadievich Shibanov (45 ans), qui travaille pour la compagnie aérienne depuis . Il totalise 10 611 heures de vol à son actif, dont 1 056 heures sur A310. Il est diplômé de l'Institut de l'aviation civile d'Ulyanovsk (en) en 1991 et a obtenu sa licence de pilote de l'aviation civile en 1993. Il a été autorisé à effectuer des vols internationaux en 1997, et pilote sur l'A310 depuis .
Le copilote est Vladimir Grigoryevich Chernykh (48 ans), qui compte 9 971 heures de vol, dont seulement 158 heures sur A310. Il est diplômé de l'Académie de l'aviation civile de Kirovograd en 1983 et a obtenu sa licence de pilote de l'aviation civile en 1996. Il a ensuite suivi une formation de conversion en , et a ensuite été nommé copilote sur A310 en mai.
Déroulement du vol
Le vol 778 reliait l'aéroport de Moscou-Domodedovo à l'aéroport international d'Irkoutsk, une importante ville sibérienne de l'oblast d'Irkoutsk. Il dessert la région du lac Baïkal, un site touristique majeur du pays. Ce vol était alors l'un des plus populaires de Russie ; en juillet, durant la période des vacances d'été, l'avion était bondé de touristes se rendant au lac Baïkal.
Ce vol devait décoller à 20 h 15, heure de Moscou (17 h 15 UTC). À son bord se trouvaient 195 passagers et 8 membres d'équipage (deux pilotes et six hôtesses et stewards). Le vol était supervisé par le commandant Shibanov, assisté par le copilote Chernykh. L'appareil a décollé à 20 h 17, heure locale, et a mis le cap vers l'aéroport international d'Irkoutsk. En raison d'un risque de brouillard à Irkoutsk, l'aéroport de Bratsk, situé à proximité, a été désigné comme aéroport de dégagement pour l'équipage. L'heure d'arrivée prévue était 6 h 44, heure locale (22 h 44 UTC).
À 6 16, heure locale, l'appareil a atteint le point pour amorcer sa descente vers Irkoutsk. Ils ont contacté le contrôleur de service et obtenu l'autorisation de descendre à une altitude 5 700 m. Durant la descente, l'équipage a activé le système de dégivrage des moteurs. L'avion a descendu à une vitesse verticale moyenne de 12 m/sec. Le vol 778 a ensuite été pris en charge par le contrôleur d'approche de l'aéroport d'Irkoutsk et a été autorisé à descendre à 2 100 m. Pendant la descente, l'équipage a décidé d'activer le dégivrage des ailes pendant au moins 3 min. L'équipage a reçu l'ATIS pour Irkoutsk. Ce bulletin indique une visibilité de 3 500 m, un vent de surface de 4 m/sec, un plafond nuageux variant entre 170 et 190 m, une pluie légère et la présence de cumulonimbus. Après avoir reçu ces informations, ils ont demandé l'autorisation d'approche pour Irkoutsk.
L'équipage acheva la dernière étape de l'approche et demanda l'autorisation de la poursuivre. Après avoir établi le plan de descente, il effectua la check-list pour l'atterrissage. L'A310 fut alors configuré pour l'atterrissage. L'équipage demanda l'autorisation d'atterrir, qui fut accordée par le contrôleur. Le pilote automatique et l'automanette furent alors désactivés. Une fois sorti des nuages, l'équipage constata que l'avion avait légèrement dévié à droite de la piste. Pour corriger sa trajectoire, il effectua une légère manœuvre avec les gouvernes de profondeur, ce qui augmenta momentanément la vitesse verticale de l'appareil et déclencha brièvement l'alarme « Sink rate » (« taux de descente »).
Accident
À 6 h 43, heure locale, le vol 778 a atterri sur la piste 30 de l'aéroport d'Irkoutsk à une vitesse de 132 nœuds (244 km/h). Immédiatement après l'atterrissage, le commandant Shibanov a armé les aérofreins et enclenché le freinage automatique en mode « faible ». Il a ensuite tiré la manette d'inversion de poussée du moteur droit au maximum pour ralentir l'appareil ; celle contrôlant l'inversion de poussée du moteur gauche, quant à elle, n'a pas bougé. Le commandant Shibanov a ensuite actionné l'inversion de poussée du moteur droit pour réduire la décélération.
Pendant que l'A310 roule sur la piste, une alarme a soudainement retenti, signalant à l'équipage une configuration anormale de l'avion pour le décollage. L'équipage, pensant alors à une erreur du système d'alerte, a ignoré cette alarme. Le copilote Chernykh a alors tenté à plusieurs reprises de l'effacer de l'écran ECAM du poste de pilotage. Il a ensuite annoncé que le vol 778 avait atterri avec succès sur la piste 30. Le contrôleur a confirmé l'atterrissage à l'équipage et lui a demandé de quitter la piste par la gauche, le long de la voie de circulation 6.
Après avoir accompli les différentes tâches requises pour l'atterrissage, l'équipage s'attendait à ce que l'avion ralentisse. Cependant, au lieu de cela, il commença à accélérer de nouveau. L'appareil avait déjà parcouru une grande partie de la piste, et il ne restait que 800 m de piste disponible pour que l'avion s'arrête. Le commandant Shibanov s'en aperçut et interrogea le copilote Chernykh sur ce qui se passait. Ce dernier répondit que le régime moteur augmentait. Le commandant lui ordonna alors de réactiver l'inverseur de poussée du moteur droit. Ce dernier fut ensuite réglé à sa puissance maximale. Simultanément, le commandant Shibanov tenta de ralentir l'avion en freinant à fond.
L'équipage a réussi à réduire la vitesse de l'appareil, mais celui-ci ne s'est pas immobilisé. La longueur de piste disponible a rapidement diminué, à mesure que l'avion se rapprochait de son extrémité. En raison de sa vitesse excessive, le système de pilotage automatique a désactivé les aérofreins et le freinage automatique.
Durant cette phase de confusion, un camion des pompiers de l'aéroport remarqua le mouvement anormal de l'appareil, qui roulait à grande vitesse sur la piste. Le chef des pompiers décida alors de suivre le vol 778 et en informa l'observateur des pompiers de l'aéroport. Ce dernier, muni de jumelles, décida lui aussi de suivre l'avion. Le contrôleur aérien de service, qui observait la situation depuis la tour de contrôle, constata également que l'appareil ne ralentissait pas.
Dans le cockpit, l'équipage fut rapidement désorienté quant à la nature et à l'ampleur du problème. L'A310 commença alors à virer vers la gauche. Pour contrer cette manœuvre, l'équipage actionna le palonnier, mais l'appareil se mit à virer vers la droite. L'équipage tenta alors de corriger la trajectoire en enfonçant à fond la pédale gauche du palonnier, mais l'avion continua de dévier vers la droite. L'avion quitta ensuite la piste à une vitesse d'environ 97 nœuds (180 km/h) et traversa la zone herbeuse de l'aéroport. Désespéré, le commandant Shibanov ordonna l'arrêt des moteurs.
Malgré leurs efforts, l'avion ne s'est pas immobilisé à temps. Le moteur gauche a alors heurté l'antenne du localizer (LOC) de l'aéroport ainsi que les clôtures à proximité. L'A310 a ensuite traversé une route avant de s'écraser contre le mur en béton délimitant le périmètre de l'aéroport. Sous la violence du choc, le train d'atterrissage avant a cédé. Les deux moteurs se sont détachés de leurs pylônes et l'aile gauche de l'appareil a été arrachée. Le carburant présent sur les ailes s'est alors rapidement enflammé, provoquant un violent incendie. L'éclairage de la cabine s'est immédiatement éteint. L'avion a ensuite percuté des rangées de garages privés avant de finalement s'immobiliser. L'accident a tué sur le coup une passagère, à cause d'une grave blessure à la tête, tandis que les autres ont survécu avec des blessures de gravité variable.
Opération de sauvetage
Lorsque l'avion a percuté la clôture périmétrique et s'est embrasé, un témoin a donné l'alerte aux pompiers de l'aéroport. Les deux contrôleurs aériens présents dans la tour de contrôle ont aperçu les explosions et ont alerté les services d'urgence. Une alarme a été diffusée dans tous les services de l'aéroport. À la suite de l'accident, l'aéroport a été immédiatement fermé.
Pendant ce temps, à bord de l'avion, une épaisse fumée envahit la cabine. Le carburant qui s'échappait se répandit sous le fuselage et sous le plancher de la cabine, permettant à l'incendie de se propager rapidement dans tout l'appareil. Au niveau des portes d'entrée avant, le plancher s'était effondré au moment de l'impact et les deux portes étaient inutilisables. L'hôtesse de l'air assise à droite était inconsciente, tandis que celle assise à gauche était suspendue dans la soute à bagage, la tête en bas, par sa ceinture de sécurité. Un incendie prenant de l'ampleur autour de son siège, l'empêchant d'atteindre les passagers. Un autre foyer d'incendie était visible en dessous d'elle. Elle détacha sa ceinture et chuta d'une hauteur de trois mètres. Elle fut brûlée aux bras et aux jambes, mais survécut car elle s'échappa immédiatement de l'avion en flammes.
Dans le reste de la cabine, la panique s'installa rapidement. Les passagers se mirent à hurler et se précipitèrent vers les sorties les plus proches. Les passagers de la classe affaires et ceux de la classe économique, situés à l'avant de l'appareil, parvinrent à s'échapper par des ouvertures et des trous sur le côté droit du fuselage, formés lors du crash. Au centre de l'avion, deux hôtesses de l'air postées à cet endroit tentèrent d'ouvrir les portes des issues de secours situées au-dessus des ailes. Celle de gauche resta bloquée par l'incendie qui faisait rage sous l'aile gauche. L'hôtesse de l'air présente à ce poste décéda plus tard d'une intoxication aiguë au monoxyde de carbone. La porte droite put être ouverte et les passagers se précipitèrent sur l'aile droite. Les survivants sautèrent ensuite sur les toits des bâtiments avoisinants.
Deux autres membres d'équipage étaient postés à l'arrière. Après l'impact, de nombreux conteneurs métalliques, servant au stockage des repas emballés, se sont déversés sur l'hôtesse de l'air postée au niveau de la porte arrière droite. Elle a ensuite réussi à se dégager et a participé à l'évacuation. La porte arrière droite était bloquée par cet amas de conteneurs. La porte arrière gauche a été ouverte et l'équipage a tenté de déployer le toboggan d'évacuation. Ce dernier, déchiré par des débris au sol, n'a pas pu se déployer ; les passagers ont donc dû sauter d'une hauteur de quatre mètres, ce qui entraîna de nombreuses fractures.
La situation chaotique, combinée à l'obscurité causée par la fumée et l'incendie intense à l'intérieur de la cabine, a entravé l'évacuation. Plusieurs passagers ont dû ramper à cause de la fumée. Le premier camion de pompiers, celui qui avait suivi le vol 778 avant le crash, est arrivé sur les lieux 15 secondes après le début de l'incendie. Environ 65 secondes après que l'appareil a pris feu, 67 passagers avaient été évacués par l'équipage. Les autres camions sont arrivés en 2 à 3 minutes. Les équipes de secours sur place ont alors tenté d'ouvrir la porte arrière droite, bloquée auparavant par des conteneurs métalliques. Elles sont parvenues à secourir 11 autres passagers avant que la situation ne devienne trop dangereuse. La zone autour de l'épave a ensuite été bouclée par les autorités. Il a fallu deux heures aux pompiers locaux, provenant de cinq casernes différentes, pour maîtriser l'incendie.
Victimes
Il y avait 195 passagers, dont 14 enfants âgés de moins de 12 ans, 12 étrangers originaires d'Allemagne, d'Azerbaïdjan, de Biélorussie, de Pologne, de Moldavie et de Chine, et huit membres d'équipage (deux pilotes et six agents de bord ) à bord.
| Nationalité | Passagers | Équipage | Total |
|---|---|---|---|
| 181 | 8 | 189 | |
| 3 | 0 | 3 | |
| 3 | 0 | 3 | |
| 3 | 0 | 3 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 2 | 0 | 2 | |
| 1 | 0 | 1 | |
| Total | 195 | 8 | 203 |
Sur les 203 passagers et membres d'équipage présents à bord, cinq membres d'équipage et 120 passagers ont été tués. Le commandant de bord et le copilote sont morts dans l'accident, tandis que trois des six agents de bord ont été tués. L'examen médico-légal des corps des passagers a conclu que 119 d'entre eux ont été tués par intoxication au monoxyde de carbone, tandis qu'une passagère a été tuée à la suite d'un grave traumatisme crânien infligé lors de l'accident[1].
Au , 109 corps au total avaient été identifiés. Les restes des agents de bord ont également été retrouvés dans l'épave. Selon les autorités, en raison de la gravité de leurs brûlures, un seul agent de bord a pu être identifié.
Au total, 75 passagers, dont six enfants, et trois agents de bord ont survécu à l'accident. Sur les 78 survivants, 60 d'entre eux ont été transportés à l'hôpital d'Irkoutsk. Parmi eux, 38 ont été grièvement blessés et les 22 autres ont été légèrement blessés. En raison de la gravité de leurs blessures, huit survivants ont été transportés à Moscou pour y être soignés, dont six personnes, parmi lesquels un enfant de 10 ans, se trouvant dans un état critique. Au total, 14 survivants auraient également refusé de recevoir une assistance médicale.
Enquête
L'Interstate Aviation Committee (MAK) a été chargé d'enquêter sur l'accident du vol 778. En tant que constructeur de l'avion, Airbus a envoyé une équipe d'experts pour contribuer à l'enquête. Le Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile (BEA) français, le Conseil national de la sécurité des transports (NTSB) américain et le Bundesstelle für Flugunfalluntersuchung (BFU) allemand ont également été désignés comme représentants accrédités. Pratt & Whitney, qui a conçu les moteurs de l'A310, a également contribué à cette enquête.
Les deux boîtes noires de l'avion, l'enregistreur de paramètres (FDR) et l'enregistreur phonique (CVR), ont été récupérés le , sur le site de l'accident. Le CVR était intact, tandis que le FDR présentait des signes de dommages sur son boîtier extérieur et nécessitait un soin particulier pour déchiffrer son contenu. Les deux enregistreurs ont alors été envoyés à Moscou le pour permettre le décryptage des données de vol, qui ont été téléchargées avec succès et considérées comme étant de bonne qualité.
Selon Airbus, l'appareil a été correctement entretenu. La dernière visite de maintenance (visite de type A) a eu lieu le , a indiqué S7 Airlines. Une visite de révision (visite de type C), qui comprend une révision plus approfondie, a été effectuée le à Francfort-sur-le-Main.
Rapport final

Le rapport final de l'enquête du MAK, publié en 2007, a conclu que la cause de cet accident est attribuée à une série d'erreurs commises par l'équipage. Après l'atterrissage, alors que le commandant de bord activait l'inverseur de poussée du moteur droit, il a involontairement déplacé la manette des gaz du moteur gauche, dont l'inverseur de poussée était désactivé lors de ce vol, de la position « Idle » à la position de pleine poussée en avant, ce qui a amené le moteur gauche à produire une poussée de plus en plus importante. Le manque de surveillance et d'annonces adéquates de la vitesse de l'avion et des paramètres moteur par le copilote a empêché l'équipage d'effectuer les actions nécessaires, que ce soit ramener la manette des gaz du moteur gauche au ralenti ou couper l'alimentation en carburant des moteurs.
Son copilote n'a pas réussi à surveiller les paramètres du moteur et, par conséquent, l'équipage n'a pas pu comprendre l'origine du problème ; il n’a ensuite pas réussi à résoudre le problème à temps et l’avion a fini par sortir de la piste et s'écraser en dehors du périmètre de l'aéroport.
Au total, 57 recommandations ont été émises par le MAK, destinées aux autorités aéronautiques russes, à la compagnie aérienne, à Airbus, à l'AESA et à d'autres autorités de certification, à l'Association du transport aérien international (IATA), à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) et à l'aéroport de Domodedovo. Parmi les recommandations figuraient les appels des enquêteurs à cesser complètement d'utiliser l'inverseur de poussée si l'autre était en mauvais état, à assouplir les contrôles douaniers concernant l'importation de pièces de rechange, à accorder plus d'attention à la possibilité du mouvement accidentel du levier des manettes des gaz d'un avion, et de créer une procédure spécifique pour engager l'inversion de poussée à l'atterrissage. Le MAK a également adressé une demande à l'OACI concernant la mise en place d'un système de caméra vidéo à l'intérieur du cockpit.
Conséquences
En , les procureurs ont achevé l'enquête préliminaire concernant l'affaire pénale de l'accident du vol 778. L'enquête a été prolongée jusqu'en , une autre analyse ayant été demandée par le tribunal. Elle a ensuite été prolongée à nouveau jusqu'en , et à nouveau jusqu'en . Après un examen approfondi, l'enquête pénale a été close en par la commission d'enquête du Département des transports de Sibérie orientale.
Un mémorial dédié aux victimes de l'accident a été érigé dans la rue Mozhaisky, près du lieu de l'accident. Un service a eu lieu en pour commémorer l'accident. Le service a été suivi par les familles des victimes, ainsi que des représentants de l'aéroport d'Irkoutsk et de S7 Airlines.
Articles connexes
- Accidents et incidents d'Airbus A310
- Vol TAM 3054, accident similaire, survenue au Brésil l'année suivante, impliquant la sortie de piste d'un A320 due à l'augmentation de la poussée d'un réacteur par inadvertance