. nommé Grand commandant égal aux trois Excellences . titres posthumes: censeur en chef, Grand dignitaire de rang supérieur et Duc fondateur du district de Linhe
Xue Daoheng (chinois: 薛道衡 (薛道衡);chinois traditionnel: 顧況;pinyin: Xue Daoheng;Wade: Xue Daoheng) (539-605), prénom de courtoisie Xuanqing (雲卿), est un poète et un très haut fonctionnaire de la dynastie Sui en Chine. Il sert sous trois dynasties du Nord: Qi du Nord, Zhou du Nord et Sui, «dont il est l’un des principaux ministres»[1],[2]. Originaire du xian de Fenyin, Hedong (aujourd’hui au sud-ouest du comté de Wanrong, Shanxi), c’est un poète admiré jusqu’au dans le sud de la Chine. Il est étranglé sur l’ordre de l’empereur Yang (r. 604-617) de la dynastie Sui. Au cours de sa carrière, il est élevé au titre de « Grand commandant égal aux trois Excellences ». Il reçoit à titre posthume, le nom de censeur en chef et ceux de « Grand dignitaire de rang supérieur » et « duc fondateur du district de Linhe »[3].
Appartenant à l’ethnie Han et issu d’une famille de fonctionnaires, Xue Daoheng est le fils de Xue Xiaotong, préfet de Changshan et le petit-fils de Xue Cong, anciennement gouverneur de Jizhou sous les wei du Nord[4],[5]. Il perd son père à l’âge de six ans. Comme il est passionné par l’apprentissage, il se consacre aux études[6]. À treize ans, il commence à étudier les Annales de Zuo (左氏). Ému par les mérites de Zichan[note 1] rapportés dans les Annales, il compose Éloge des compatriotes vivant à l’étranger et ceux qui le lisent sont surpris de son talent. Par la suite, sa réputation ne cesse de croître. Le gouverneur de Sizhou sous les Qi, le prince de Pengcheng You, l’invite à servir comme assistant et conseiller au bureau militaire. Quand Wu Cheng[note 2] devient chancelier, Xue est appelé à servir comme secrétaire principal du ministère du Grand Commandant et lorsque Wu Cheng monte sur le trône (r. 561-565), Xue est promu à plusieurs reprises jusqu’au poste de chef de bureau du département du grand maréchal[6].
Puis, il reçoit d’autres nominations dont celle de gentilhomme cavalier[2],[6]. En 577, après la chute du royaume de Qi, Xue Daoheng entre au service des Zhou du Nord (r. 557-581) et est nommé censeur impérial et fonctionnaire de rang secondaire[7].
Portrait de l'empereur Wu des Zhou du Nord, par le peintre Yan Liben
Pendant le règne de l’empereur Wu de cette dynastie[note 3] (r. 561-578), Xue Daoheng participe à des missions diplomatiques, notamment il reçoit l’envoyé Fu de la dynastie Chen du Sud en tant qu’officier chargé des invités et des hôtes. Fu lui offre un poème de cinquante rimes, auquel Daoheng répond par un poème correspondant et cela leur vaut une large reconnaissance dans le Nord et le Sud[4],[7]. De nouveau, Xue est nommé ministre adjoint au secrétariat impérial avant d'être affecté comme vice-directeur du même département et de continuer comme lecteur auprès du prince héritier[6]. Ensuite, il est promu officier supérieur du bureau des Rétributions / du Trésor. Quatre ans plus tard, après que l’empereur Wen[note 4] ait détruit les Zhou du Nord et unifié le Nord et le Sud en fondant la dynastie Sui, Xue Daoheng entre au service des Sui comme secrétaire du Bureau des fonctionnaires pour le circuit de Huainan en 588 et il accompagne le prince de Jin Yang Guang et le chancelier Gao Jiong dans la campagne militaire contre la dynastie Chen et en outre est chargé de la rédaction officielle[6].
Malgré ses réussites, Xue doit faire face à des difficultés politiques. Il est un temps démis de ses fonctions en raison de son implication dans la sélection et la promotion de personnes: il est rapporté que son clan Su Wei favorise des personnes pour des motifs personnels. Xue est destitué et exilé à la garde sur la frontière montagneuse dans le Lingnan[4],[7],[6]. Cependant, il retrouve ensuite la faveur impériale et est rétabli dans ses fonctions antérieures en qualité de fonctionnaire au Secrétariat central ; peu après, il est promu vice-ministre du Secrétariat central et continue de participer à l’instruction du prince héritier.
Après la chute du royaume de Chen en 589, Xue Daoheng est nommé secrétaire adjoint du bureau du personnel, puis secrétaire adjoint du ministère de l’Histoire[7]. Quelques années plus tard, il est nommé assistant au Département de l’intérieur et élevé au titre honorifique de « Grand Commandant égal aux Trois Excellences »[note 5],[8],[6].
Portrait de l'empereur Sui Yangdi (Yan Guang) des Sui (r. 605-618)
Comme Daoheng occupe pendant plusieurs années des postes clés de l’administration , sa réputation et son talent deviennent de plus en plus connus. Sa renommée et son influence sont immenses[6]. En 605, lorsque l’empereur Yang Guang des Sui[note 6] monte sur le trône, Xue Daoheng est nommé gouverneur de la préfecture de Panzhou puis il est envoyé inspecteur et administrateur général de Xiangzhou[Lequel ?]. Daoheng habitué à servir dans les affaires centrales se sent éloigné. Un an plus tard, il présente une demande de retraite. L’empereur Yang Guang tente de le retenir et envisage de lui confier le poste de secrétaire impérial. Cependant, sur le chemin de retour à la capitale, Xue Daoheng compose Panégyrique de l’Empereur Gaozu Wen (高祖文皇帝颂), louant la dynastie précédente et présente ce texte à l’empereur Yang Guang qui en est offensé. Ce dernier entre dans une grande colère et ordonne à Xue de se donne la mort. Mais, ce dernier refuse et l’empereur ordonne son exécution. La femme et les enfants de Xue Daoheng sont alors déportés à Qiemo. Le monde entier considère cela comme une injustice.
Sous la dynastie Tang (618-907), Xue Daoheng est à titre posthume élevé au rang de « Grand dignitaire de rang supérieur, duc fondateur du district de Linhe »[3].
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La carrière de Xue Daoheng illustre à la fois les complexités politiques et la vitalité culturelle de son époque. Son héritage de grand homme d’État et de poète continue d’être célébré dans l’histoire de la Chine. Et son vers « 空梁落燕泥 » (Sur la poutre vide tombe la boue des hirondelles) tiré du poème Chant des nuits (voir plus bas) est célèbre et encore connu aujourd’hui.
Poésie
Xue Daoheng a activement exploré et fusionné les qualités des poésies du Nord et du Sud, apportant une contribution indélébile au développement de la poésie sous la dynastie Sui[9]. Les contemporains de Zue Daoheng le louent comme « maître de la littérature d’une génération »[6]; le contenu de ses poèmes est profond et sinueux, souvent innovant. Il est aussi célèbre que Lu Sidao(en) et, parmi les poètes de la dynastie Sui, il atteint les plus hauts niveaux artistiques[10].
Oeuvres
Xue Daoheng avait une collection de 30 volumes qui a été perdue. Aujourd’hui, il ne reste qu’un volume: ses œuvres ont été compilées par des érudits de la dynastie Ming en Œuvres complètes de Xue le censeur en chef.
Poèmes
Chant des nuits (昔昔盐)
Chinois
垂柳覆金堤,
蘼芜叶复齐.
水溢芙蓉沼,
花飞桃李蹊.
采桑秦氏女,
织锦窦家妻.
关山别荡子,
风月守空闺.
恒敛千金笑,
长垂双玉啼.
盘龙随镜隐,
彩凤逐帷低.
飞魂同夜鹊,
倦寝忆晨鸡.
暗牖悬蛛网,
空梁落燕泥.
前年过代北,
今岁往辽西.
一去无消息,
那能惜马蹄?
Traduction libre
Les saules tombants couvrent la digue dorée,
Les feuilles de miwu repoussent en rangs serrés.
L’eau déborde du marais de lotus,
Les fleurs s’envolent sur les sentiers de pêchers et de pruniers.
La jeune fille de la famille Qin cueille les mûriers,
L’épouse de la famille Dou tisse le brocart
Aux monts de la frontière, elle quitte le voyageur errant,
Nuit de vent et de lune, elle garde seule la chambre déserte.
Toujours retient-elle son sourire valant mille pièces d’or,
Longuement coulent ses larmes de jade.
Le dragon enroulé se cache avec le miroir,
Le phénix coloré flotte sur les rideaux tirés.
Son âme s’envole comme la pie de nuit,
Lassée de son sommeil, elle espère le chant du coq.
À la fenêtre sombre pendent des toiles d’araignée,
Sur la poutre vide tombe la boue des hirondelles.
Il y a deux ans, il passa au nord de Dai,
Cette année, il est parti vers l’ouest du Liaodong.
Parti, il n’envoie plus aucune nouvelle,
Pourquoi ménager les sabots du cheval et ne revient-il pas?
Sortir à la frontière (出塞) (extrait)
Poème de frontière.
Chinois
寒夜哀笛曲,
霜天断鴈声。
连旗下鹿塞,
叠鼓向龙庭。
Traduction libre
Dans la nuit glacée, une flûte pleure une mélodie,
Dans le ciel givré, le cri des oies déchirées se perd.
Les bannières s’abattent sur le col de Lu,
Les tambours se superposent en marchant vers la cour des Xiongnu.[note 7]
Notes et références
Notes
↑Ministre célèbre de l’État de Zheng pendant la période des Printemps et Automnes, de VIIe–Vesiècleav. J.-C.
↑Les Xiongnu sont une confédération de peuples nomades venue de l’actuelle Mongolie, nomadisant dans les steppes entre le lac Baïkal et la Chine du Nord.
Références
↑Plusieurs auteurs sous la direction de Rémi Mathieu, Anthologie de la poésie chinoise, Lonrai, Gallimard, coll.«La Pléiade», , 1547p., p.1278
12(zh) comité d’érudits sous la direction de Wu Gang (吳鋼) commandé par l’empereur Jiaqing (嘉庆), 钦定全唐文 (Anthologie complète des écrits de la dynastie Tang, édition impériale), vol.96, notice funéraire de Xue Zhen, petit-fils de Xue Haodeng, Shaanxi, v. 1814
↑(zh) 谢雨霏 (Xie Yufei), «卢思道与薛道衡诗歌比较研究 (Étude comparative de la poésie de Lu Sidao et Xue Daoheng)», Journal de l’Université de l’Ouest de l’Anhui, no3, 2-21, p.87
↑(zh) 游国恩 (You Guoen) et al., 中国文学史 (Histoire de la littérature chinoise), Pékin, Éditions de la littérature du peuple,