Youcef Nadarkhani

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Christianisme
Youcef Nadarkhani
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Youcef Nadarkhani (né à Rasht dans le nord-ouest de l'Iran en 1977) est un pasteur chrétien évangélique iranien, qui a été condamné à mort à Téhéran. Les rapports initiaux, qui comprennent un dossier de 2010 de la Cour suprême iranienne, ont déclaré que la condamnation est fondée sur le crime d'apostasie, puisqu'il a renoncé à sa foi islamique. Les représentants du gouvernement ont insisté par la suite sur le fait que la peine était essentiellement fondée sur des allégations d'actes criminels effectués avec violence, en particulier le viol et l'extorsion de fonds[1],[2],[3]. Le gouvernement iranien a offert de le gracier s'il acceptait de renier sa foi chrétienne.

Nadarkhani est originaire de Rasht, province du Gilan. Il est pasteur au service d'un réseau d’églises chrétiennes protestantes évangéliques dites églises de maisons (car elles se réunissent par petits groupes de pratiquants, non dans des édifices religieux spécifiques, mais dans des maisons privées, en secret et dans "l'illégalité") ; et il est membre de l’Église évangélique d’Iran[4],[5],[6],[7]. Il est marié à Fatemah (surnommée Tina) Pasindedih (que les Français orthographient parfois Pasandide), et ils ont deux fils, Daniel né en 2002 et Joël en 2004.

Deux premières arrestations

Nadarkhani est emprisonné une première fois en , sur l'accusation d'apostasie et d'évangélisation des musulmans. Il est libéré deux semaines plus tard, sans avoir été inculpé[7].

En 2009, Nadarkhani apprend qu’un changement récent dans la politique éducative iranienne force tous les élèves, y compris ses propres enfants, à lire le Coran. Il se rend alors à l'école et proteste, en se fondant sur le fait que la Constitution iranienne garantit à chacun la liberté de pratiquer sa religion. Sa protestation est signalée à la police, qui l'arrête et l'envoie devant un tribunal le , sous l'accusation d'avoir protesté[8],[7].

Condamnation à mort

Par la suite les accusations sont changées en celles d'apostasie et d'évangélisation, les mêmes accusations que celles portées pour son arrestation en 2006[8],[7]. Les 21 et , il comparait devant la onzième Chambre de la cour d'assises de la province de Gilan et est condamné à mort pour apostasie[9]. Son avocat, Nasser Sarbaz, proteste contre les nombreuses irrégularités de procédure commises lors du procès de Nadarkhani[7],[10],[11].

Après la condamnation, Nadarkhani est transféré dans une prison pour prisonniers politiques, et on lui refuse tout contact avec sa famille et son avocat. La publication officielle écrite du verdict contre Nadarkhani est retardée par les responsables de la sécurité iranienne. Des chrétiens pensent que ce retard dans l'exécution de la peine est dû à une tentative de la police secrète d'Iran pour le forcer à abjurer le christianisme[12].

Le , le verdict du procès des 21 et est finalement livré par écrit, indiquant que Nadarkhani sera exécuté par pendaison. Après appel de la sentence, la 3e chambre de la Cour suprême de Qom confirme la condamnation à mort[13]. En l'avocat de Nadarkhani, Mohammad Ali Dadkhah, un éminent défenseur des droits de l'homme en Iran, reçoit le verdict écrit de la Cour suprême d'Iran, daté du , confirmant la condamnation à mort. Dans sa décision la Cour suprême demande au tribunal de Rasht qui a prononcé la sentence de mort de réexaminer certains vices de procédure dans l'affaire, mais donne finalement aux juges locaux le pouvoir de décider s’il faut libérer, exécuter ou rejuger Youcef Nadarkhani en octobre. Le dernier verdict écrit comprend une disposition permettant une annulation s’il abjurait sa foi[14]. Il est alors détenu dans une prison de sécurité à Lakan, en Iran, qui se trouve juste au sud de Rasht, sa ville natale[15].

La Cour suprême iranienne annule ce verdict en et renvoie l'affaire devant le tribunal de Rasht, dans la province de Gilan. Son deuxième procès a lieu en , mais le verdict n'est pas rendu public. Plusieurs pays occidentaux craignent, en , son exécution prochaine[16].

Réactions internationales

Le , la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (United States Commission on International Religious Freedom) demande au président Barack Obama de faire pression sur l'Iran pour la libération de Nadarkhani. Si l'exécution était réalisée, Nadarkhani serait le premier chrétien exécuté pour des raisons religieuses en Iran depuis plus de 20 ans[8],[17]. La Maison-Blanche publie une déclaration condamnant l'exécution, le [18],[19].

Au Royaume-Uni, le , le secrétaire d'État des Affaires étrangères et du Commonwealth, William Hague, publie une déclaration condamnant cette exécution imminente, disant : « Je déplore la nouvelle que le pasteur Youcef Nadarkhani, un des chefs de l'Église en Iran, pourrait être exécuté incessamment après avoir refusé l'ordre venant de la Cour suprême d'Iran d'abjurer sa foi. C'est une preuve du refus continu du régime iranien de se conformer à ses obligations constitutionnelles et internationales de respecter la liberté religieuse. Je rends hommage au courage dont fait preuve le pasteur Nadarkhani qui n'a rien à se reprocher et demande aux autorités iraniennes de casser la sentence[15]. »

Nouvelles accusations

Le , les médias officiels iraniens publient un communiqué affirmant que Nadarkhani est condamné à la peine de mort pour viol et extorsion de fonds, et non pour apostasie et refus de renoncer à sa religion, comme son avocat, les associations de défense des droits de l'homme et les médias occidentaux l'ont annoncé.

Ces commentaires font partie d'une tentative des médias iraniens de répondre aux rapports selon lesquels Nadarkhani est menacé d'exécution pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne. Jordan Sekulow, directeur exécutif de l'American Center for Law and Justice (ACLJ), a déclaré: « Nous essayons de savoir exactement si ce sont les médias contrôlés par l'État qui ont imaginé cette nouvelle. Il n'y avait aucune mention d'une accusation autre que l'apostasie dans les documents du jugement[20]. »

Selon une décision de la Cour suprême iranienne, traduite en anglais par la Confédération des étudiants iraniens, Nadarkhani est condamné à la pendaison pour « avoir renié l'islam » et « converti des musulmans au christianisme ». La décision affirme également qu'il a de surcroit participé au culte chrétien en tenant des services religieux à domicile et qu'il s'est baptisé lui-même[21] ainsi que d'autres, contrevenant ouvertement à la loi islamique. On ne trouve dans le verdict aucune accusation de viol ou d'extorsion de fonds.

Libération

Youcef Nadarkhani est remis en liberté le , la charge d'apostasie ayant été abandonnée, mais pas celle d'évangélisation de musulmans pour laquelle il reste condamné à 3 ans de prison, mais il est alors considéré que la peine avait déjà été effectuée[22]. Il a remercié les personnes qui ont milité pour sa libération.

Nouvelles arrestations et nouvelles libérations

Voir aussi

Références

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