Yoshihiro Katayama

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Premier ministreNaoto Kan
PrédécesseurKazuhiro Haraguchi
SuccesseurTatsuo Kawabata
Yoshihiro Katayama
片山 善博
Illustration.
Yoshihiro Katayama en juillet 2006
Fonctions
9e ministre des Affaires intérieures et des Communications du Japon
Ministre d'État chargé de la Promotion de la Souveraineté locale et de la Revitalisation régionale

(11 mois et 16 jours)
Premier ministre Naoto Kan
Gouvernement 94e Cabinet du Japon
Prédécesseur Kazuhiro Haraguchi
Successeur Tatsuo Kawabata
6e Gouverneur de la préfecture de Tottori

(7 ans, 11 mois et 30 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Yūji Nishio
Successeur Shinji Hirai
Biographie
Nom de naissance 片山 善博 Katayama Yoshihiro
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Seto (actuelle Okayama)
Okayama (Japon)
Nationalité Japonaise
Parti politique Sans étiquette
Diplômé de Université de Tokyo
Profession Haut fonctionnaire, universitaire

Yoshihiro Katayama (片山 善博, Katayama Yoshihiro?) est un homme politique japonais, né le dans le bourg de Seto (district rural d'Akaiwa, aujourd'hui inclus dans l'arrondissement de Higashi de la ville d'Okayama) et la préfecture d'Okayama. Il se fait connaître nationalement pour sa politique réformatrice en tant que gouverneur de la préfecture de Tottori pendant deux mandats de 1999 à 2007. Bien que membre d'aucun parti, il est proche du Parti démocrate du Japon (PDJ) et est ministre des Affaires intérieures et des Communications ainsi que ministre d'État chargé de la Promotion de la Souveraineté locale et de la Revitalisation régionale du au , dans le 94e cabinet du Japon dirigé par Naoto Kan.

Sorti du lycée préfectoral Daian-ji à Okayama en mars 1970, il intègre ensuite l'université de Tokyo d'où il sort titulaire d'un Bachelor of Laws (法学士, Hōgakushi?) en mars 1973. Il intègre le mois suivant le ministère de l'Intérieur (自治省, Jichi-shō?). Durant toute sa carrière, il oscille entre des postes dans ce dernier et dans l'administration locale, tout particulièrement dans la préfecture de Tottori.

Ses premières responsabilités locales sont à Noshiro dans la préfecture d'Akita, où il est directeur de district pour l'Agence nationale des impôts pendant un an de juillet 1979 à juillet 1980. Il se rend ensuite dans la préfecture de Tottori où il est successivement directeur régional de 1980 à 1981, puis directeur de la division des finances locales du département de l'administration de la préfecture de 1981 à 1983. Plus tard, il y revient en tant que directeur général (équivalent de secrétaire général) de cette dernière de 1992 à 1995.

De retour à Tokyo de 1983 à 1992 puis de 1995 à 1998, il exerce des responsabilités à l'Agence nationale du Territoire (directeur adjoint de la division de la politique territoriale de 1983 à 1985) puis surtout au ministère de l'Intérieur (directeur adjoint de la division de la politique régionale de 1985 à 1987, puis secrétaire administratif du ministre de 1987 à 1988, suivi de directeur adjoint de la division des finances de 1988 à 1990, directeur aux relations internationales de 1990 à 1992, chef de la section de l'impôt sur la propriété de 1995 à 1998 et enfin de celle de la fiscalité préfectorale de janvier à décembre 1998). Il démissionne du ministère en décembre 1998, cela afin de pouvoir se présenter à l'élection du gouverneur de la préfecture de Tottori qui doit se tenir quatre mois plus tard.

Gouverneur de Tottori

Il est élu pour la première fois gouverneur de la préfecture de Tottori lors des élections locales unifiées du . Il l'emporte sur un programme réformateur et, bien qu'officiellement membre d'aucun parti, avec l'investiture de la plupart des grands partis (tant ceux de la majorité de centre-droit, à savoir le Parti libéral-démocrate, le Nouveau Kōmeitō et le Parti libéral, que ceux de l'opposition de centre-gauche que sont le Parti démocrate du Japon et le Parti social-démocrate). Il obtient 209 148 voix, soit 58,72 % des suffrages exprimés, contre 35,27 % à un autre indépendant, Kōtarō Tamura (futur membre de la Chambre des conseillers sous les couleurs du PLD) et 6,01 % au communiste Takayuki Iwanaga[1].

À la tête de la préfecture la moins peuplée du Japon, dépendant largement sur le plan économique des transferts financiers du gouvernement central, il s'attache à essayer de trouver de nouvelles sources de revenu en favorisant les échanges avec les autres pays asiatiques. Il poursuit ainsi les efforts entamés par son prédécesseur de rapprochement avec toutes les régions bordant le sud de la mer du Japon, et notamment de Corée du Nord. Ainsi, à l'occasion d'une visite programmée dans la province chinoise de Jilin, il effectue un détour le dans la zone économique spéciale de Rajin-Sŏnbong en Corée du Nord[2]. Il accueille en novembre 2000 dans sa préfecture le septième sommet pour les échanges internationaux et la coopération des gouvernements régionaux des pays bordant la mer du Japon, qui réunit chaque année depuis 1994 les autorités de la province chinoise de Jilin, celle sud-coréenne de Gangwon et le kraï russe du Primorie[3]. Il tente d'y faire venir des responsables nord-coréens, mais ceux-ci déclinent l'invitation[4]. Soucieux d'établir des relations pacifiques avec les pays de l'Asie-Pacifique, il s'oppose aux visites annuelles du Premier ministre Jun'ichirō Koizumi à partir de 2001 au controversé sanctuaire Yasukuni (où est honorée la mémoire de plusieurs criminels de guerre de classe A de la Seconde Guerre mondiale) qui ont provoqué à chaque fois des tensions avec la république populaire de Chine ou la Corée du Sud. Katayama déclare à ce sujet : « Le Japon a besoin d'envoyer un message comme quoi il ne répètera pas les folies du passé »[5]. Toujours dans une optique de développement économique, il promeut le développement du nombre de startup dans sa préfecture.

Mais surtout, il apparaît alors comme l'une des figures du groupe dit des « gouverneurs réformateurs », avec entre autres ses homologues Masayasu Kitagawa (préfecture de Mie), Yoshiko Shiotani (préfecture de Kumamoto), Akiko Domoto (préfecture de Chiba), Yasuo Tanaka (préfecture de Nagano), Hiroya Masuda (préfecture d'Iwate) ou encore Shirō Asano (préfecture de Miyagi). Ce groupe de dirigeants locaux se font alors connaître pour leur soutien à la décentralisation, à une réforme importante des services publics (et notamment sur leur libéralisation voire leur privatisation), à une communication plus transparente des collectivités et à une lutte drastique contre les gaspillages surtout représentés selon eux par la pratique traditionnelle de financement public de grands travaux jugés coûteux et imposés par Tokyo. Il s'engage ainsi régulièrement dans de véritable bras de fer avec l'administration centrale qu'il juge trop autoritaire à l'égard des collectivités locales, trop opaque et trop bureaucratique. L'un de ses coups d'éclat les plus célèbres, bien que n'ayant eu que peu de conséquence, est de menacer en juin 2003 de faire boycotter par la préfecture les produits de la firme Toshiba afin de punir le dirigeant de cette dernière, Taizo Nishimuro, qu'il accuse de présider de manière « anti-démocratique » le Conseil à la réforme de la décentralisation à la tête duquel il a été placé par le gouvernement de Jun'ichirō Koizumi. Il critique notamment le rapport présenté par ce Conseil, qui recommande une réduction des subventions du gouvernement central aux collectivités sans pour autant prévoir un transfert de compétence supplémentaire en matière fiscale pour compenser cette baisse de revenu. Car si Katayama défend bien l'idée que les gouvernements locaux soient moins dépendants des transferts financiers de la capitale qui, selon lui, empêchent toute décentralisation, il demande que les préfectures puissent gérer d'eux-mêmes de nouveaux revenus par l'impôt. Finalement, il abandonne sa menace et finit par soutenir la réforme de décentralisation présentée par Koizumi à la fin du mois de juin 2003, qui prévoit de couper les subventions d'environ 4 billions de yens d'ici 2006 mais en retour d'accorder aux gouvernements locaux de collecter des taxes à un niveau oscillant entre 80 et 100 % du manque à gagner occasionné par cette réduction. Il se dit toutefois déçu que le plan gouvernemental n'aille pas plus loin dans la modification du système des subventions fiscales (part des impôts récoltés par l'État réparti entre les collectivités) qui, d'après lui, est, tel qu'il existe, trop utilisé pour financer des grands travaux jugés inutiles[6].

Sa politique lui attire une importante popularité et un soutien quasi unanime de la classe politique locale. Il décide de se représenter à un second mandat lors des élections locales unifiées du . Contrairement à 1999, il refuse cette fois toute investiture officielle, mais dans les faits tous les partis le soutiennent et même le PCJ renonce à avancer un candidat face à lui, ce qui en fait le premier gouverneur réélu sans aucune opposition depuis 1982[7]. Lors de son second mandat, il fait une nouvelle fois la une de l'actualité nationale en ayant constitué un comité de vingt-six personnes issues de la société civile et d'avoir fait voter par l'Assemblée préfectorale, à la quasi-unanimité, le une « Ordonnance pour la promotion et la procédure de la restitution pour des violations aux droits de l'homme » issue des recommandations de ce comité. Ce texte, pour la première fois au Japon, interdit formellement et prévoit la punition de toute forme de discrimination, tout particulièrement celle liée à l'origine ethnique, avec notamment un Comité de cinq membres nommés et dépendant de la responsabilité du gouverneur chargé de gérer les conflits en la matière, mais aussi d'enquêter, de demander des auditions, de demander des compensations pour les victimes, de confier certaines affaires aux cours de justice et de punir les contrevenants d'amendes. Cependant, devant une levée de boucliers dans les médias et la classe politique à travers tous le pays devant une législation locale dont le vote est jugé rapide, arbitraire voire à la limite de l'anti-constitutionnalité, un deuxième vote a lieu à l'Assemblée préfectorale le et cette fois l'ordonnance est suspendue jusqu'à nouvel ordre[8]. Il décide de ne pas se représenter à un troisième mandat en 2007.

Un universitaire se rapprochant du PDJ

Après son retrait de son poste de gouverneur en avril 2007, il obtient immédiatement un poste de professeur en administration locale auprès de l'Université Keiō. Le mois suivant, il devient également professeur invité à l'université de Tottori. En juillet de la même année, il est vice-président du 29e conseil de recherche sur le système de gouvernement local. Il est également un invité récurrent d'émissions et de débats télévisés, notamment dans les fameux talk-show politiques du dimanche matin. Il reste très actif dans la promotion de la décentralisation et la réduction du poids de l'administration centrale et de ses travers (prenant position contre la pratique de l’amakudari), et de plus en plus critique à l'égard de la majorité dominée par le PLD. Ainsi, il défend le mouvement d'opposition populaire contre le très controversé projet gouvernemental de construction d'un barrage sur la rivière Kawabe dans la préfecture de Kumamoto[9].

Il se rapproche dans le même temps de la principale force de l'opposition, le Parti démocrate du Japon (PDJ), qui lui aussi a pour l'un de ses principaux chevaux de bataille celui de réduire la bureaucratie, de renforcer le pouvoir décisionnel des hommes politiques élus et des pouvoirs locaux, d'interdire l’amakudari et de réduire les « gaspillages » incarnés selon eux par la multiplication des grands projets de travaux publics. Après la victoire des démocrates aux élections législatives du , il est nommé par la nouvelle administration en octobre suivant au sein de l'Unité de revitalisation du gouvernement, chargée d'étudier au cas par cas l'utilité des projets initiés par les gouvernements précédents et donc d'abandonner ceux jugés trop coûteux et inutiles afin de répartir les fonds autrement. Il n'adhère toutefois pas au parti et ne cache pas ses critiques, jugeant notamment la nouvelle majorité trop concentrée sur les élections à la Chambre des conseillers de juillet 2010 et pas assez décidée sur les questions économiques et fiscales. Il soutient l'idée du ministre des Finances Naoto Kan, devenu Premier ministre le , de lancer un débat sur la réforme fiscale et notamment sur une éventuelle hausse de la taxe sur la consommation[10].

Ministre des Affaires intérieures et des Communications

Références

Voir aussi

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