Poésie de frontière (Chine)
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avec apogée sous les Tang
| Poésie de frontière | |
| Période | dans cet article : du IXe siècle av. J.-C. au Xe siècle, avec apogée sous les Tang |
|---|---|
| Aire de diffusion | Chine |
| Origines | début « officiel » sous les Han (-202 à 220) |
| Caractéristiques | important genre poétique chinois sous les Tang |
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Note : Ne doit pas être confondue avec les poésies de frontière d’autres pays. Cet article traite exclusivement de la poésie de frontière de la Chine jusqu’à la dynastie Tang.
La poésie de frontière (chinois : 边塞诗 ; chinois traditionnel : 邊塞詩 ; pinyin : ; Wade : pien-sai shih) chinoise est un genre poétique qui prend pour thème la vie des soldats et des populations civiles dans les régions frontalières ainsi que les paysages naturels frontaliers. Ce genre qui a des racines dans la période pré-Qin, prend sa forme sous la dynastie Han, se développe largement sous la dynastie Sui pour connaître son apogée sous la dynastie Tang[1].
Période pré-Qin (avant -221), les racines
Le mot frontière désigne en fait les régions frontalières, et on peut dire qu’elle apparaît en même temps que l’émergence de l’État. À travers la délimitation des frontières de leur dynastie et l’envoi de troupes pour garder les régions frontalières, les souverains successifs visent essentiellement à « repousser les barbares ».

La représentation littéraire de ces guerres et de cette vie frontalière se manifeste précisément dans les poèmes de frontière du Classique des vers (Shijing 诗经). Ces poèmes produits à l’époque pré-Qin appartiennent à la période initiale de la poésie de frontière. Bien que ces poèmes de frontière primitifs ne soient pas encore pleinement développés, ils montrent déjà leurs caractéristiques propres et ont eu une influence profonde sur le développement des poèmes de frontière des générations suivantes[2].
Auteur anonyme, tiré du Classique des vers, section Petite ode
(采薇) (extrait)
| Chinois
王事靡盬,不遑启处。 |
Traduction libre
Les affaires du roi ne connaissent pas de fin, je n’ai ni repos ni repos assis. |
Période des Qin, Han et des Six Dynasties (de -221 à 618)
Sous les Han, les frontières de la Chine sont peuplées de tribus nomades dont les cultures et les modes de vie étaient méconnus et considérés comme inférieurs par de nombreuses personnes s’identifiant comme Chinois Han[3]. On considère généralement que la poésie de frontière se développe à l’origine pendant la dynastie Han (-206 à 220) et celle des Six Dynasties[note 1] de (220 à 618) et qu’elle prend spécialement forme sous la dynastie Sui (581 à 618)[1]. Les thèmes frontaliers sont assez répandus et ils reflètent les difficultés des guerres frontalières et la douleur du mal du pays des soldats ainsi que la tristesse des épouses restées à la maison. Les poèmes utilisent à la fois la forme des chansons longues et celle des poèmes courts en vers réglementés.
Poème de Bao Zhao (v 414-466)
(代边居行) (extrait)
| Chinois
边地无高木 |
Traduction libre
À la frontière, point de grands arbres, |
Poème de Xue Daoheng (540 – 609)
(出塞) (extrait)
| Chinois
寒夜哀笛曲, |
Traduction libre
Dans la nuit glacée, une flûte pleure une mélodie, |
Période de la dynastie Tang (618-907)
La poésie des frontières est un thème majeur de la poésie Tang. Dès le début de cette dynastie jusqu’à l’apogée de l’ère Kaiyuan (v. 715), les incursions des minorités aux frontières contre la Chine centrale continuent et la cour doit envoyer fréquemment des armées pour repousser les ennemis. Dans l’armée, en plus des officiers militaires qui conduisent les combats, il faut aussi des fonctionnaires civils pour gérer les documents et affaires administratives[4]. Ainsi, un grand nombre de lettrés abandonnent les études pour servir dans l’armée et chercher la gloire aux frontières en participant aux campagnes, et c’est ce qui explique la prospérité de la poésie des frontières qui atteint son apogée pendant le haut Tang (713 – 766)[5],[2]. D’une part, cette prospérité s’explique par la puissance des défenses frontalières et l’esprit confiant de l’époque ; d’autre part, par l’ambition des lettrés à réaliser des exploits et se construire une carrière, et la stimulation du système d’entrée au bureau impérial qui encourage les lettrés à rejoindre l’armée[3]. Les conditions de vie des soldats résultant d’une expansion territoriale deviennent un thème extrêmement populaire[note 3],[1],[5].
Poème de Cen Shen (715-770)
(走马川行奉送出师西征) (extrait)
| Chinois
半夜军行戈相拨. |
Traduction libre
Au milieu de la nuit, l’armée marche, les hallebardes s’entrechoquent. |
Poème de Li Bai (702-762)
(关山月) (extrait)
| Chinois
由来征战地 |
Traduction libre
Depuis toujours, ces terres sont des champs de bataille, |
Poème de Wang Wei (701-761)
(使至塞上)
| Chinois
单车欲问边, |
Traduction libre
Avec un char unique, en mission vers la frontière, |
Poème de Wang Han (687-735)
(凉州词)
| Chinois
葡萄美酒夜光杯, |
Traduction libre
Du vin de raisin exquis dans une coupe scintillante dans la nuit, |

L’avènement de la révolte d'An Lushan (755-763) met un terme à l’hégémonie de la dynastie Tang et marque un tournant dans l’histoire de ces poèmes. D’une part, le nombre de poèmes de frontière connaît une diminution drastique. D’autre part, après la révolte d’An Lushan, les poètes de frontière comme Zhang Ji (张籍) (v. 712-779) ou Li Yi (李颀) (748-829) mettent en relief les soldats réguliers, plutôt que les grands chefs invincibles de l’âge d’or[1].
Il faut noter qu’après les Tang, de nombreux poèmes de frontière ont également été produits, mais ils ne sont pas traités ici.