ZEN (Palerme)
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Nom officiel |
(it) San Filippo Neri |
|---|
| Pays | |
|---|---|
| Région autonome | |
| Ville métropolitaine | |
| Commune | |
| Coordonnées |
| Population |
14 886 hab. () |
|---|
| Statut |
|---|
| Fondation |
|---|
| Indicatif téléphonique |
091 |
|---|---|
| Immatriculation |
PA |
La Zona Espansione Nord (Zone d’expansion Nord) ou ZEN 1 et 2 est un quartier de Palerme, officiellement nommé San Filippo Neri.
Situé à la périphérie nord de la ville de Palerme, au nord de la Piana dei Colli[1], il est devenu un symbole des échecs urbains et sociaux de Palerme par sa concentration d’habitat social, sa situation socio-économique difficile et sa marginalisation sociale et urbaine favorisant l’illégalité et la criminalité.
La Piana dei Colli, située au nord de la ville de Palerme, est historiquement une vaste zone rurale parsemée de baglios, fermes fortifiée typiques de la Sicile[2].
Deux d'entre eux, le Baglio Mercadante et le Fondo Trapani, subsistent, quoique abandonnés, au Sac de Palerme qui a vu l’urbanisation incontrôlée de la périphérie palermitaine dans les années 1950 en enrichissant les entrepreneurs et la mafia[2].
Un premier hameau a été loti dans la période 1958-1970 autour du Borgo Pallavicino[2].
Le Plan réglementaire général de 1962 prévoit que l'axe transversal de Palerme des rues Oreto/Maqueda/Ruggero Settimo/Libertà se prolonge pour desservir dans la même ligne droite, la Piana dei Colli[3].
Sans que ce prolongement ne soit jamais réalisé, l'urbanisation de la zone d'expansion nord est décidé dans le Plan de logement économique et populaire (PEEP) de 1966. Un premier quartier est conçu par Salvatore Biondo et Salvatore Mario Inzerillo, ZEN 1[3]. À l'époque, l’opération, située à environ 4 kilomètres au nord-ouest des limites urbaines de Palerme, offre à la spéculation immobilière privée un espace inexploité, en ignorant le plan d’urbanisme, les besoins essentiels en services publics et l’intégrité du tissu urbain historique.
La crise du logement qui frappe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale Palerme, dont la population double en 50 ans, est aggravée par le séisme de janvier 1968 qui finit de détruire les maisons du centre historique de Palerme endommagées par les bombardements alliés de 1943. Les familles les plus défavorisées mises à la rue adressent une pétition à la municipalité pour la construction de nouveaux logements.
Un autre quartier résidentiel, ZEN 2, est alors conçu en 1969 par les architectes Vittorio Gregotti, Franco Amoroso, Salvatore Bisogni, Franco Purini et Hiromichi Matsui, en réponse à un concours national lancé par l'Istituto Autónomo Case Popolari (Iacp)[4], afin de construire 15 000 à 20 000 nouveaux logements et les services associés[3], à proximité du quartier ZEN 1 qui en comptait alors 7 000[5].
Les concepteurs de la ZEN 2, conduits par Vittorio Gregotti, collaborent initialement avec le bureau d'études de l'Iacp présidé par l'ingénieur Antonino Cangemi Leto, puis sont progressivement écartés de la planification urbaine et de la coordination architecturale du quartier, jusqu'à leur exclusion totale après 1980 de la réalisation comme des décisions politiques et administratives attenantes, aboutissant à l'abandon de l'implantation de services et à la modification fondamentale des plans d'urbanisme.
Le chantier de construction de ZEN 2 qui s'est déroulé entre 1971 et la fin des années 1980, mais connait de nombreux arrêts par manque de crédits et à cause de blocages bureaucratiques[5].
Description
Les plans de ZEN 2 reprennent l’idée de la cour intérieure du baglio, et sont influencés par les théories de Le Corbusier et du Mouvement moderne dans l'aménagement spacial et les matériaux utilisés[2].
Les insulae, des îlots d'habitations dont la longueur de chacun est le double de sa largeur, suivent un plan en damier orthogonal et forment un réseau de rues et de cours intérieures et les axes de circulation externes[3].
Chaque insula regroupe quatre immeubles de trois étages de logements, avec des espaces couverts au rez-de-chaussée pour les activités collectives. Ces ensembles sont traversés par des voies internes : une voie centrale accessible aux véhicules et des allées latérales piétonnes, le tout délimité par les façades des bâtiments et une tour centrale de trois étages supplémentaires[3].
Les 21 types de logements offrent des surfaces de 70 à 140 mètres carrés. Les équipements collectifs, majoritairement restés à l’état de plan — à l’exception d’un groupe scolaire —, devaient occuper un large espace central ainsi que deux bandes situées aux extrémités nord et sud des îlots, au sein de zones polyvalentes en périphérie du quartier. La présence importante d’espaces verts s’explique notamment par l’absence de constructions dédiées aux services[3].
La philosophie du projet le place dès son origine dans le débat architectural sur le logement social et les grands ensembles.
Sa compacité dans un environnement encore rural devait éviter un étalement urbain vers Mondello et Sferracavallo, mais l'expansion anarchique des maisons individuelles et des axes routiers, comme ceux construit pour la Coupe du Monde de football de 1990, ont anéanti cette ambition.
Dégradation et isolement
ZEN 2 n'a jamais été achevé, laissant les tours formant des insulae mal construites[6] et des logements squattés par des familles venus du centre ville, avant d'être livrés.
L'une des insulae, la 3E, est détruite par un incendie criminel avant son achèvement, probablement contre la volonté de la municipalité d'y loger un groupe de roms[2].
ZEN 2 ne possède ni commerces, ni services publics ni transports en commun réguliers, seule l'église San Filippo Neri est érigée entre Zen 1 et Zen 2[6], à la fin des années 1990, en s’ouvrant sur une grande avenue arborée vers ZEN 1, tournant le dos à ZEN 2[2].
Dans les années 1970 et 1980, la population du quartier a presque doublé. ZEN 2 abrite environ 17 000 personnes, essentiellement occupants illégaux jusqu'aux opérations de légalisation menées par l'Iacp à partir des années 2010 en amnistiant les squats et en attribuant les appartements à leurs occupants[6].
La population du ZEN est faiblement diplômée (1,33% a possède un diplôme de l'enseignement supérieur et 11,48 % le baccalauréat contre 12,04 % et 38,40 % à Palerme) et fortement touchée par le chômage (16,88 %, contre une moyenne de 11,50 % à Palerme), ZEN 2 concentrant envore davantage les difficultés sociales et économiques. ZEN 2 présente également une forte proportion de jeunes et une faible proportion de personnes âgées[2].
Borgo Pallavicino et le ZEN 1, qui n'ont pas qui n'ont pas concentré les familles les plus défavorisées, présente un excellent état de conservation après 50 ans quand la moitié de ZEN est dans un état médiocre. Alors que ZEN 1 s'est progressivement intégré au tissu périphérique de Palerme, ZEN 2 demeure isolé[2].
Tentatives de déségrégation
Rejeté comme quartier dortoir, étudié en tant qu’échec urbanistique et zone de marginalisation sociale et économique, médiatiquement stigmatisé[7], le quartier est l'objet de différentes initiatives pour corriger ses difficultés, notamment par le traitement des espaces publics : création du jardin par l'architecte paysagiste Gilles Clément pour Manifesta 12, construction d'un terrain de football municipal, le projet Trentre arbres pour la ZEN 2 porté par le projet G124 de Renzo Piano[1].
En 2004, la municipalité décide de réhabiliter l'insula 3E, la plus délabrée, en y installant des services destinés aux résidents : une bibliothèque de quartier (jamais ouverte), un centre de conseil pour mères célibataires, une crèche, un petit amphithéâtre et un poste de carabiniers[2].
Le 13 mars 2012, est inauguré le centre commercial Conca d'Oro, deuxième plus grand centre commercial de la ville en superficie (55 000 m²), commandité par l'entrepreneur Maurizio Zamparini ( président du club de football AS Palermo). Situé à quelques centaines de mètres de ZEN 1 et bien desservi par les transports en commun, il est construit sur un terrain classé espace vert grâce à une dérogation au plan d'urbanisme en contrepartie de l'ouverture par l'investisseur de services pour les habitants (école pour malvoyants, piscine, terrains de football, etc.), qui n'ont jamais été livré. Le centre comble cependant le manque de services et de lieux de rencontre[2].
