Il gravit ainsi les échelons de la hiérarchie ecclésiastique arménienne: chantre, servant puis premier diacre[1]. Parallèlement à ses fonctions cléricales, il devient instituteur auprès de la population arménienne locale, ayant notamment parmi ses élèves Andranik Ozanian[1]. À cette même période, il se marie avec Takouhie Margossian[1], avec qui il a cinq enfants: trois filles (Aramanoush, Siranoush et Haiganoush) et deux fils (Haig-Aram, né en 1886, et Vagharshag, né en 1888)[2].
Il est ensuite envoyé à Sébaste, où l'évêque Pierre Tahmizian l'ordonne prêtre séculier et lui donne le prénom en religion de Vramchabouh[1]. Il rentre ensuite dans sa ville natale, mais les quartiers arméniens de cette dernière sont détruits par un incendie en 1885[1]. Il est alors envoyé à Constantinople et Smyrne pour lever des fonds auprès de la bourgeoisie arménienne afin de financer la reconstruction de la cathédrale endommagée[1].
L'attention que portent sur lui les autorités ottomanes l'empêchent de rentrer durablement et il est obligé de s'installer à Constantinople[1]. Là, il est nommé curé de l'église Saint Roi du quartier de Kadıköy (Սուրբ Թագավոր եկեղեցի, Sourp Takavor yéguéghetsi) ainsi que professeur d'arménien, de catéchisme et de morale au collège Aramian[1]. Il parvient à faire venir sa famille dans la capitale ottomane[1] mais sa femme meurt en 1894[2], le forçant à renvoyer ses enfants auprès de sa famille restée en province[1]. Son fils Vagharshag réside auprès de son oncle Sarkis, boulanger stambouliote[2].
Au début du XXesiècle, le catholicosMkrtich Khrimian lui décerne le titre d'archiprêtre et lui fait cadeau pour ses cinquante ans d'un bâton de primat pour le féliciter de son action[3].
Pendant la Première Guerre mondiale, les Arméniens de Paris, sujets de l'Empire ottoman, alors ennemi de la France, sont à ce titre surveillés par les autorités françaises et vus avec méfiance[3]. Avec Archag Tchobanian, il fait tout son possible pour convaincre le Ministère des affaires étrangères que les Arméniens sont des amis de la France[3]. Le frère de Vramchabouh Kibarian, Hovhandjan, resté à Şebinkarahisar, est victime du génocide arménien, de même que son neveu, Vahan, mort lors des combats, ainsi que sa fille Siranoush, noyée dans l'Euphrate avec son fils Hagop[2].
Le , Vramchabouh Kibarian est nommé vartabed par Yeghiché Tourian, alors présent à Paris dans le cadre de la Délégation nationale arménienne à la conférence de la paix[3]. Avec l'arrivée dans la capitale française des réfugiés arméniens fuyant le génocide dans les années 1920, il déploie ses efforts pour subvenir à leurs besoins[3]. En 1922, il est présent lors du mariage de son ancien élève Andranik Ozanian, aux côtés d'Aram Andonian, Krikor Balakian, Boghos Nubar Pacha et Archag Tchobanian.
(fr + hyw) Kégham Torossian, L’Église apostolique arménienne et l'église-cathédrale de Paris Saint Jean-Baptiste, Paris, Association culturelle de l'Église apostolique arménienne de Paris et de la région parisienne, , 185p., p.87-93