Voyage chez les Bulgares de la Volga

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AuteurAḥmad Ibn Faḍlān
PréfaceAndré Miquel
GenreRelation de voyage
TraducteurMarius Canard
Voyage chez les Bulgares de la Volga
Auteur Aḥmad Ibn Faḍlān
Préface André Miquel
Genre Relation de voyage
Traducteur Marius Canard
Éditeur Sindbad
Lieu de parution Paris
Date de parution 1988
Nombre de pages 130

Le Voyage chez les Bulgares de la Volga est un récit de voyage du Xe siècle du voyageur arabe Aḥmad ibn Faḍlān. Ce dernier faisait partie de l’ambassade abbasside envoyée par le calife al-Muqtadir le en direction du roi des Bulgares de la Volga, Almish[1].

Cette relation de voyage est une œuvre importante dans la littérature géographique arabe d’un point de vue historique, géographique et ethnographique[1]. C'est une source historique intéressante pour la connaissance des peuples turcs nomade au nord du dār al-islām, tel que les Oghouzes, les Petchénègues ou encore les Bachkirs. Cette relation de voyage d’Ibn Faḍlān est surtout connue pour la description détaillée des funérailles d’un chef possiblement varègue[2].

Jusqu’au début du XXe siècle, la relation de voyage d’Aḥmad ibn Faḍlān n’était connue que de manière parcellaire grâce aux citations qu'en propose le Dictionnaire géographique de Yāqūt (XIIe siècle) dans les articles "Itil", "Bachgird", "Bulġār", "Khazar", "Ḫwārizm", "Rūs"[1].

Ahmed Zeki Validi Togan découvre en 1923, à Machhad (Iran), un manuscrit qui comprenait le texte d’Aḥmad Ibn Faḍlān, une partie du Kitāb al-buldān d’Ibn al-Faqīh et deux Risāla-s d’Abū Dulaf Misʿar. L'ouvrage d'Ibn Faḍlān est traduit pour la première fois en 1939, en allemand. Une seconde traduction, russe, voit le jour en 1956, accompagnée d’une nouvelle étude et d’un commentaire développé par l’historien Kovalevsky. En France, c’est Marius Canard qui traduit l’ouvrage complet en 1958, offrant en plus une critique de l’œuvre[3].

Étude concernant l'œuvre

Il semblerait que le texte du manuscrit de Machhad ne soit pas l’original mais un abrégé réalisé par un vizir samanide de Boukhara[4]. Marius Canard pense qu’il existait une version originale destinée à l’administration califale, contenant des informations politiques d’une grande importance pour l’époque et qui ne devaient pas être divulguées. La version originale semble perdue et seule un texte adapté au grand public existe aujourd’hui[3]. L’œuvre a en effet connu un grand succès auprès des musulmans lettrés de l’époque, curieux d’en connaitre plus sur les populations avec lesquelles ils entretenaient des relations en dehors du territoire de l'Islam [1].

Résumé

Le 21 juin 921, une ambassade partit de Bagdad en direction de la ville de Bolgar, proche de la Volga. Ce départ faisait suite à la réception d’une lettre envoyée par Almish Yiltiwar, le roi des Bulgares de la Volga, au calife al-Muqtadir. L’ambassade, composée d’un peu moins d’une dizaine de membres, n’atteignit sa destination que le 12 mai 922.

Cérémonie funéraire d'Igor de Kiev en 945, représentée par Henryk Siemiradzki (1845-1902).

Le roi Almish s’était converti à l’islam et entretenait des liens avec certaines personnes de la cour d’al-Muqtadir, notamment l’eunuque Naḍīr al-Ḥaramī. Le roi Almish réclamait des enseignants et des juristes pour instruire son peuple dans la religion musulmane, ainsi qu’une aide financière afin d'édifier une forteresse contre les Khazars.

Durant son voyage, Aḥmad ibn Faḍlān croisa plusieurs peuples. Au commencement, il croisa principalement des nomades turcs : Ghuzz (Oghouzes), Petchénègues et Bachkirs. Il arriva ensuite chez les Bulgares de la Volga qu’il nomme les Ṣaqāliba (Slave). À Bulġār, la capitale des Bulgares de la Volga, il croisa des Rūs venus commercer et assista à une cérémonie funéraire d’un dignitaire rūs. Ibn Faḍlān termine son récit en évoquant les Khazars et leur Khaqan, notamment à partir d’informations orales [1],[3].

L'ambassade abbasside

L’ambassade était composée d’une dizaine de membres. Naḍīr al-Haramī fut chargé de constituer l’ambassade, d'en recruter le personnel et de financer la mission ; il ne fit cependant pas partie du voyage. Sawsan al-Rassī, affranchi de Naḍīr al-Haramī, était le représentant du calife. ʿAbd Allāh ibn Bāštū, un musulman d’origine khazar qui accompagné l'ambassade, était le représentant du roi des Bulgares de la Volga. L’expert local des régions turques était Takīn al-Turkī. Le soldat Bārs al-Ṣaqlābī était probablement un ancien commandant samanide qui avait fait défection en 908 ou en 909 de l'armée samanide. Aḥmad ibn Mūsā al-Ḫwārazmī, qui quitta Bagdad après le départ de l’ambassade, était chargé de transporter l’argent demandé par le roi des Bulgares pour la construction de sa forteresse ; il fut cependant arrêté en chemin. Ahmad ibn Faḍlān avait pour sa part pour rôle de lire les lettres destinées au roi Almish et de présenter formellement les cadeaux destinés à honorer les hôtes de la mission. Des juristes, des instructeurs ainsi qu’un interprète complétèrent l’ambassade[5].

L’ambassade poursuivait un but politico-religieux. Selon l'historienne Paule Charles-Dominiques, le calife al-Muqtadir pouvait craindre un rapprochement entre les Bulgares et les Sâmânide ou les Alides du Tabaristan[6]. Kovalevsky y voit un autre intérêt pour al-Muqtadir, le développement de l’Islam chez les Bulgares et les Oghouzes permettrait au calife de s'allier à ces deux peuples face aux Khazars[1].

Une œuvre ethnographique

Annexes

Notes et références

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