William James (photographe)

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Naissance

Walsall (Angleterre)
Décès

Toronto (Ontario)
Nationalité
Activité
Photographe de presse, réalisateur de films
William James
William James et deux de ses fils en 1936
Biographie
Naissance

Walsall (Angleterre)
Décès

Toronto (Ontario)
Nationalité
Activité
Photographe de presse, réalisateur de films
Période d'activité
Autres informations
Archives conservées par
Archives de la Ville de Toronto (en) (Fonds 1244)[1]Voir et modifier les données sur Wikidata

William James (1866-1948) est un photographe et cinéaste de presse canadien d’origine britannique connu surtout pour ses photos de la région de Toronto. Il est probablement le premier photojournaliste canadien et le premier à avoir tourné un film à partir d’un avion.

Né à Walsall (Angleterre), dans une famille ouvrière comptant huit enfants, William James émigra au Canada en 1906 à l'âge de 40 ans avec son épouse, leurs cinq enfants et 7 $ en poche[2]. Pendant les trois premières années, la famille vécut grâce à divers emplois : agent d’assurances, représentant pour une compagnie de télégraphe, gérant du National Club[3].

Au début du XXe siècle, Toronto avait sept quotidiens mais aucun d’entre eux n’avaient ses propres photographes, s’en remettant pour leurs images à des pigistes[4]. Presque immédiatement après son installation à Toronto, James se mit à parcourir la ville s’intéressant particulièrement à la façon dont divers évènements influençaient la vie quotidienne des gens. C’est ainsi que l’une de ses premières photos, prise peu après son arrivée, montre les suites de l’incendie qui ravagea le Crystal Palace et le Grand Stand de l’Exposition nationale canadienne.

James devint photographe professionnel en 1909. À cette époque, alors que George Eastman venait tout juste de présenter son appareil Kodak Brownie, peu de gens exerçaient ce métier. Ceux qui le faisaient, comme William Notman, établi à Montréal en 1850, se spécialisaient surtout dans le portrait[5] ou, comme Humphrey Lloyd Hime, étaient engagés par des institutions gouvernementales dont le ministère des Affaires indiennes pour produire des portraits ethnographiques des peuples autochtones du Canada et inciter d’éventuels colons à s’installer dans l’Ouest[6].

Pour les journaux et périodiques, il se mit à photographier les actualités, les sports, la mode, les loisirs, les visites de dignitaires étrangers, les visites royales et tout autre sujet pouvant intéresser un journal. Pour son propre compte, il prenait des photos de mariage, des photos stéréographiques et se mit plus tard à la photographie aérienne. Photographiant le jour, tirant les épreuves de ses photos la nuit, et faisant le tour des journaux le matin, il vendait ses photographies de 1 $ à 2 $ le cliché[7].

De 1909 à la fin des années 1930, des centaines de ses photographies parurent dans le Toronto World, le Toronto Daily Star et Châtelaine[8]. Il semble qu’à la fin de sa carrière il vendait ses photographies aux sept quotidiens de la ville[9]. Connaissant pratiquement tous ses collègues qu’il photographia au travail, il fonda la Canadian Press Association, première organisation à regrouper les photographes de presse au Canada. Il influença également toute une nouvelle génération de photographes, y intéressant ses trois fils (Joseph, William jr et Norman) ainsi que les frères Turofskys. William jr devait par la suite ouvrir son propre studio de photographie, alors que Norman devint photographe attitré du Toronto Daily Star; Nathan et Louis Turofsky pour leur part devinrent d’éminents photographes sportifs et devaient, pendant près de cinq décennies couvrir la plupart des grands évènements sportifs se déroulant à Toronto[10].

Œuvre

L’œuvre de William James se caractérise par l’intérêt qu’il portait à la façon dont les évènements historiques affectaient les habitants de sa ville d’adoption, Toronto. En 1910 il photographia le salon aéronautique de Toronto et, l’année suivante, le premier avion à s’abimer au sol. Passionné par la technologie, il photographie en 1915 ce qui fut sans doute le premier prototype de motoneige. N’hésitant pas à prendre de grands risques pour obtenir des clichés exceptionnels, il put capturer l’image de la première télécabine qui traversait les chutes du Niagara la photographiant, la tête en bas, avec son appareil Speed Graphic. Il prit des clichés à bord de dirigeables et, en 1916, fut probablement le premier à faire un film à bord d’un avion biplace dont le cockpit était ouvert, ce qui lui permit de prendre l’un de ses nombreux auto-portraits. Et lorsque des aérostiers perdirent le contrôle de leur ballon dans le nord de l’Ontario, James fut le premier photographe à accompagner les sauveteurs[7],[9].

Doué techniquement aussi bien qu’artistiquement, il fit des expériences avec différents types de films et inventa un procédé pour éliminer le grain de ses photographies. Il produisit des plaques de projection pour lanternes magiques peintes à la main comme celle des Travailleuses de munitions en 1917, monta ses propres appareils photographiques et travailla avec des objectifs télescopiques et des objectifs grand-angle, écrivant des articles sur ses expériences[11],[12]. Par le biais de la photographie, il s’intéressa à la stéréographie[N 1],[7].

Contrairement aux portraitistes de l’époque et aux poses figées adoptées dans leurs salons, James fut l’un des premiers photographes à mettre en valeur ses sujets dans le contexte de leur vie quotidienne. Il en résulte une spontanéité et une franchise donnant à ses photographies un caractère quelques fois humoristique, mais le plus souvent dramatique[3].

En 1976, la ville de Toronto se porta acquéreur de plus de 6 000 de ses photographies, connues depuis sous le nom de Collection James. Celle-ci constitue un témoignage documentaire unique de la vie quotidienne de cette ville de 1907 à 1936[12].

Galerie

Bibliographie

  • (en) Sarah Bassnet et Sarah Parsons, Photography in Canada, 1839 - 1989: An Illustrated History., Toronto, Art Canada Institute, (ISBN 978-1-4871-0309-5).
  • (en) Sarah Bassnet, Picturing Toronto: Photography and the Making of a Modern City, Montréal, McGill-Queen’s University Press, , 228 p. (ISBN 978-0773546714).
  • (en) Penny Cousineau-Levine, Faking Death: Canadian Art Photography and the Canadian Imagination, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-7095-5).
  • (en) Christopher Hume, 'William James' Toronto Views, 1906-1939, Ed. James Lorimier, , 120 p. (ISBN 9781550286786).
  • (en) Andrea Kunard et Carol Payne, The Cultural Work of Photography in Canada, McGill-Queen’s University Press, (ISBN 978-0-7735-8572-0).

Voir aussi

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Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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