Zante

île grecque située en mer Ionienne From Wikipedia, the free encyclopedia

Zante (grec moderne : Τζάντε, nom d’origine vénitienne), Zacynthe ou Zakynthos (transcription latine du grec moderne : Ζάκυνθος) est l'une des îles Ioniennes. Dès l'Antiquité, elle est connue pour ses sources d'huile de pétrole, exploitées pour le calfatage des bateaux. Elle est réputée aujourd'hui pour ses plages de sable fin, en particulier celle de Laganás au sud de l'île, où sont protégées les tortues de mer caouannes Caretta caretta. Elle arrive en deuxième position après Corfou pour le nombre de visiteurs des îles Ioniennes.

Faits en bref Géographie, Pays ...
Zante
Ζάκυνθος / Zákynthos (el)
L'île de Zante
L'île de Zante
Géographie
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Archipel Îles Ioniennes
Localisation Mer Ionienne (mer Méditerranée)
Coordonnées 37° 48′ N, 20° 45′ E
Superficie 402 km2
Côtes 123 km
Point culminant Mont Vrachionas (756 m)
Administration
Périphérie Îles Ioniennes
Dème Zante
Démographie
Population 41 472 hab. (2005)
Densité 103,16 hab./km2
Plus grande ville Zante (ville)
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+02:00
Site officiel http://www.zakynthos.gr
Géolocalisation sur la carte : Grèce
(Voir situation sur carte : Grèce)
Zante
Zante
Géolocalisation sur la carte : îles Ioniennes
(Voir situation sur carte : îles Ioniennes)
Zante
Zante
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Géographie

Zante en 3D.

À l'ouest de la grande péninsule de la Grèce continentale[1], cette île grecque est la troisième en superficie des îles Ioniennes avec une surface d'environ 406 km2[réf. nécessaire]. Elle constitue le dème de Zante et compte 41 472 habitants en 2005[réf. nécessaire]. La ville principale porte le même nom que l'île (Zante ou Zákynthos) et se trouve sur la côte est. L'île culmine à 756 m[1].

Aéroport

L'aéroport international de Zante "Dionysios Solomos" se trouve au sud de la ville de Zante et immédiatement au nord de la ville de Kalamaki (en)[2]. Pour voir une carte indiquant les aéroports les plus proches, cliquer sur :

La ville de Zante vue vers le sud.

Histoire

Antiquité

Homère la cite déjà sous ce nom dans l’Iliade et l’Odyssée, et la présente comme ὑλήεσσα : « couverte de forêts »[3]. Son nom vient de l'hyacinthe, la fleur que Zakynthos avait portée. Dans l'Antiquité, les habitants de cette île prétendaient descendre de Zacynthos, fils du roi Dardanos : ils fondèrent Sagonte en Espagne. L'île était déjà importante à l'époque mycénienne où elle est mentionnée dans une tablette en linéaire B retrouvée à Pylos, en Messénie. Un cimetière datant de cette période fut accidentellement mis au jour en 1971 lors de la construction d'une route à Kambi[4].

Zakynthos passa un millénaire et demi sous domination romano-byzantine ; durant cette longue période, la population devint progressivement chrétienne, et l'île fut attaquée et envahie plusieurs fois par les arabes et les normands.

Moyen Âge

Les Normands de Sicile finirent par occuper Zakynthos en 1185 et l'île resta jusqu’en 1479 possession du royaume de Sicile, formant le « comté palatin de Céphalonie et Zante ». D'abord attribuée à Margaritus de Brindisi par Guillaume II de Sicile en remerciement de ses services, elle passa ensuite à la famille Orsini (peut-être lointainement apparentée à la célèbre famille romaine homonyme) jusqu'en 1325 puis brièvement aux Angevins jusqu'en 1357, avant de devenir l'apanage de la famille Tocco. En 1479 les Vénitiens prirent le contrôle de l'île, qu'ils gardèrent jusqu'en 1797 et qu'ils surnommèrent Fior di Levante : « Fleur du Levant » et Isola d'oro : « Île d'or ». C'est durant cette période que mourut dans l'île le médecin anatomiste André Vésale, le  ; et qu'y naquit le le poète italien Ugo Foscolo.

Époque moderne

En 1797, lors de la partition de la république de Venise par le traité de Campo-Formio, elle devient partie de l'Empire français, formant avec Cythère et les Strophades l'un des départements français de Grèce : celui appelé (en partie improprement) « de la Mer-Égée ». Zakynthos est intégrée en 1800 à la République septinsulaire, dont le protectorat est cédé par la Russie à la France en 1807 au traité de Tilsit, puis intégrée en 1815 à la république des îles Ioniennes. Elle rejoint le royaume de Grèce en 1864.

Époque contemporaine

Lors de l'occupation de la Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale, Zakynthos est attribuée à l'Italie fasciste, mais le maire de Zakynthos-ville, Loukas Carrer, refuse de faire sa reddition aux Italiens, au motif que la Grèce les avait vaincus avant d'être elle-même défaite par la Wehrmacht. Les Allemands doivent dépêcher dans l'île quelques troupes pour recevoir la reddition : elles y restent pour surveiller les occupants italiens dont certains fraternisent avec les résistants zantiotes (parfois italophones en raison du long passé vénitien), au point de leur laisser leur armement lors du retrait italien en octobre 1944[n 1]. Restés seuls occupants de l'île en 1944, les Allemands demandent à Loukas Carrer la liste des juifs de l'île pour les déporter. Carrer et l'évêque grec orthodoxe de l'île, Mgr. Chrysostomos, remettent une liste comprenant seulement deux noms, les leurs, en indiquant aux Allemands : « Voici vos juifs, si vous décidez de les déporter, vous devrez commencer par nous et nous partagerons leur sort ».

Cette action eut pour effet de laisser aux juifs de Zante le temps de se cacher sur les hauteurs de l'île avec l'aide de la population locale et d'échapper ainsi à la « solution finale » des nazis. À la fin de la guerre, tous les juifs de l'île, soit 245 personnes, étaient sains et saufs[5]. Pour leur action, Carrer et Mgr. Chrysostomos reçurent le titre de justes parmi les nations décerné par le mémorial de Yad Vashem. Aujourd'hui, une statue du maire et de l'évêque trône dans la ville sur le lieu où s'élevait la synagogue, détruite par le séisme des îles ioniennes de 1953[6].

Depuis la libération de la Grèce, l'île vit essentiellement de la pêche et du tourisme.

Environnement

Les tortues marines de l'île (tortues caouannes) ont fait l'objet de suivis scientifiques qui ont notamment mis en évidence l'impact négatif sur leur reproduction de lumières nocturnes artificielles causées plus spécialement par les établissements touristiques[7].

Le parc national marin de Zante inclut toute la baie de Laganás, toute la péninsule de Vassiliki à l'est de la baie et une bonne partie de la péninsule de Kéri à l'ouest ; il a aussi un territoire séparé couvrant les deux petites îles des Strophades à 50 km au large de la baie de Laganás[1].

Lieux et monuments

Xigia, sources soufrées, côte est[8] ; les sources sont dans des grottes côtières et concernent trois plages : Xigia Nord, Xigia Centre et Xigia Sud[9],[10]

Personnalités

  • Antonio Cagnoli (1743-1816) : mathématicien et diplomate italien, né à Zante
  • Ugo Foscolo (1778-1827) : poète italien, né à Zante
  • Andreas Kalvos (Ανδρέας Κάλβος) (1792-1869) : poète grec, né à Zante
  • Dionýsios Solomós (Διονύσιος Σολωμός) (1798-1857) : poète grec, né à Zante
  • Elizabeth Moutzan-Martinegou (Ελισάβετ Μουτζάν-Μαρτινέγκου) (1801-1832) : femme de lettres grecque née, ayant vécu et morte à Zante
  • Pavlos Carrer (1829-1896) : compositeur grec, né et mort à Zante

Dans la culture

  • En 1803, Ugo Foscolo publia le sonnet A Zacinto, qu'il avait dédié à son île natale et qui est l'un des plus célèbres de la littérature italienne : Né più mai rivedrò le sacre sponde… (Je ne verrai plus jamais les rivages sacrés…)
  • Egisto, opéra dont l'action se déroule sur l'île.
  • Dans La mémoire en fuite d'Anne Michaels, Jakob, le héros du livre, vit ses premières années grecques dans la maison de son père adoptif Athos, sur l'île.

Notes et références

Voir aussi

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