Après les législatives de 1986, le gouvernement de droite de la première cohabitation se met en place. Le 28 avril 1986, Michel Aurillac, successeur de Christian Nucci, rend publiques de graves anomalies financières sous le gouvernement précédent: il s'agit d'un détournement de fonds de 10 millions de francs au bénéfice d'une ONG proche des socialistes, le Carrefour du développement, dont Yves Chalier est le trésorier[2]. Il est alors approché par des hommes du ministre de l'Intérieur Charles Pasqua qui l'exfiltrent au Brésil en chez Jules Filippeddu, entrepreneur du milieu des jeux, et récupèrent des cartons de documents compromettants[3]. Il part en laissant une lettre de 13 pages à l'intention de Michel Aurillac où il dévoile les montages financiers auxquels il a pris part[2]. À cette occasion, le directeur de la DST lui délivre un «vrai-faux passeport» et un faux permis de conduire au nom d’«Yves Navarro», documents de complaisance produits à l'usage des services secrets, remis par Jacques Delebois, contrôleur général de la police nationale[4].
Sous le coup d'un mandat d'arrêt international depuis le , il revient en France le , fatigué par six mois de cavale. Arrêté et inculpé pour abus de confiance, faux en écritures publiques et privées et usage de faux, il est condamné le par la cour d'assises de Paris à cinq ans de réclusion criminelle[2].
Il sort de prison le et publie un livre: La République corrompue[2].
Le , la 12echambre correctionnelle de Paris condamne Yves Chalier et Jacques Delebois à quatre mois de prison avec sursis pour infraction aux articles 153 et 154 du code pénal qui répriment la falsification et la délivrance indues de documents administratifs. Le ministre de l'Intérieur et les fonctionnaires de la DST, protégés par le secret Défense, n'ont pas été cités à comparaître[6]. Christian Nucci, pour sa part, a bénéficié d'une loi d'amnistie en décembre 1989[2].
Le , la Cour des Comptes déclare Yves Chalier «débiteur envers l'État» de 20,463 millions de francs (soit 3,119 millions d'euros) d'argent public détourné solidairement avec Christian Nucci. Il est placé en liquidation judiciaire le et déclaré insolvable[7].
Notes et références
↑Philippe Broussard et Jean-Marie Pontaut, Les Grandes Affaires de la Ve République, Paris, Presses de la Cité, , 512p. (ISBN978-2258116344, lire en ligne).
↑«L'affaire du " vrai-faux " passeport d'Yves Chalier La chambre d'accusation de Paris va se prononcer sur le " secret-défense "», Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).