Withuis
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La Withuis (Maison blanche) est un bâtiment de style moderniste édifié par l'architecte Joseph Diongre (1881-1957) à Jette, une commune de Bruxelles en Belgique.
Le nom « Withuis » fait référence à la « Zwart Huis » (Maison Noire), un bâtiment édifié à Knokke par l'architecte Huib Hoste, un contemporain de Diongre[1].
Historique
Contexte
L'architecte Joseph Diongre (1878 - 1963) est un architecte au parcours diversifié[5].
Après la guerre, il participe activement au mouvement de construction d'habitations sociales avec de nombreux édifices à Laeken (1920 et 1923), à Saint-Gilles (1922), à Anderlecht (1922), à Molenbeek (1924 et 1927) ainsi que la cité-jardin qui porte son nom à Molenbeek (1922)[6].
À partir de 1925, Diongre réalise en un style moderniste tempéré certains des édifices les plus caractéristiques de l'entre-deux-guerres à Bruxelles : la Withuis à Jette (1927), l'église Saint-Jean-Baptiste de Molenbeek (1930) et ensuite l'Institut national de radiodiffusion à Ixelles (1933-1938)[6].
Édification de la Withuis
La Withuis est une des toutes premières maisons construites sur l'avenue Charles Woeste, une artère inaugurée en 1923[7],[8].
Elle est édifiée en 1927 par Diongre pour l'écrivain Jef Mennekens et sa famille[2],[4],[9],[7],[10],[11]. Jef Mennekens (1877-1943) était un poète flamand, ami de Diongre et par ailleurs secrétaire communal de Molenbeek-Saint-Jean[5],[12],[8].
Diongre opte « pour un modernisme tempéré à l'encontre de la ligne dure prônée par les pionniers modernistes. La Withuis n'est pas une réalisation aussi radicale que la Zwart Huis édifié à Knokke sur les plans de Huib Hoste »[9].
Diongre reçoit carte blanche de Jef Mennekens[8]. Outre les espaces intérieurs de la maison, il en dessine également le mobilier, comme celui de la salle à manger qui « constitue un bel et remarquable ensemble »[9], celui du salon et celui de la chambre à coucher, ainsi que les vitraux, luminaires et céramiques[12]. « Le budget substantiel qui lui est imparti donne pour la première fois à l'architecte l'opportunité de concevoir la décoration et le mobilier »[5], ce qui fait de cette maison une œuvre d'art totale[12].
Les vitraux sont l'œuvre du verrier jettois Fernand Crickx, sur des cartons de Diongre, et les ferronneries sont de F. Carion[5],[11].
Destin de la Withuis
Après la mort de la femme de Jef, la plus jeune des filles du couple, Daisy, hérite de la maison et de son contenu[8],[13]. Elle y vit jusqu'à l'âge de 102 ans, en 2018, ce qui signifie que la maison a appartenu à la famille Mennekens pendant plus de quatre-vingt-dix ans[8],[13]. En 2018, les enfants de Daisy Mennekens, alors septuagénaires, décident de vendre la maison[8],[13]. La vente inclut également le mobilier conçu par Diongre car « Tout est protégé, aussi bien la façade que l'intérieur. Les meubles ne sont pas autorisés à quitter la maison »[8].
Malgré une première rénovation en 1990, la Withuis a de nouveau besoin d'être rénovée[8],[10],[13].

