Yvonne Pagniez

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Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Paris 14e
Nom de naissance
Yvonne Marie Louise Augusta PagniezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Yvonne Pagniez
Plaque à Schwäbisch Gmünd (Allemagne).
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 84 ans)
Paris 14e
Nom de naissance
Yvonne Marie Louise Augusta PagniezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Distinctions
signature d'Yvonne Pagniez
Signature.

Yvonne Pagniez, née le à Cauroir et morte le à Paris 14e, est une écrivaine, journaliste et résistante française.

Elle naît en 1896 à Cauroir, petite ville du Nord, proche de Cambrai. Elle est reçue au baccalauréat et se prépare à étudier la philosophie quand éclate la Première Guerre mondiale. Évacuée en Savoie avec sa mère et ses sœurs, elle devient infirmière pour assister les blessés du front évacués vers l'intérieur. En 1918, le Renseignement militaire la remarque pour sa maîtrise de l'allemand et être originaire du Nord, ce Département qui est alors occupé par l'armée allemande. Elle accepte d'être formée dans le but de servir d'agent de renseignement en zone occupée. Elle n'informe pas sa famille de cette décision et prétexte une mission pour la Croix-Rouge pour rejoindre une maison à Ferney-Voltaire occupée par le 2e bureau de l'État-major des Armées. On lui enseigne en cinq jours à savoir collecter, rédiger, dissimuler et transmettre les renseignements et à vivre en autonomie dans la clandestinité[1]. Cependant, sa mission est annulée au dernier moment par l’armistice du 11 novembre 1918. Cette formation lui sera utile vingt ans plus tard dans la Résistance.

Après la guerre, elle reprend ses études de philosophie à Paris. En 1925, elle se marie avec Philippe Pagniez (parent éloigné), médecin et chercheur des Hôpitaux de Paris, qui sera élu membre de l'Académie des sciences pour la section de médecine le [2].

Dans l'entre-deux-guerres, elle séjourne régulièrement sur la côte bretonne à Plougonvelin et elle commence à écrire, avec Ouessant en 1935, puis Pêcheurs de goémon en 1939, romans qui se déroulent dans le Finistère.

A cette époque elle est membre de l'Union féminine civique et sociale, un mouvement qui se rapproche de la morale et des valeurs chrétiennes qu'elle défendra tout au long de sa vie.

La Seconde Guerre mondiale va marquer un tournant dans sa vie. Dès la déclaration de guerre, elle participe à la formation d'équipes de la Protection civile pour prévenir les attaques aux gaz. En juin 1940, elle reste à Paris et fait connaître sa disponibilité aux officiers du renseignement militaire qui s'apprêtent à évacuer la capitale. Elle entre en résistance avec son mari Philippe dès cette année-là. Elle crée un réseau entre le Nord, Paris et le Finistère, qui sera rattaché à l'Organisation civile et militaire (OCM-Centurie)[3] et en 1942 au SR-Kleber[4]. Arrêtée le , après presque quatre années d'activité[5], elle est internée à la prison de Fresnes et déportée depuis la gare de Pantin le (convoi I.264 dit « convoi des 57000 »), dans le même wagon que Suzanne Leclézio et Yvonne Ziegler, au camp de concentration de Ravensbrück. Le 4 octobre 1944, elle s'évade avec Anne-Françoise Perret[6] pendant un transfert en train de Torgau vers Ravensbrück. Elle rejoint Berlin à pied sous les bombardements alliés. Pendant un mois elle y survit grâce aux secours de civils allemands et de militaires français prisonniers. Puis elle traverse l'Allemagne vers le sud pour tenter de rejoindre la Suisse. Elle est reprise in extremis sur le lac de Constance où elle est internée dans la prison de la ville. Transférée à la prison de Schwäbisch Gmünd, elle est libérée quelque temps avant l'entrée des troupes américaines, le . À la fin de la guerre, elle reçoit le grade de sous-lieutenant et de hautes distinctions (chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre et médaille de la Résistance, médaille de la Déportation…). Le général de Gaulle lui a rendu hommage en « une résistante de la première heure qui a organisé, de sa propre initiative, un réseau de renseignements ». Elle a écrit sur cette période dans trois livres successifs : Scènes de la vie du bagne, Évasion 44 et Ils ressusciteront d'entre les morts. Évasion 44, son ouvrage le plus connu qui est paru en 1949, a notamment reçu le Grand prix du roman de l'Académie française.

En 1948, elle se lie d'amitié avec Hanna Reitsch, une aviatrice allemande célèbre en tant que pilote d'essai des prototypes d'avions d'avant et pendant le conflit et détentrice de quarante records aéronautiques. Cette notoriété fit de Reitsch l'égérie du régime nazi et une proche d'Adolf Hitler. En 1952 Yvonne Pagniez traduit en français son ouvrage Fliegen, mein Leben sous le titre Aventures en plein ciel, du planeur à l'avion-fusée pour lequel elle signe la préface. En 1980, un an après le décès d'Hanna Reitsch, le quotidien Le Monde publie une mise au point d'Yvonne Pagniez sur le sujet polémique de l'engagement d'Hanna Reitsch dans le nazisme[7].

Après le décès de son mari en 1947, elle part comme correspondante de guerre en Indochine, puis en Algérie. Ses articles sont publiés dans Le Journal de Genève, la Revue des Deux Mondes et Les Études. Ses deux séjours à travers toute l'Indochine française en 1951 et 1952, sont rendus possibles grâce à l'appui direct du général Jean de Lattre de Tassigny, haut-commissaire en Indochine à cette époque. À l'issue de ces reportages à travers le Viêt Nam, le Laos et le Cambodge, paraît Français d'Indochine (1953) où elle dépeint les opérations militaires et une société coloniale qui vit son crépuscule. Elle va écrire d'autres ouvrages sur cette guerre lointaine et oubliée dans lesquels elle traite aussi bien des évènements liés à ce conflit, que des pays et des habitants de la péninsule indochinoise. Dans Naissance d'une nation : choses vues au Vietnam (1954), elle appelle à un Viêt Nam souverain allié à la France et débarrassé du communisme. Mais la défaite de Ðiện Biên Phủ en , annonce la fin de la présence française en Indochine et en Asie du Sud-Est. Elle connaît cette défaite de près au cours de son troisième séjour en Indochine entre mars et mai 1954 ; l'Armée de l'air l'autorise exceptionnellement à embarquer à bord d'un bombardier B-26 Marauder en mission sur Ðiện Biên Phủ et à bord des transports de troupes DC-3 Dakota en missions sur le Laos[8],[9].

Elle accomplira dans cette même décennie une série de reportages en Algérie et dans le Sahara en suivant la même ligne éditoriale.

Elle se retire ensuite à Plougonvelin en Bretagne, à proximité de l’île d’Ouessant, pour, dit-elle « goûter la solitude et la vérité de la mer ». Elle reviendra à Cauroir, sa ville natale, le pour inaugurer une rue qui porte son nom[3].

Carte d'enregistrement d'Yvonne Pagniez à Ravensbrück. En bas est noté qu'elle s'est évadée d'un convoi entre Ravensbrück et Torgau le mais qu'elle a été reprise le .

Yvonne Pagniez meurt le dans le 14e arrondissement de Paris[10]. Elle est inhumée à Cambrai, dans le cimetière de la Porte de Paris[11].

En 2005, son roman Pêcheur de goémon est adapté en Bretagne par Goulc'han Kervella sous le nom Gwerz ar vezhinerien pour un spectacle son et lumière joué par la troupe de théâtre Ar Vro Bagan.

En 2017, l'école de Cauroir est rebaptisée du nom d'Yvonne Pagniez en présence de sa famille.

Distinctions

Œuvres

Références

Liens externes

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