Yakovlev Yak-130

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Le Yakovlev Yak-130 (en russe : « Яковлева Як-130 », code OTAN Mitten) est un avion d'entraînement avancé russe. Il est prévu pour remplacer les Aero L-29 Delfin et L-39 Albatros.

RôleAvion d'entraînement, de reconnaissance et d'appui-feu
StatutEn service
Faits en bref Constructeur, Rôle ...
Yakovlev Yak-130
Vue de l'avion.
Un Yak-130 en 2012.

Constructeur Yakovlev
Rôle Avion d'entraînement, de reconnaissance et d'appui-feu
Statut En service
Premier vol
Équipage
2
Motorisation
Moteur Ivtchenko-Progress AI-222
Nombre 2
Type Turboréacteur
Poussée unitaire 2 500 kgp
Dimensions
vue en plan de l’avion
Envergure 10,40 m
Longueur 11,49 m
Hauteur 4,76 m
Surface alaire 23,52 m2
Masses
À vide 4 600 kg
Maximale 9 000 kg
Performances
Vitesse maximale 1 050 km/h
Rayon d'action 2 220 km
Facteur de charge -3/+8 g
Armement
Externe t de charges externes
Fermer

La qualification en tant qu'avion d'entraînement avancé eut lieu en , celle d'entraînement au combat en 2009.

Conception

Au début des années 1990, cinq bureaux d'études russes ont soumis des projets d'avion biplace capable d'effectuer aussi bien des missions de chasse légère, d'appui feu, de reconnaissance que d'entraînement. Parmi ces projets, deux sortent du lot le MiG-AT de Mikoyan-Gourevitch et le Yak-130 de Yakovlev, initialement nommé Yak-UTS. Celui-ci fut présenté à la presse le . Cependant, il n'effectua son premier vol que le sur la base de Joukovski. Il rejoignit ensuite l'Italie à l'été 1997, il était prévu que l'avion soit assemblé par Aermacchi sous la désignation Yak/AEM-130.

Trois prototypes furent construits pour la qualification de l'appareil. La qualification préliminaire permettant son utilisation par l'armée de l'air russe en tant qu'avion d'entraînement avancé fut attribuée en par le centre d'essai en vol Glitz, à Akhtubinsk. La qualification pour l'entraînement au combat n'est pas attendue avant 2009. La phase d'homologation a en fait pris six mois de retard à cause du crash du troisième prototype le .

Cette première qualification permet le lancement de la production des douze premiers exemplaires de série. Le , le premier des douze appareils destinés aux forces aériennes russes a effectué son premier vol. Il devrait entrer en service en juin[1]. À terme, ils devraient être affectés à la base d'entraînement de Kachinskoye.

Le prototype était propulsé par des Klimov RD-35M mais les avions de série sont équipés d'AI-222, conçus par le bureau d'étude ukrainien Ivtchenko-Progress mais fabriqués en Russie par FGUP Salut[2].

En 1998, les espoirs visaient la fabrication de 1 300 appareils d'entraînement et de 770 pour l'appui feu.

Description

Le Yak-130 est un avion biréacteur à ailes médianes en flèche. Il est doté d'un train d'atterrissage tricycle et d'un cockpit en tandem. Il est équipé de trois points d'emport externes sous chaque aile.

Il possède deux écrans multifonctions (trois à l'export), un système GLONASS (l'équivalent russe du GPS) et son système permet de simuler toutes les armes en service en Russie. Il est capable de simuler les caractéristiques de chasseurs modernes, y compris de 5e génération. La cellule peut encaisser entre +8G et -3G. L'appareil peut opérer à partir de terrains mal ou peu préparés, et voler à un angle d'incidence supérieur à 42°.

Le Yak-130 dispose de 9 points d'emport, dont 3 sous chaque aile, pour une charge de 3 000 kg. Il possède un radar Osa développé par Zhukovsky, capable de suivre huit cibles et d'en prendre à partie quatre. Il peut être équipé du radar Kopyo à la place. Il emporte des leurres, un détecteur d'alerte radar et un brouilleur. Une nacelle de guidage Platan peut être montée, et il peut employer des missiles air-air Vikhr, R-73, AIM-9L, Magic 2, ou air-sol Kh-25ML, AGM-65 ; des bombes de 50, 250 kg ou à sous-munitions ; des roquettes B-8M ou B-18 ; une nacelle pour canon GsH-23 ou un canon GsH-301.

Utilisateurs

En date de , neuf pays en possèdent :

  • Drapeau de l'Algérie Algérie : 16 Yak-130UBS (Usuel Biplace Strike) livrés[3].
Formation de Yak-130 de l'Armée de l'air du Bangladesh le .
  • Drapeau du Bangladesh Bangladesh : 14 exemplaires ont été commandés à la fin de l'année avec une option sur 10 appareils supplémentaires[4],[5]. Les six premiers appareils ont été livrés en [6],[7]. Un lot de cinq exemplaires a ensuite été livré en puis un dernier lot de cinq appareils au début de l'année 2016[8]. Le contrat de 800 millions de dollars est financé grâce à un crédit du Kremlin sur la base de garanties souveraines pour un montant total d'un milliard de dollars[4],[7]. Ils remplacent les avions-écoles Aero L-39 Albatros.
  • Drapeau de la Biélorussie Biélorussie : Un premier contrat d'acquisition de quatre appareils (no 71 à 74) est signé en [9] pour une livraison en [10]. Un second lot de quatre avions (no 75 à 78), commandé en [11] a été réceptionné en [12]. Un troisième lot de quatre appareils a été livré en portant le nombre total à 12 exemplaires[13]. Ils remplacent les avions-écoles Aero L-39C Albatros mais seraient aussi utilisés pour les frappes de précision en l'absence d'alternative dans la Force aérienne et de défense aérienne de la République de Biélorussie[12].
  • Drapeau de la Birmanie Birmanie : 12 exemplaires commandés en dont 3 livrés en (no 1801 à 1803)[14], complétés par un second lot en [15],[16] (no 1804 à 1806) et un troisième à la fin de l'année 2018 (no 1807 et 1808)[17]. Une commande supplémentaire de six appareils est livrée en [18]. Bien que destinés initialement aux entraînements, les appareils soient destinés à des missions d'attaques au sol en remplacement des Nanchang Q-5 et des Shenyang J-6 impliqués dans le conflit dans l'État d'Arakan[18].
  • Drapeau de l'Éthiopie Éthiopie : La Force aérienne éthiopienne, selon des sources ouvertes, commande dix d'avions dont les trois premiers sont livrés en 2025[19].
  • Drapeau de l'Iran Iran : La Force aérienne de la République islamique d'Iran a montré son intérêt pour l'achat d'avion d’entraînement Yak-130 en 2016[20]. Les deux premiers exemplaires livrés sont dévoilés le [21]. En , des Yak-130 sont utilisés pour abattre des drones[22]. Le , au cinquième jour du conflit américano-israélo-iranien, un Yak-130 iranien est abattu au-dessus de Téhéran par un chasseur F-35I « Adir » israélien[23].
  • Drapeau du Laos Laos : 10 exemplaires seraient commandés[24]. Les quatre premiers exemplaires (no 44 à 46 et un 4e numéro)[17] ont été réceptionnés à la fin de 2018 par la Force aérienne de l'Armée de libération populaire du Laos à la suite d'un contrat signé en 2017[25]. Ils sont stationnés sur l’aérodrome militaire de Vientiane et sont destinés à l’entraînement des pilotes. Un second lot d'au moins 2 exemplaires a été livré en [24].
  • Drapeau de la Russie Russie : En , 62 appareils ont été commandés (sans compter les trois prototypes) mais le besoin exprimé est de l'ordre de 300 appareils[26], 30 nouveaux avions ont été commandés en 2016 pour une livraison annoncée à la fin de l'année 2018[27]. Par ailleurs, 12 appareils sont utilisés par une nouvelle patrouille acrobatique russe, dénommée Krylia Tavridy (Ailes de la Tauride) en l'honneur de la Crimée[28]. Les appareils sont stationnés au centre de formation des pilotes Tchkalov de Borissoglebsk (oblast de Voronej)[29],[30],[31]. Cependant les appareils souffrent d'une faible disponibilité puisque seulement 40 % sont aptes aux vols. Les mécaniciens ne seraient pas suffisamment formés pour les entretenir[32].
  • Drapeau de la Syrie Syrie : Commande avortée. 36 exemplaires ont été commandés pour un montant de 550 millions de dollars en [33]. À la suite de la réception d'un premier acompte de 100 millions de dollars en , 9 exemplaires devraient être livrés d'ici la fin 2014, puis 12 en 2015 et 15 en 2016[34] mais en 2019 aucun n'était livré[35] et la chute du régime Assad en annule de fait cette commande.
  • Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Vietnam : La Force aérienne populaire vietnamienne qui cherche à remplacer ses Aero L-39 Albatros pour former ses pilotes avant leur passage sur les Sukhoi Su-30MK2 commande douze Yak-130 pour 350 millions de dollars fin 2019[36].

Clients potentiels

Échec

Accidents

Le Yak-130 souffrirait d'une mauvaise réputation au sein de l'Armée de l'air russe en raison de plusieurs crashs ayant entraîné un arrêt temporaire des livraisons d’appareils[40].

  • Le , un Yak-130 de l'Armée de l'air du Bangladesh s'écrase vers 14 h 15 dans le district de Chittagong au cours d'une mission d’entraînement[41]. Les deux pilotes ont pu s’éjecter de l'appareil.
  • Le , un Yak-130 no 49 de l'Armée de l'air russe (numéro de construction 130.11.01-1019) s'écrase près de la ville de Borissoglebsk dans l'oblast de Voronej[42],[43]. Les deux pilotes ont pu s’éjecter de l'appareil.
  • Le , deux Yak-130 de l'Armée de l'air du Bangladesh s'écrasent après une collision dans le district de Cox's Bazar lors d'une mission d’entraînement[44]. La collision (18 h 30) a eu lieu peu après leur décollage (17 h 55) de la base aérienne de Zahurul Haque. Les quatre aviateurs ont pu s'éjecter avant la collision et ne souffrent que de blessures légères[8].
  • Le , un Yak-130 de l'Armée de l'air russe s'écrase vers 9 h 40 près de la ville de Borissoglebsk dans l'oblast de Voronej[42]. L’appareil a connu des problèmes de motorisation obligeant les deux pilotes à s'éjecter[40].
  • Le , un Yak-130 de la Force aérienne et de défense aérienne de la République de Biélorussie s'écrase vers 13 h 30 dans la ville de Baranavitchy causant des dommages mineurs à une maison de la ville. Les deux pilotes ont réussi à s'éjecter mais sont morts[45].
  • Le , un Yak-130 de l'Armée de l'air du Bangladesh percute la piste pendant une séance de voltige avant de reprendre son vol, son réacteur prend feu et il s'écrase dans le fleuve Borgang au sud de la ville de Chittagong. Les pilotes se sont éjectés[46]. Un est mort de ses blessures[47].
  • Le , un Yak-130 de le la force populaire aérienne du Vietnam, appartenant au 940e régiment aérien de l'École des officiers de l'Armée de l'air (Service de défense aérienne) s'est écrasé dans une zone montagneuse de la province centrale de Dak Lak, lors d'une mission d'entraînement programmée. En vol, à 7 h 44, l'avion a rencontré une panne technique et le contact a été perdu. Malgré ses efforts pour résoudre le problème, le pilote n'a pas réussi à reprendre le contrôle et s'est éjecté avec succès. Le pilote, blessé, a pu s'en sortir.

Notes et références

Sources

Voir aussi

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