L’année de naissance de Yin Wengui est inconnue. Il a comme prénom de courtoisie Biaoru, comme petit nom Guilang, et selon une source, il est aussi appelé Ju[1]vol. 118. Dans sa jeunesse, il réside sur le mont Jiuhua — une des quatre montagnes sacrées bouddhiques de Chine — où il étudie avec diligence, utilisant ses pierres à encre jusqu’à ce qu’elles soient percées au fond[2]vol. 707. Il étudie avec des poètes comme Du Xunhe et Gu Yun avec qui il entretient des relations[3].
La cinquième année de l’ère Qianning, en 898, il est recommandé par le prince Dongping, Zhu Quanzhong[note 1],[4] et obtient le titre académique de jinshi[5], et l’examinateur en chef est Pei Zhi, un allié de Zhu Quanzhong.
Peu de temps après avoir reçu son diplôme, Yin Wengui est nommé juge des proclamations auprès de Pei Shu (chancelier en 901, 903–905)[5],[2]vol. 707.
Par la suite, Yin rompt clairement avec Zhu Quanzhong, démissionne rapidement et retourne dans le sud. Zhu Quanzhong entre dans une grande colère, donne l’ordre de pourchasser Yin Wengui sans y parvenir, et il dit souvent aux gens:
invoquant à chaque fois l’affaire de Wengui comme preuve[6],[5].
Après son retour dans le sud, Yin Wengui entre au service du général militaire Tian Jun, et selon le Nouveau livre des Tang, dans la biographie de Tian Jun, il est dit[7]vol. 189:
«Il (Yan Jun) accueillait bien les érudits ; des hommes comme… Yin Wengui… étaient tous ses invités de marque. Yin Wengui avait une belle réputation… Tian Jun possédait des terres et des maisons, accueillit la mère de Yin Wengui et le traita comme un neveu[note 3].»
La troisième année de l’ère Tianfu (903), Tian Jun est vaincu par Yang Xingmi(en). Après cette défaite, Yin Wengui se rend au royaume de Wu pour rejoindre Yang Xingmi gouverneur militaire de Huainan et il devient son secrétaire en chef[8],[2]vol. 707. Après la mort de Yang Xingmi, Yin Wengui rédige l’épitaphe de sa tombe[5].
La première année de l’ère Wu, en 919[9], soit douze ans après la chute des Tang, le fils de Yang Xingmi, Yang Longyan, monte sur le trône du royaume de Wu, change l’ère en Wuyi, et nomme Yin Wengui académicien d’Hanlin[8],[5]. Yin Wengui termine sa carrière comme général du Garde impérial gauche des Mille Bœufs[2]vol. 707,[10].
* * *
Le fils de Yin Wengui, Yin Chongyi, servit les Tang du Sud et se fit lui aussi un nom par la poésie et la prose[8].
Poésie
Yin Wengui sait composer des poèmes et ses écrits étaient très abondants. La plupart des œuvres de Yin Wengui sont perdues aujourd’hui.
Oeuvres
全唐詩 (Intégrale de la poésie des Tang): cette anthologie comprend environ trente poèmes de Yin Wengui[2]vol. 707 .
Poème
La nuit du quinzième jour du huitième mois (八月十五夜)
—Traduction libre
Un ciel sans un nuage reflète les neuf provinces comme un miroir; la nuit la plus propice aux retrouvailles, c’est la Mi Automne. Sur mes habits, la clarté glacée glisse sans se détacher; partout, la clarté liquide de la lune semble prête à se répandre. L'ombre du mont Hua est froide sous la paume de rosée pure; aux portes de la mer, le vent se lève, blanchissant la crête des marées. Parce que tu éclaires la sincérité de mon cœur, tu apaises, pour une nuit, la mélancolie d'un homme chagrin.
Notes et références
Notes
↑Zhu Quanzhong: nom personnel Zhu Quanzhong (朱全忠) (852–912), né Zhu Wen (猪瘟), nom ensuite changé en Zhu Huang (猪晃), surnom Zhu San (猪三, littéralement, « le troisième Zhu »), était gouverneur militaire de la fin de la dynastie Tang qui usurpa le trône du dernier empereur de la dynastie Tang Zhaozong et se proclama premier empereur de la dynastie Liang postérieurs en 907.
↑Traduction libre de: «善遇士,若…、、殷文圭、…皆為上客. 文圭有美名,…頵置田宅,迎其母,以甥事之.»
Références
↑(zh) Xue Juzheng (薛居正), avec la collaboration de plusieurs lettrés de la cour des Song (dynastie Song du Nord, sous le règne de Taizu), Ancienne histoire des Cinq Dynasties (舊五代史),
↑(zh) 计有功 (Jì Yǒugōng), 唐诗纪事 (Chroniques de la poésie des Tang), Éditions du peuple du Henan, 1224 (dynastie song du sud)
↑(en) «Zhu Wen», Britannica Editors, (consulté le )
12345(zh) «殷文圭», sur Chinese Text Project, Ctext.org (consulté le )
↑(zh) 吳任臣 (Wu Renchen), dynastie Qing, 十國春秋 (Chroniques des Dix Royaumes, 907–979) 114 rouleaux, vers 1669, rééd. moderne en 2010 par Pékin: Zhonghua Shuju (Maison d’édition Zhonghua), collationnée par Xu Minxia (徐敏霞) et Zhou Ying (周瑩)
↑(zh) Ouyang Xiu, Song Qi et d’autres (dynastie Song du Nord), 新唐書 (新唐书) (Nouveau livre des Tang),
123(zh) «殷文圭», sur Baike.baidu, Pékin, (consulté le )
↑(zh) 鄭文寶 (Zheng Wenbao, ancien ministre du royaume Tang du Sud), 江南餘載 (Chroniques supplémentaires sur le Jiangnan), période de la dynastie song (960-1279), note: texte historique anecdotique
↑(zh) 汤华泉 (Tang Huaquan), 唐宋文學文獻研究叢稿 (Recueil de recherches sur les documents littéraires des Tang et Song), Université de l’Anhui, , p.326-329