Wolfgang von Weisl
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Wolfgang Johannes (Binyamin Ze'ev) Ritter von Weisl, né en 1896 à Vienne et décédé le 24 février 1974 à Guedera, est un journaliste israélien et l’une des figures fondatrices du courant révisionniste au sein du mouvement sioniste. Il participe activement à l’élaboration doctrinale et stratégique visant à la constitution d’un État juif. Son parcours se caractérise par une remarquable pluralité d’engagements et de compétences : il exerce conjointement des activités d’écrivain et de publiciste, tout en poursuivant une carrière de médecin et de chercheur en sciences médicales. Parallèlement, il s’illustre dans le domaine militaire, où il développe une expertise stratégique, et appartient à la noblesse autrichienne. Il est également reconnu pour ses connaissances approfondies en matière d’études islamiques[1].
En Palestine sous mandat britannique
Le docteur Wolfgang Johannes von Weisl naît à Vienne, en Autriche, en 1896. Ses ascendances familiales se rattachent à plusieurs localités d’Europe centrale, notamment Bezděkov u Klatov, Březnice u Bechyně — également attestée sous diverses graphies germaniques et tchèques — ainsi qu’à Prague. Son père, le docteur Ernst Franz von Weisl, né en 1857 à Sabechlitz et décédé en 1931 à Vienne, reçoit de l’empereur François-Joseph Ier l’anoblissement honorifique matérialisé par la particule « von »[2],[3]. Il compte parmi les premiers Israélites à se rallier au mouvement sioniste impulsé par Theodor Herzl[4]. Cette orientation idéologique constitue pour son fils Wolfgang un principe directeur, auquel celui-ci consacre l’intégralité de son existence. Dans cette perspective, le sionisme s’entend comme une entreprise d’établissement en Terre d’Israël — successivement sous domination ottomane puis sous administration mandataire britannique — impliquant à la fois la mise en valeur du territoire, sa défense organisée et la revendication de son autonomie politique en vue d’un retour à Sion.
En 1907, alors qu’il n’a que onze ans, Wolfgang von Weisl s’inscrit précocement dans le mouvement sioniste. Il fait paraître, dans le périodique Wiener Handelsblatt, une première contribution de nature politique, par laquelle il préconise le transfert des populations juives originaires du Yémen vers le territoire de la Terre d’Israël.
En 1914, alors qu’il est engagé dans un cursus de médecine, il exerce les fonctions d’officier d’artillerie au sein de l’armée austro-hongroise. Au cours de ce conflit, il se voit décerner la Croix de fer. Parallèlement, il procède à la distribution d’insignes aux couleurs nationales juives, bleu et blanc, à destination des officiers de confession juive, et prend l’initiative de constituer une unité destinée à assurer la protection du quartier juif.
L’activité qu’il exerce au sein du Fonds national juif le place en relation avec Zeev Jabotinsky, alors considéré comme l’un des principaux animateurs du Keren Hayesod. Dans ce contexte, Weisl formule un projet consistant à pourvoir intégralement une unité militaire en matériel et en armement pour un montant de 60 000 lires, à organiser l’acheminement de 30 000 colons pionniers, puis à procéder à la prise de contrôle du territoire de la Terre d’Israël. Cette initiative cristallise les fondements doctrinaux qui lui sont ultérieurement attribués : il soutient que la pérennité d’Israël repose sur la constitution d’une force armée substantielle et sur l’observance de délimitations territoriales qu’il tient pour historiques, seules à ses yeux susceptibles d’assurer une défense effective.
En 1922, immédiatement après l’achèvement de son cursus médical à l’Université de Vienne, Weisl émigre vers la Terre sainte et acquiert la nationalité palestinienne. Quarante ans plus tard, interrogé par l’ambassadeur d’Autriche en Israël sur l’absence de retour vers sa « ancienne patrie » après le conflit mondial, il précise qu’au cours de ses années universitaires, il constatait sur les murs et les portes des latrines des inscriptions hostiles à la communauté juive, proclamant « Juifs dehors ! », et qu’il parcourait ces publications avec une attention soutenue.
En 1924, Wolfgang von Weisl entreprend une carrière de délégué de la maison d’édition Ullstein pour le Proche-Orient et les contrées islamiques. Ses écrits connaissent une diffusion internationale par le biais de traductions, leur assurant une visibilité étendue à travers le monde. Il acquiert une réputation de spécialiste émérite de l’islam et apparaît de manière récurrente dans l’annuaire annuel du Statesman.
En 1925, avec Yaakov et Abraham Weinschel, Rozof et plusieurs autres, Weisl fonde le Parti révisionniste en Eretz Israël.
Weisl bénéficie d’une réception privilégiée auprès des souverains et monarques de son temps, étant reçu par le calife Hussein, roi du Hedjaz, alors en exercice, et demeurant le seul Européen à partager avec lui son dernier repas officiel avant son exil contraint. Il séjourne en qualité d’invité auprès du roi Ibn Saoud et loge chez le sultan al-Atrash, chef de l’insurrection druze, puis fréquente le palais de l’émir Abdallah de Transjordanie, dont il assure la fonction de médecin attitré. Il accompagne en tant que guide officiel et drogman le roi Fouad d’Égypte lors de sa visite d’État en Allemagne et se rend au Djebel el-Druze pendant la révolte. Ses propositions politiques révèlent son implication dans les prémices du conflit israélo-palestinien : il suggère à Fayçal, roi d’Irak, le transfert de populations arabes palestiniennes afin de mettre en valeur de vastes terres inexploitées, obtient l’aval royal mais se heurte à l’opposition des autorités britanniques. En Égypte, il tisse des liens avec Zaghloul Pacha, lequel envisage que les sionistes s’installent sur la rive orientale du canal de Suez, saisissant ce que les Britanniques refusent d’appréhender ; à cette époque, le Sinaï ne relève pas encore de la souveraineté égyptienne.
En 1929, lors de la solennité de Pourim, le docteur von Weisl prend part à la célèbre traversée aérostatique reliant Berlin au bassin méditerranéen. L'aéronef compte à son bord un aréopage de dignitaires, parmi lesquels figurent cinq ministres de la République de Weimar, la veuve du comte Zeppelin, ainsi qu'un publiciste égyptien. Au cours du survol de Tel Aviv, dont la population manifeste sa liesse par des acclamations nourries, le docteur Hermann Badet — haut fonctionnaire au ministère de l’Intérieur de Prusse et coreligionnaire de von Weisl — procède avec ce dernier à la lecture synoptique de la Meguila d'Esther. Parvenus au zénith de la mer Morte, l'excursion prend une dimension symbolique : von Weisl débouche un flacon de vin issu des vignobles de Carmel Mizrahi, prélude à une libation collective où les passagers célèbrent la pérennité du peuple hébreu et de sa terre ancestrale.
Quelques mois plus tard, au cours des tumultueuses émeutes d’août 1929, Weisl subit une agression par arme blanche de la part d’un Arabe, et son décès est alors cru imminent. Des notices commémoratives se répandent à l’échelle internationale, et l’une d’elles le compare au Mark Twain de la langue allemande. Des cartes postales à son effigie circulent dans le commerce, des essences arboricoles sont plantées à son nom et des oraisons sont formulées pour sa convalescence. Il survit à cette attaque et dépose son témoignage devant la commission Shaw.
En 1931, von Weisl appelle à une préparation rigoureuse face à l’éventualité d’un conflit mondial et anticipe l’accession d’Adolf Hitler aux plus hautes fonctions de l’État, incitant les populations juives à envisager des mesures de sauvegarde. Dans le même temps, il se mobilise vigoureusement contre la division du territoire subsistant de la Palestine mandataire, dont une portion substantielle a été détachée pour être attribuée à Hussein. En 1935, il préconise le recours à l’immigration clandestine vers la Palestine et, en dépit de l’opposition exprimée par Jabotinsky, organise le financement du premier navire destiné aux immigrants « illégaux », baptisé « Af Al Pi » .
Le 1er septembre1946, détenu à Latroun, Weisl adresse une missive au Haut-Commissaire britannique dans laquelle il déclare sa décision de s’abstenir de toute alimentation pendant vingt-huit jours. Il exprime sa pleine conscience que son jeûne, comme celui de toute personne susceptible de le rejoindre, ne saurait infléchir les décisions des autorités administratives en charge de la Palestine, lesquelles semblent considérer comme impérieux d’entraver par tous moyens le rétablissement d’Israël sur son territoire ancestral. Cette démarche confère à Weisl une transition manifeste, passant d’un rôle de dirigeant atypique et controversé, y compris au sein des instances de son propre parti, à une reconnaissance symbolique de nature héroïque au regard de la mémoire nationale.
Mort et héritage
Le 25 février 1974, au surlendemain de son décès, puis au cours du mois de mars de la même année, paraissent les deux derniers articles de Weisl, matérialisant l’aboutissement de sa prodigieuse activité intellectuelle. Cette production englobe plusieurs milliers de textes et de conférences, ainsi qu’une série d’ouvrages traitant de domaines aussi divers que la science politique, la stratégie militaire, la médecine, la théologie, la philosophie, la psychologie, les récits de voyage et, de manière plus inattendue, l’astrologie. La série qu’il consacre à sainte Thérèse Neumann connaît une diffusion exceptionnelle, avec une édition spéciale écoulée à huit cent mille exemplaires en l’espace de quelques jours.
Dr von Weisl suscite une fascination plurielle et contradictoire. Sa biographie se révèle d’une densité telle qu’elle pourrait occuper de nombreux volumes, et sa réputation est entourée d’anecdotes et de récits quasi légendaires. On le qualifie tantôt de « maître de la plume », de visionnaire ou de prophète, tantôt de manipulateur, de Don Quichotte moderne, d’explorateur des possibles ou encore de militant d’extrême droite. Sa singularité est telle que l’on affirme qu’aucune étiquette idéologique ne lui convient pleinement, si ce n’est celle que l’on pourrait créer à son nom : le vonweislisme.
Pour en savoir plus
- Jewish Encyclopedia
- Sefer Hahagana (« Histoire de la Haganah » ; rédacteur en chef : Ben-Zion Dinur )
- Wolfgang von Weisl, "Skizze zu einer Autobiographie", avec "Die Juden in der Armee Österreich-Ungarns" et "Illegale Transporte", Olamenu, Tel-Aviv 1971, dans le cadre de la série de l'Institut Zwi Perez Chajes
- Wolfgang Weisl, "Der Kampf um das heilige Land : Palästina von heute", Berlin : Ullstein 1925
- Première Guerre mondiale – Soldats juifs dans l'armée austro-hongroise erreur modèle {{Lien archive}} : renseignez un paramètre «
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Références
- ↑ Muslim Jews
- ↑ Dr. Jur. Ernst Franz von Weisl at geni.com
- ↑ Charlotte Weisl at geni.com
- ↑ (de) Skřejpková, « Weisl, Ernst Franz von », Österreichisches Biographisches Lexikon ab 1815, (consulté le )
