Yamabushi
ascètes montagnards japonais
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Historique
Les yamabushi commencèrent en tant que yamahoshi, de petits groupes, voire des individus isolés, d'ermites des montagnes, d'ascètes, et de « saints hommes », qui suivaient la voie du shugendō, dans une recherche de pouvoirs spirituels, mystiques ou surnaturels, censés être gagnés grâce à l'ascétisme. Cette voie aurait été fondée par En no Gyōja[1], anachorète que le folklore japonais dote de pouvoirs de thaumaturge, dont l'existence réelle est contestée par certains universitaires, mais reconnue par tous les yamabushi modernes au Japon. Selon la légende, rapportée notamment dans le Nihon ryōiki (IXe siècle), En no Gyōja vivait au mont Katsuragi, dans la province de Yamato, où il aurait appris les formules magiques de la divinité tutélaire bouddhique Kujaku Myōō (le « roi de sagesse paon »), utilisant ses pouvoirs pour ordonner à des démons familiers de construire un pont reliant le Katsuragi au mont voisin, le Kinpusen, un acte qui aurait provoqué la colère du kami Hitokotonushi. Calomnié par ce dernier auprès de la cour, En no Gyōja fut exilé sur les îles d'Izu, où il se serait métamorphosé en mage des montagnes, volant jusqu'au royaume coréen de Silla, où il aurait rencontré le moine japonais Dōshō, fondateur à son retour au Japon de l'école bouddhique Hossō[3].
Après la période Kamakura, à mesure que leur nombre augmentait, ils s'organisèrent. Les deux temples célèbres qui les ont organisés sont l'école Honzan de Tendai et l'école Tōzan de Shingon. Mais il y avait beaucoup de yamabushi qui étaient indépendants de ces organisations[4].
Les yamabushi sont des ascètes montagnards, pas des moines combattants. Ils suivent la voie du Shugendō, un syncrétisme du bouddhisme et du shintoïsme avec des éléments taoïstes et diverses autres influences[5].

On trouve encore de véritables yamabushi, dont des Français : les sōgi-yamabushi Hōin Kūban Jakkōin, Kenrō et Kenjaku qui pratiquent dans les Alpes françaises[réf. nécessaire].
Tenue
La tenue du yamabushi s'apparente à celle des chamanes de Sibérie[1]. Elle comporte un pectoral, le yuigesa avec six pompons (de couleur différentes suivant le rang du pratiquant), une veste (suzakake), un pantalon large serré au chevilles (hakama), des protège-tibia (kyahan), des sandales (à l'origine en paille de riz) appelées waraji, et une petite coiffe noire cylindrique appelée tokin portée sur le front. Ils utilisent comme trompe une conque (horagai)[5],[1].

