Yonten Gyatso (tibétologue)
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ཡོན་ཏན་རྒྱ་མཚོ། |
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Yonten Gyatso (tibétain : ཡོན་ཏན་རྒྱ་མཚོ, Wylie : yon tan rgya mtsho), aussi appelé Domépa Yonten Gyatso (tibétain : མདོ་སྨད་པ་ཡོན་ཏན་རྒྱ་མཚོ, Wylie : mdo smad pa yon tan rgya mtsho), né le à Khosateng dans la région de Nangra (Xian de Jainca) en Amdo et mort le 13 février 2002 à Paris[1] est un tibétologue tibétain spécialiste en histoire du Tibet et en philosophie bouddhiste chercheur au Centre national de la recherche scientifique.
Yonten Gyatso est né dans le village de Khosateng dans la région de Nangra en Amdo dans l'actuel district de Chentsa de la préfecture autonome tibétaine de Huangnan dans la province du Qinghai[2].
En 1941, il entre au monastère de Lamo Dechen, proche de son village natal, où il reçoit la formation de moine gelugpa. De 1950 à 1956, il complète sa formation en philosophie bouddhiste au Labrang Tashi Khyil. Puis il rejoint l'université monastique de Drépung, au collège de Gomang, près de Lhassa, où il fait des études supérieures de philosophie (logique, métaphysique, épistémologie) de 1956 à 1959, devenant un disciple proche de Trijang Rinpoché, Lobzang Yeshe Tenzin Gyatso, et passe les examens de geshe[2].
En 1959, il s'exile en Inde, suivant le dalaï-lama. Il enseigne la philosophie et la métaphysique bouddhique jusqu'en 1954 au camp de réfugiés de Buxa Duar qui comptait près de 1 200 moines des trois grandes universités du Tibet central[2].
En 1965, il rejoint une communauté de moines tibétains fondée dans l'Yonne en France. Trois ans plus tard, il s'installe à Paris et collabore aux recherches d'Ariane Spanien-Macdonald, puis d'Anne-Marie Blondeau, à l'École pratique des hautes études (EPHE), où de 1977 à 1980 il est assistant-associé à la Ve section Religions tibétaines. Il est à la fois enseignant et chercheur. De 1973 à 1974, il est lecteur de tibétain à l'INALCO remplaçant de Jhampa Gyatso, nom de Dagpo Rinpotché, et de 1974 à 1975, il remplace Rolf Stein à l'EPHE. Il consacre notamment un cours au tsö (tibétain : རྩོད, Wylie : rtsod, signifiant disputation théologique). De 1987 à 1988, il enseigne à l'université de l'Indiana à Bloomington et dans d'autres centres en France et à l'étranger. En 1988[3] Yonten Gyatso entre au Centre national de la recherche scientifique et intègre l'équipe « Langues et cultures de l'aire tibétaine » d'Anne-Marie Blondeau au sein du Centre de recherche sur les civilisations de l'Asie orientale[2].
Yonten Gyatso, et Aliette Lemaire sa compagne, fondent en décembre 1998 l'association Khosateng qui aide les Tibétains de la province du Qinghai, ancienne province de l'Amdo. L'Association construira une école de 300 enfants, dans son village natal de Khosateng, où il est retourné en 1997, puis chaque année jusqu'à son décès. En raison de difficultés à se rendre au Tibet, l'association a étendu par la suite ses actions aux Tibétains réfugiés en Inde et au Népal. Après son décès, l'association, présidée par Aliette Lemaire, a construit un stupa en son honneur et lui rend hommage en poursuivant ses activités[4].
Accueil critique
Pour Dagpo Rinpotché, Yonten Gyatso un « remarquable philosophe et l'un des meilleurs historiens du Tibet, notamment de l'époque contemporaine »[5].
Hommage
Un livre (2010) Édition, éditions : l'écrit au Tibet, évolution et devenir, sous la direction d'Anne Chayet, Cristina Scherrer-Schaub, Françoise Robin et Jean-Luc Achard a été publié en son hommage en 2010[6].