Yusif Sayigh
économiste palestinien
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Yūsuf ʿAbd Allāh Ṣāyiġ, (arabe : صايغ, يوسف عبد الله), plus fréquemment transcrit Yusif Sayigh, est un économiste et homme politique palestinien. Nationaliste arabe, il est connu pour ses recherches sur le développement économique des Arabes et la mise en application de ces recherches .
| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom dans la langue maternelle |
يوسف عبد الله صايغ |
| Nationalité | |
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| Fratrie |
Fayez Sayegh Taufīq Ṣāyiġ (en) Anis Sayigh (en) |
| Conjoint |
Rosemary Sayigh (en) |
| Enfant |
Yezid Sayigh (en) |
Jeunesse et formation
Yusif Sayigh naît à al-Bassa, dans le nord de la Palestine, en 1916[1],[2]. Il est l'aîné des six fils d'Abdullah Sayigh et Afifa Batruni. Plusieurs de ses frères sont connus : Fayez Sayigh, militant de la cause palestinienne, Anis Sayigh, historien et Tawfiq Sayigh, poète et journaliste[3]. Il a aussi une sœur, Mary[3]. Son père est un prêtre chrétien originaire de Kharaba, en Syrie. Sa mère est née à Al-Bassa[4],[5]. Peu après la naissance de Yousif, sa famille déménage à Kharaba[2].
Quand la Grande révolte syrienne éclate, en 1925, sa famille quitte Kharaba pour al-Bassa[4]. En 1930, son père est affecté à une église de Tibériade, où ils vivent jusqu'à mai 1948[2] et leur expulsion par la milice sioniste de la Haganah[6],[7].
Sayigh s'installe à Sidon à 13 ans pour recevoir son éducation supérieure et obtient un diplôme en gestion des entreprises à l'université américaine de Beyrouth en 1938[8],[9]. Pendant la grande révolte arabe en Palestine, il commence à s'engager dans des activités politiques en boycottant les boutiques tenues par des Juifs et en portant le fez comme symbole de résistance nationale[10].
Sayigh soutient une thèse d'économie à l'université américaine de Beyrouth avec pour sujet Economic Implications of UNRWA Operations in Jordan, Syria, and Lebanon (ce qui peut se traduire par Les conséquences économiques des activités de l'UNRWA en Jordanie, en Syrie et au Liban)[11]. Pendant ses études universitaires il rejoint le Parti social nationaliste syrien (PSNS) d'Antoun Saadé[8],[12]. Sayigh se rend aux États-Unis pour ses études doctorales en 1954 après avoir remporté une bourse du programme Fulbright. Il obtient un PhD à l'université Johns Hopkins en 1957[2],[13]. Son thème de recherche est Entrepreneuriat et de développement : privé, public et entreprises mixtes dans les pays sous-développés[13]. Sa thèse est publiée sous le titre Entrepreneurs du Liban en 1962[14].
. Carrière et activités
Sayigh occupe son premier emploi à Tikrit, en Irak, de 1939 à 1940[8]. Il retourne à Tibériade à cause de la maladie de sa mère et devient directeur du Tiberias Hotel en 1943-1944[15],[8]. Il devient responsable au sein du Bayt al-Mal qui est l'organe financier du Haut Comité arabe[16]. Il est également à la tête de la section palestinienne du PSNS[16],[17].
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Yousif Sayigh s'implique dans la collecte de fonds destinés à l'achat de terres en Palestine pour stopper la colonisation sioniste[14]. Au moment de la publication du plan de partage de la Palestine< il écrit le rapport Arab Land Hunger (La Faim de terres arabes) utilisant les données de superficie et de valeurs des terres palestiniennes et tente de réunir des fonds nécessaires à l'achat d'armement[15]. Il est arrêté durant la guerre de Palestine de 1948 et emprisonné au camp de travail israélien d'Ijlil al-Qibliyya[18] et libéré en 1949[14],[16]. Il part en exil à Beyrouth et acquiert la nationalité syriennne[14],[16]. Il quitte alors le PSNS, critiquant l'autoritarisme de la direction et son opposition au panarabisme à la fin des années 1950[10]. Après avoir reçu son PhD de l'université Johns Hopkins, il revient à Beyrouth et donne des cours de développement économique à l'Université américaine et obtient le poste de professeur d'économie en 1963[5],[9]. Il enseigne également à l'université de Princeton, Harvard et Oxford[19]. Sayigh est également directeur de l'Institut de recherche économique de l'université américaine de Beyrouth de 1962 a 1964[9]. Il prend sa retraite de l'université en 1974[19].
Sayigh est élu membre du Conseil national palestinien en 1966[14]. Il est membre du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) de 1968 à 1974[16],[20]. Il joue un rôle essentiel dans la création du centre de planification à Beyrouth, centre qu'il dirige de 1968 à 1971[20]. Il est aussi trésorier du fonds national de l'OLP de 1971 à 1974[16] et représentant officiel de l'OLP auprès de la Banque mondiale[20]. Pour accomplir ces tâches, il prend une année de congés non-rémunérés[15]. Dans les années 1980 et 1990, il est membre du parlement de l'OLP en exil[19].
Sayigh travaille comme conseiller du bureau de planification du Koweït en 1964-1965 où il conçoit un plan quinquennal de développement pour le pays[9]. Il occupe aussi un poste de conseiller économique à la Ligue arabe[19]. Il se dispute avec Yasser Arafat après les accords d'Oslo à cause de détournements.de millions de dollars et parce qu'il voulait être le seul à décider de l'affectation des aides au développement versés par la Banque mondiale[15]. Il dirige la Société arabe pour la recherche économique de 1992 à 1995[9]. Il a aussi participé à la création du Centre d'études pour l'unité arabe, du Forum de la pensée arabe en Jordanie et du Forum de recherche économique pour les pays arabes basé en Turquie et en Iran[9].
Travaux
Yousif Sayigh a publié de nombreux livres et articles portant pour la plupart sur le développement économique des pays arabes[21]. On peut citer The Economies of the Arab World (Les Économies du monde arabe, 1978), The Arab Economy (L'Économie arabe 1982) et Arab Oil Policies (Les Politiques pétrolières arabes, 1983)[14]. Son analyse de 1966 sur la valeur des biens que les Palestiniens ont dû abandonner en Palestine est la première étude sur le sujet[16].
Il a aussi rédigé un rapport complet pour l'OLP intitulé The Programme for Development of the Palestinian National Economy 1994–2000 (en anglais : Le Programme pour le développement de l'économie palestinienne) en collaboration avec des experts palestiniens[22], rapport ignoré par les responsables palestiniens[15].
Opinions
Yousif Sayigh est un partisan des théories économiques hétérodoxes basées sur les biens publics et la justice sociale[22]. En 1986, il soutient qu'il ne peut y avoir de développement économique en Palestine sous occupation israélienne[23].
Pour lui, la première Intifada, en 1988, a joué un rôle important dans la compréhension par l'opinion mondiale de la lutte palestiniennr pour l'autodétermination et a permis d'étendre le soutien à un État palestinien indépendant [24].
Vie personnelle et mort
Sayigh épouse la journaliste et chercheuse britannique Rosemary Sayigh (en)[5] qu'il rencontre à Beyrouth. Ils se marient à l'Église nationale évangélique de Beyrouth le 7 octobre 1953[14],[25]. Ils ont trois enfants : Joumana, Yezid et Faris[8]. Yezid Sayigh est universitaire[26].
Yusif Sayigh subit une opération à cœur ouvert dans les années 1980[15]. Il meurt a Beyrouth en 2004[3],[10].
Prix
Sayigh a reçu le prix de l'Institut koweïtien pour la recherche scientifique en 1981 et le prix Abdullah Tariki en 2000[9].
Postérité
Son épouse, Rosemary Sayigh, a publié un livre sur Yusif Sayigh : Yusif Sayigh: Arab Economist, Palestinian Patriot. A Fractured Life Story (ce qui peut se traduire par Yusif Sayigh : économiste arabe, patriote palestinien. L'histoire d'une vie fracturée) en 2015[27].