Vulgate sixtine

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Titre original
(la) Biblia sacra Vulgatae Editionis ad Concilii Tridentini praescriptum emendata et a Sixto V P. M. recognita et approbataVoir et modifier les données sur Wikidata
Langue
Date de parution
Vulgate sixtine
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(la) Biblia sacra Vulgatae Editionis ad Concilii Tridentini praescriptum emendata et a Sixto V P. M. recognita et approbataVoir et modifier les données sur Wikidata
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Séquence

La Vulgate sixtine (en latin : Vulgata Sixtina) est une Bible latine imprimée en 1590 par la Typographie vaticane. Il s'agit de la traduction publiée sous l'autorité du pape Sixte V en tant qu'édition officielle de la Vulgate, obligatoire pour l'usage ecclésiastique. Cependant, en raison des erreurs qu'elle contenait, elle a été remplacée deux ans plus tard par la Vulgate sixto-clémentine, sous le pontificat de Clément VIII. La diffusion de la Vulgate sixtine a alors été interdite et les spécimens conservés ont été détruits.

La composition

Le 8 avril 1546, le concile de Trente décrète que la Vulgate est authentique et fait autorité[1], et ordonne qu'elle soit imprimée quam emendatissime ("aussi correctement que possible").

Aucune édition de la Vulgate officiellement approuvée par l'Église catholique n'existe à cette époque. Vingt ans plus tard, des travaux sont entrepris : Pie V a nommé une commission pour produire une édition officielle de la Vulgate. Toutefois, son successeur, Grégoire XIII, ne poursuit pas cette tâche.

Au moment où Sixte V devient pape, en 1585, les travaux ont à peine commencé. L'année suivante, il nomme une commission chargée de produire une édition officielle de la Vulgate. Cependant, peu satisfait des résultats, il décide d'éditer lui-même la Vulgate avec l'aide de quelques personnes de confiance. En 1590, cette édition est publiée, précédée d'une bulle papale indiquant que cette édition répond aux exigences du concile de Trente et doit être considérée comme la norme pour les réimpressions futures.

Au mois d'août, Sixte V meurt. Neuf jours plus tard, le Collège des cardinaux suspend la vente de la Vulgate sixtine, avant d'ordonner la destruction de l'ensemble des exemplaires. En 1592, Clément VIII, faisant valoir les fautes contenues dans la Vulgate sixtine[2], rappelle les exemplaires encore en circulation. En novembre de la même année, une version révisée, connue sous le nom de Vulgate sixto-clémentine, est publiée par Clément VIII.

Suppression de la Vulgate Sixtine par Clément VIII

Tout juste élu au trône papal, l'une des premières initiatives de Clément VIII fut de confisquer tous les exemplaires de la Vulgate sixtine[3],[4],[5], en prétextant des erreurs typographiques, bien qu’elle en fût pratiquement exempte[6],[4].

Selon James Hastings, « les véritables raisons du rappel des exemplaires résident sans doute en partie dans son inimitié envers Sixte-Quint, et en partie de ce que cette version n'était pas exactement fidèle au texte de la Vulgate[4]. » Eberhard Nestle avance que la révocation s'explique en réalité par la pression des Jésuites, que l'ancien pape Sixte-Quint avait offensés en mettant à l'Index un livre de Bellarmin[7]. Frederic G. Kenyon estime, lui, que la Vulgate sixtine était « bourrée d'erreurs », bien que Clément VIII fût aussi décidé à donner des gages aux Jésuites, « que Sixte avait offensés[5]. » Pour Metzger, les erreurs typographiques n'ont été qu'un prétexte : l'attaque contre cette édition avait été mûrie de longue main par les Jésuites, « que Sixtus avait offensés en mettant l'un des livres de Bellarmin à l'Index[8] et trouvèrent ce moyen de se venger[9]. » Sixte se défiait des Jésuites, détestait le nom qu'ils s'étaient donné (« Compagnie de Jésus ») et envisageait d'ailleurs de procéder à une modification radicale de leurs statuts, mais la mort l'en empêcha[10]. « Plus généralement, Sixte-Quint avait des griefs envers la Compagnie de Jésus, surtout en raison de leur doctrine d'obéissance aveugle à leur Supérieur général, laquelle, pour Sixte et d'autres personnages importants de la Curie Romaine, portait atteinte à la prééminence du pape au sein de l'Église[11]. »

Enfin, selon l'historien luthérien Jaroslav Pelikan (1923-2006), la Vulgate sixtine « s'est avérée si fautive qu'on l'a retirée[12]. »

Éditions critiques

Notes et références

Bibliographie

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