Xu Ling est connu dès son jeune âge pour sa poésie et sa littérature[1]. À huit ans il peut rédiger des textes, il est avide d’apprentissage. À douze ans, il maîtrise Laozi et Zhuangzi, deux figures importantes du taoïsme. Il s’intéresse également au bouddhisme qu’il pratique. En grandissant, il étudie largement les ouvrages historiques et débat avec aisance et éloquence[1],[2].
En 521, il participe aux affaires militaires du bureau de pacification des barbares du prince Jin’an, Xiao Gang[1],[n. 1]. En 531, Xiao Gang devient prince héritier, Xu Ling occupe alors le poste d’érudit du palais de l’Est qui est la résidence officielle de l’héritier au trône[3]. Il passe souvent les portes interdites du palais et il se distingue comme auteur de poésie style du palais. Il occupe successivement des postes tels que fonctionnaire du ministère des Finances[4] et haut conseiller de cour[1]. En 548, Xu Ling est envoyé en mission chez les Wei de l'Est en tant que fonctionnaire conseiller du palais. Il répond habilement aux provocations verbales de Wei Shou qui vient l’accueillir[2],[5].
Par la suite, la rébellion de Hou Jing éclate dans le Jiangnan en 548[n. 2] et Xu Ling est retenu à Yecheng pendant sept ans. En 555, la capitale Jiangling du Liang du Sud est prise par le Zhou du Nord, l’empereur Yuan de Liang est assassiné et Xu Ling retourne à la cour dans le Sud [5].
Après son retour à la cour, Xu Ling reçoit l’estime du grand commandant Wang Sengbian sous les Chen.Il est nommé conseiller militaire attitré et conserve son poste de chancelier de gauche comme auparavant[1]. Puis, à partir de 557, il occupe plusieurs postes dont ceux de grand intendant des finances, ministre des Cinq armées et de chancelier adjoint de gauche[5]. Il supervise aussi les grands ouvrages officiels et poursuit la création de poèmes de la poésie style du palais (parfois appelée poésie palatiale), connus pour leur légèreté et leur élégance raffinée[6].
À partir de la fondation de la dynastie Chen (557), tous les documents officiels, décrets militaires et édits de transmission du pouvoir sont rédigés par Xu Ling, et son texte « Les neuf dons » (Jiu Xi,九锡)[n. 3] est particulièrement remarquable[1]. En l’an 569, il participe à la destitution de l’empereur Feidi (Chen Bozong) et soutient l’accession au trône de l’empereur Chen Xu (en) et il est nommé marquis du comté de Jianchang[5]. Deux ans plus tard, il est nommé ministre aux Affaires d’État de gauche et ministre du Personnel. L’empereur le loue à plusieurs reprises pour sa clairvoyance et sa capacité à bien employer les hommes ce qui a pour conséquence que les poèmes et les recueils littéraires de Xu Ling deviennent alors très recherchés et chacun se précipite pour les collectionner.
En 583, lorsque le dernier empereur de Chen monte sur le trône (Chen Shuabao), Xu Ling est nommé au rang honorifique de « Grand-officier du Bonheur brillant » et promu précepteur du prince héritier tandis que ses autres fonctions restent inchangées. Il meurt la même année, soit en 583. Il est à la fin de sa vie l’un des principaux ministres des Chen[7].
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En littérature, Xu Ling est surnommé « le maître littéraire d’une génération[1] ». Chaque texte qu’il produit est rapidement copié et récité par les amateurs et se répand tant chez les Chinois que chez les étrangers, et sa famille conserve les originaux. Plus tard, lors des troubles et des désastres, beaucoup de ses œuvres se perdent[1]. Xu Ling reçoit à titre posthume, les titres de « Général de droite pour la défense », « Conseiller spécial », et le nom posthume de Zhang (章) [6],[2].