Sanae Takaichi
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| Sanae Takaichi 高市 早苗 | ||
Portrait officiel de Sanae Takaichi (2025). | ||
| Fonctions | ||
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| Première ministre du Japon | ||
| En fonction depuis le (5 mois et 28 jours) |
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| Élection | ||
| Réélection | ||
| Monarque | Naruhito | |
| Gouvernement | Takaichi I et II | |
| Législature | 50e, 51e | |
| Coalition | PLD | |
| Prédécesseur | Shigeru Ishiba | |
| Présidente du Parti libéral-démocrate | ||
| En fonction depuis le (6 mois et 14 jours) |
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| Élection | 4 octobre 2025 | |
| Vice-président | Tarō Asō | |
| Secrétaire général | Shun'ichi Suzuki | |
| Prédécesseur | Shigeru Ishiba | |
| Représentante du Japon | ||
| En fonction depuis le (20 ans, 7 mois et 7 jours) |
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| Élection | 11 septembre 2005 | |
| Réélection | 30 août 2009 16 décembre 2012 14 décembre 2014 22 octobre 2017 31 octobre 2021 27 octobre 2024 27 octobre 2026 |
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| Circonscription | 2e de Nara (2005) Kinki (2009) 2e de Nara (depuis 2012) |
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| Législature | 44e, 45e, 46e, 47e, 48e, 49e, 50e et 51e | |
| Prédécesseur | Tetsuji Nakamura (ja) (2e de Nara, 2005) Makoto Taki (ja) (2e de Nara, 2012) |
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| Successeur | Makoto Taki (ja) (2e de Nara, 2009) | |
| – (10 ans, 3 mois et 22 jours) |
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| Élection | 18 juillet 1993 | |
| Réélection | 20 octobre 1996 25 juin 2000 |
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| Circonscription | Nara (1993) 1re de Nara (1996) Kinki (2000) |
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| Législature | 40e, 41e et 42e | |
| Prédécesseur | Création de la circonscription (1re de Nara, 1996) | |
| Successeur | Masahiro Morioka (ja) (1re de Nara, 2000) | |
| Ministre d'État chargée de la Stratégie Cool Japan | ||
| – (1 an et 18 jours) |
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| Premier ministre | Fumio Kishida | |
| Gouvernement | Kishida II | |
| Prédécesseur | Naoki Okada | |
| Successeur | Minoru Kiuchi | |
| Ministre d'État chargée de la Politique scientifique, technologique et spatiale et de la Sécurité économique | ||
| – (2 ans, 1 mois et 21 jours) |
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| Premier ministre | Fumio Kishida | |
| Gouvernement | Kishida II | |
| Prédécesseur | Takayuki Kobayashi | |
| Successeur | Minoru Kiuchi | |
| – (11 mois et 1 jour) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe I | |
| Prédécesseur | Iwao Matsuda (en) | |
| Successeur | Fumio Kishida | |
| Ministre des Affaires intérieures et des Communications | ||
| – (1 an et 5 jours) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe IV | |
| Prédécesseur | Masatoshi Ishida | |
| Successeur | Ryōta Takeda | |
| – (2 ans et 11 mois) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe II et III | |
| Prédécesseur | Yoshitaka Shindō | |
| Successeur | Seiko Noda | |
| Ministre d'État chargée de la Politique de l'enfance et de l'Égalité des sexes | ||
| – (11 mois et 1 jour) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe I | |
| Prédécesseur | Kuniko Inoguchi | |
| Successeur | Yōko Kamikawa | |
| Ministre d'État pour Okinawa et les Territoires du Nord | ||
| – (11 mois et 1 jour) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe I | |
| Prédécesseur | Yuriko Koike | |
| Successeur | Fumio Kishida | |
| Ministre d'État chargée de la Protection des consommateurs et de la Sécurité alimentaire | ||
| – (11 mois et 1 jour) |
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| Premier ministre | Shinzō Abe | |
| Gouvernement | Abe I | |
| Prédécesseur | Iwao Matsuda (en) | |
| Successeur | Shin'ya Izumi | |
| Biographie | ||
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Yamatokōriyama (préfecture de Nara, Japon) | |
| Nationalité | Japonaise | |
| Parti politique | URL (1994) Shinshintō (1994-1996) PLD (depuis 1996) |
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| Conjoint | Taku Yamamoto | |
| Diplômée de | Université de Kobe Institut Matsushita de politique et de management |
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| Résidence | Shin-Kōtei (Tokyo) | |
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| Premiers ministres du Japon | ||
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Sanae Takaichi (高市 早苗, Takaichi Sanae), née le à Nara, dans la préfecture homonyme, est une femme d’État japonaise. Elle est Première ministre du Japon depuis le .
Membre du Parti libéral-démocrate (PLD), qu'elle préside depuis , Takaichi représente la préfecture de Nara à la Chambre des représentants du Japon depuis 1993, et est nommée à plusieurs reprises à plusieurs postes au sein de différents gouvernements, devenant notamment la première femme à briguer le poste de ministre des Affaires intérieures et des Communications.
Personnalité politique importante, elle est candidate une première fois à la présidence du PLD en 2021, arrivant en troisième position, avant de devenir la première femme à accéder au second tour lors de l'élection interne de 2024, échouant face cette fois contre Shigeru Ishiba. Elle remporte finalement l'élection en 2025, devenant la première femme présidente du PLD et la première femme chef du gouvernement du Japon le , après plusieurs difficultés à former une coalition parlementaire. Elle remporte largement les élections législatives anticipées de 2026.
Considérée comme conservatrice, même au sein de son parti, Takaichi est affiliée au groupe d'influence révisionniste Nippon Kaigi et est un fervent soutien de l'ancien Premier ministre Shinzō Abe. Elle se montre critique vis-à-vis des excuses du gouvernement japonais pour les crimes commis par le Japon durant la Seconde Guerre mondiale, et est favorable à la visite par les membres du gouvernement du sanctuaire Yasukuni, sanctuaire shinto considéré par certains comme l'un des symboles militaristes du Japon, qu'elle visite régulièrement. Conservatrice également sur le plan social, elle exprime à plusieurs reprises son opposition au mariage homosexuel, ainsi qu'aux tentatives de changer la loi japonaise imposant aux couples mariés de partager le même nom.
Sanae Takaichi naît le à Nara, dans la préfecture du même nom[1]. Fille de parents aux revenus modestes — sa mère est policière à Nara et son père travaille dans une usine automobile —, Takaichi grandit dans la ville de Nara, où elle effectue ses études[2]. Bien qu'admise aux prestigieuses universités Waseda et Keiō à Tokyo après les examens d'entrée à l'université, ses parents ne peuvent pas se permettre de l'envoyer vivre à Tokyo, arguant la nécessité de payer les études de son jeune frère[2]. Takaichi rejoint ainsi l'université de Kobe, une université publique plus proche de Nara[2]. Considérée comme une rebelle pendant ses études, Takaichi développe notamment un fort intérêt pour les motos et le heavy métal[3].
En , elle poursuit son cursus à l'Institut Matsushita de politique et de management, dont elle ressort diplômée en 1989[1]. En 1987, elle effectue une année d'échange aux États-Unis, où elle effectue un stage d'assistante parlementaire aux côtés de la sénatrice démocrate du Colorado Patricia Schroeder[2].
Après ses études, Takaichi se spécialise dans une carrière télévisuelle, et devient présentatrice pour plusieurs émissions de variétés ou d'informations sur TV Asahi. Elle y côtoie Renhō, future présidente du Parti démocrate du Japon, alors aussi présentatrice. Ses chroniques étaient alors marquées par son look punk assumé ainsi que par son fort accent de la région du Kansai[4]. Elle arrête rapidement ses chroniques et devient professeure d'économie dans une université privée[4], l’université Kindai[5].
Carrière électorale
Débuts en politique

Sanae Takaichi commence sa carrière politique en 1992, alors qu'elle désire obtenir l'investiture du Parti libéral-démocrate pour l'élection à la Chambre des conseillers du Japon de la même année. Bien qu'elle échoue à obtenir cette investiture, elle se présente tout de même dans la circonscription électorale de Nara, sa circonscription natale, en tant qu'indépendante[4] mais n'est pas élue[4]. L'année suivante, lors des élections législatives japonaises de 1993, elle se présente à nouveau dans la circonscription de Nara, toujours en tant qu'indépendante[6], et est cette fois élue, faisant son entrée à la Diète du Japon[4],[7]. Elle participe à la création du très éphémère Parti libéral japonais de 1994, dissous moins de 6 mois après sa création, et rejoint le Shinshintō en , lors de sa création[8].
Elle est à nouveau candidate lors des élections législatives japonaises de 1996, cette fois dans la première circonscription uninominale de la préfecture de Nara, toujours sous les couleurs du Shinshintō. Élue à nouveau, elle quitte néanmoins ce parti seulement quelques mois après son élection pour rejoindre le PLD[9]. Elle rejoint en 1998 le gouvernement Obuchi, au poste de secrétaire parlementaire chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie[10]. Candidate à sa réélection lors des élections législatives japonaises de 2000, elle est cette fois la tête de liste proportionnelle du PLD dans la circonscription proportionnelle du Kinki, et est réélue à cette occasion[11]. En 2002, elle rejoint le premier gouvernement Koizumi, au poste de vice-ministre chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie[10].
Takaichi perd néanmoins son siège en 2003 alors qu'elle se présente à nouveau dans la première circonscription de la préfecture de Nara face au candidat du Parti démocrate du Japon Sumio Mabuchi[12]. Bien qu'elle n'abandonne pas la politique, elle continue sa carrière universitaire pendant ce temps et enseigne l'économie à l'université Kindai[10]. En 2005, lors des élections législatives japonaises de la même année, elle se présente cette fois dans la deuxième circonscription de la préfecture de Nara, toujours sous l'investiture du PLD, et effectue son retour à la Diète du Japon[13].
Ministre des gouvernements Abe

En 2006, Sanae Takaichi sert au sein du premier gouvernement de Shinzō Abe en qualité de ministre d'État chargée d'Okinawa et aux Territoires du Nord, ministre d'État chargée de la Politique scientifique et Technologie, ministre d'État chargée de l'Innovation, ministre d'État chargée de la Natalité et l'Égalité des sexes, et enfin ministre d'État chargée la Sécurité alimentaire[10]. C'est également à cette époque qu'elle commence à obtenir des postes au sein de l'organigramme interne du PLD, notamment la présidence du comité chargé des questions liées à la jeunesse, ou celui chargé des questions liées au textile et l'industrie de la mode[10]. Elle retrouve par la suite son poste de vice-ministre chargée de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie dans les gouvernements Fukuda et Asō[10].
Takaichi perd son siège de la deuxième circonscription de Nara à l'issue des élections législatives japonaises de 2009, mais conserve un siège à la Diète grâce à la relance proportionnelle[10]. Désormais dans l'opposition, à la suite de la prise du pouvoir par le Parti démocrate du Japon, elle se rapproche encore plus de Shinzō Abe[14]. Elle retrouve son siège lors des élections législatives japonaises de 2012, et est nommée la même année directrice du cabinet de stratégie politique du PLD par Abe[14].

Le , Sanae Takaichi accède au poste de ministre des Affaires intérieures et des Communications, au sein du second gouvernement de Shinzō Abe, succédant ainsi à Yoshitaka Shindō[15],[16]. Elle devient la première femme à occuper ce poste[17]. Lors des élections législatives de la même année, elle conserve son siège avec une large avance sur son opposant démocrate[18]. Durant sa période au ministère, elle est également responsable d'un redécoupage des circonscriptions électorales japonaises[12]. Elle devient en 2017 la personnalité politique avec le mandat le plus long à ce poste, et est remplacée la même année par Seiko Noda[19],[20]. Elle conserve plusieurs postes importants dans l'organigramme du PLD, où elle est nommée présidente du siège de la cybersécurité, ou à la chambre des représentants, où elle dirige la Commission du règlement de la Diète du Japon[1].
Takaichi retrouve ce poste en 2019, dans le gouvernement Abe IV. Durant cette période, elle s'implique notamment dans des lois sur la redevance télévisuelle japonaise, ainsi que dans des mesures de soutien aux industries touchées par la pandémie de Covid-19[21],[22]. Elle n'est pas reconduite en 2020 dans ses fonctions dans le gouvernement Suga, laissant plusieurs de ses travaux en cours à son successeur Ryōta Takeda[23].
Candidature à la présidence du PLD en 2021
Sanae Takaichi se déclare en 2021 candidate pour succéder à Yoshihide Suga à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD), avant même l'annonce de sa démission[24]. Dans le rapport de force qui l'oppose à d'autres chefs du parti, elle bénéficie notamment des faveurs des ex-Premiers ministres Shinzo Abe et Yoshirō Mori dont elle est connue pour avoir des positions politiques semblables[25],[26]. Parmi les autres figures du PLD, elle est notamment soutenue par Tomomi Inada, ancienne ministre de la Défense, Eriko Yamatani, Yasutoshi Nishimura ou Satsuki Katayama[27],[28]. Elle ancre notamment sa politique économique, nommée « Sanaenomics », dans la continuité de celle de Abe, les « Abenomics », qui visent la reconstruction de l’économie, un assouplissement monétaire et la promotion de la croissance[3],[29],[30]. Bien qu'elle ne remporte pas cette élection, que Fumio Kishida remporte, elle crée la surprise en dépassant les intentions données par les sondages à son égard[31].
En 2022, Takaichi est nommée au sein du gouvernement Kishida II, au poste de ministre chargée de la Sécurité économique[32],[33]. La même année, elle est également nommée directrice de la section préfectorale du PLD de Nara, devenant la première femme à occuper ce poste[34].
Candidature à la présidence du PLD en 2024

En , à la suite de la démission de Fumio Kishida de la présidence du PLD, Sanae Takaichi est candidate à sa succession et donc au poste de Premier ministre du Japon. Elle s'oppose notamment à Yōko Kamikawa, Toshimitsu Motegi, Yoshimasa Hayashi, Shigeru Ishiba et Shinjirō Koizumi[35],[36]. Sa candidature est soutenue, entre autres, par Haruko Arimura, Mio Sugita et Hirofumi Nakasone[37]. Elle organise cette fois sa campagne autour de son programme économique, ainsi qu'autour de sa volonté de faire du Japon une puissance majeure du Pacifique, notamment par l'intermédiaire d'une modification de la constitution anti-militariste du Japon. Takaichi milite également pour un maintien des forces américaines dans la zone[38].
Bien qu'elle arrive au second tour de cette élection, en ayant devancé Shigeru Ishiba à la fois dans le vote des parlementaires et dans le vote des adhérents, elle perd le second tour. Elle devient à cette occasion la femme ayant été le plus proche du poste de Premier ministre au Japon[39]. À la suite de cette élection, Takaichi se voit proposer par Ishiba le poste prestigieux de présidente du conseil général du PLD, qu'elle refuse[40]. Elle prend en la présidence d'un nouveau comité au sein du PLD, voué à la lutte contre la cybercriminalité[41],[42]. La même année, elle est largement réélue dans son fief de Nara lors des élections législatives japonaises de 2024, décidées après une dissolution de la Diète du Japon par Shigeru Ishiba[43].
Présidente du Parti libérale-démocrate

De nouveau candidate à la présidence du Parti libéral-démocrate (PLD) après le revers subi par celui-ci aux élections à la Chambre des conseillers du Japon et la démission consécutive de Shigeru Ishiba le [44], Sanae Takaichi axe cette fois sa campagne sur la limitation de l'immigration croissante au Japon, et promet également une féminisation de la vie politique japonaise[45]. Le , elle remporte cette fois l'élection, et devient la première femme à présider le PLD[46],[47],[48]. Elle est ainsi pressentie pour devenir la prochaine Première ministre, malgré le fait que le PLD ne détienne plus la majorité à la Diète du Japon[47],[49].
Sa nomination à ce poste est rapidement compromise par le refus du parti Kōmeitō, allié gouvernemental historique du PLD depuis 26 ans, de la soutenir. Celui-ci avait réclamé du PLD qu’il apporte son soutien à une proposition visant à mieux encadrer et limiter les financements accordés aux partis politiques par les entreprises et les organisations, ce qui a été refusé par Sanae Takaichi[50]. Le Kōmeitō a aussi dénoncé le retour de Kōichi Hagiuda dans l'organigramme du parti, alors que ce dernier a été exclu en 2024 de toute fonction pour son implication dans les scandales liés à la secte Moon et aux caisses noires du PLD. Enfin, la position de Takaichi est fragilisée par les rivalités internes au PLD, notamment l'hostilité déclarée que lui voue l’ancien Premier ministre Yoshihide Suga[50]. Le retrait du Kōmeitō de la coalition gouvernementale force Takaichi à négocier avec d'autres partis d'opposition, notamment le parti Ishin no Kai, qui après avoir obtenu de Takaichi la baisse d'une taxe à la consommation et la réduction du nombre de sièges parlementaires, annonce former une nouvelle alliance et soutenir la nomination de Takaichi[51],[52].
Première ministre du Japon

Le , Sanae Takaichi est élue Première ministre par la Chambre des représentants, succédant à Shigeru Ishiba. Désignée par la chambre basse dès le premier tour de scrutin, elle est ensuite officiellement nommée avec son gouvernement par l'empereur Naruhito, et devient ainsi la première femme à diriger le Cabinet du Japon (exécutif du Gouvernement japonais)[53]. Cette élection fait suite à la rupture de l'accord de gouvernement de coalition entre le PLD et le Komeito, ce dernier jugeant insatisfaisante la réponse de Sanae Takaichi au scandale des caisses noires [54]. Elle a donc conclu un nouvel accord de gouvernement avec le soutien sans participation du Ishin, un parti conservateur[55].
Elle déclare le devant le parlement japonais qu'une attaque contre Taïwan menacerait la survie du Japon et pourrait justifier une intervention militaire. Cette déclaration provoque une crise diplomatique avec la Chine[56].
Afin de conforter sa légitimité politique après son élection à la tête du gouvernement, et après le revers subi par son parti aux élections à la Chambre des conseillers du Japon de 2025, Takaichi annonce le la dissolution de la Chambre des représentants le , et des élections anticipées le 8 février prochain [57]. Elle s'engage notamment à augmenter les dépenses publiques pour soutenir le pouvoir d'achat face à l'inflation grandissante, renforcer les capacités militaires, et durcir les mesures contre l'immigration. Son parti remporte la majorité absolue des sièges (351 sièges sur 465) à la Chambre[58],[59]. Sanae Takaichi est ainsi réélue au poste de Première ministre par la Chambre des représentants le , et forme son deuxième gouvernement[60]. Elle prononce un discours de politique générale le devant la Diète, dans lequel elle dénonce notamment la menace que constituent la Chine, la Corée du Nord et la Russie[61],[62].
Positionnement politique
Politique étrangère
Sur les questions de politique extérieure, elle insiste particulièrement sur la menace que constitue la Chine et entend augmenter massivement les dépenses militaires[25],[3],[63]. Pour cette raison, elle s'affiche comme un fervent soutien de la souveraineté de Taïwan[29]. Elle défend également une diplomatie plus agressive contre la Corée du Nord[64].
Takaichi est favorable à la construction d'installations japonaises sur les îles Senkaku, un archipel à l'origine d'un contentieux territorial entre la Chine et le Japon[65].
Dès le début de son mandat, elle se rapproche des États-Unis de Donald Trump : elle rencontre le président américain le 28 octobre 2025 et le 19 mars 2026. Les deux dirigeants renforcent notamment leur coopération dans le domaine militaire.[réf. souhaitée]
Problématiques sociales
Elle adhère à des positions conservatrices concernant les questions de société. Elle rejette notamment le mariage entre personnes du même sexe, refuse d'autoriser les femmes à garder leur nom de jeune fille, s'offusque à l'idée de naissances hors mariage et milite pour que la succession du trône impérial continue de se faire exclusivement de père en fils[25],[3],[66]. Takaichi véhicule également activement une vision paternaliste de la famille, avec des rôles bien définis pour les hommes et les femmes[3].
Takaichi est également opposée à la mise en place d'un système de quotas de femmes permettant l'accès à des postes plus importants pour les Japonaises[67].
Révisionnisme

Comme la plupart des membres des gouvernements Abe, et comme le Premier ministre Shinzo Abe lui-même, Takaichi est affiliée au mouvement révisionniste et nationaliste Nippon Kaigi[16],[25].
Elle se dit favorable à une révision des déclarations de Kono et de Murayama, qui est la position officielle du gouvernement japonais sur la reconnaissance de l'implication de l'armée impériale dans l'utilisation de « femmes de réconfort » lors de la Seconde Guerre mondiale[14],[16]. Elle prétend que l'invasion japonaise de la Mandchourie en 1931 était une « guerre d'autodéfense » et refuse toute repentance[68]. Elle nie par ailleurs le massacre de Nankin, au cours duquel des centaines de milliers de civils chinois ont été tués par l'armée japonaise entre 1937 et 1938[68]. Plus généralement, Sanae Takaichi défend la fin de la repentance du Japon pour les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale, affirmant qu'ils ont été fortement exagérés. Elle souhaite également que les manuels scolaires promeuvent la fierté nationale[25].
Elle est également favorable à la visite par les membres du gouvernement du sanctuaire Yasukuni, sanctuaire shinto, considéré par certains comme l'un des symboles nationalistes du Japon, mais également de son passé colonialiste[69]. Elle-même s'y rendit publiquement alors qu'elle était ministre en [70], puis en , cette fois accompagnée de Haruko Arimura et d'Eriko Yamatani[71], puis encore une fois en 2020[72], et encore une fois en 2025, au moment des 80 ans de la capitulation du Japon[73].
Prises de position diverses
Takaichi cite régulièrement Margaret Thatcher comme son inspiration dans le monde politique[17]. Takaichi fait partie des défenseurs de la politique économique de Shinzō Abe, les Abenomics, et axe sa propre politique économique autour de la revitalisation de l’économie japonaise, d'un assouplissement monétaire et de la promotion de la croissance[3],[29],[30]. Takaichi souhaite en effet encourager le libre-échange, avec les pays voisins du Japon, supprimer l'impôt progressif sur le revenu[74]. Takaichi souhaite également massivement investir dans les technologies de pointe, et introduire des cours obligatoires de programmation dans les écoles[74].
Controverses
En 2014, Tomomi Inada, ministre du gouvernement Abe, également jugée comme conservatrice, et Takaichi ont posé souriantes aux côtés de Kazunari Yamada, leader du Parti national-socialiste des travailleurs japonais, qui a fait l'éloge d'Adolf Hitler et des attentats du 11 septembre 2001 sur le World Trade Center[75],[76]. Après la publication de la photo par la presse, Takaichi déclara ne pas être au courant de l'identité de l'homme. Un membre de son équipe insiste en affirmant qu'il s'agissait d'un assistant d'un journaliste, et que « nous ne savions pas qui il était à ce moment-là, mais il a demandé une photo »[66],[76].
La même année, elle crée également la polémique à la suite de son soutien affiché dans la presse à un livre controversé publié en 1994 par Yoshio Ogai, un élu du PLD, vantant les qualités électorales d'Adolf Hitler[6].
En , Takaichi crée la polémique en évoquant la possibilité d'ordonner la suspension des émissions aux radiodiffuseurs qui enfreignent la loi qui garantit l'équité politique, suscitant de vives critiques de la part des médias et des partis d'opposition[17].
En 2023, un représentant de l'opposition accuse Takaichi d'avoir, alors qu'elle était ministre des Affaires intérieures des Communications, fait pression sur plusieurs médias critiques du PLD et des différents gouvernements Abe. Bien qu'elle réfute ces accusations, assurant démissionner si ces fuites s'avèrent être vérifiées, elle affirme plus tard que les passages la concernant sont falsifiés, et nie toute implication[77],[78].
