Zaida Ben-Yusuf
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Esther Zeghdda Ben Youseph Nathan dite Zaida Ben-Yusuf, née le à Londres et morte le à New York, est une photographe américaine, connue notamment pour ses portraits et qui vécut essentiellement à New York.
Le critique d'art Sadakichi Hartmann dit à son sujet qu'elle est la Julia Margaret Cameron américaine.
Jeunesse et formation
Née le dans le quartier londonien de Hammersmith, Zaida Ben-Yusuf, Esther Zeghdda Ben Youseph Nathan de son nom de naissance complet, est l'aînée d'une fratrie de quatre filles. Elle a comme mère Anna Ben-Yusuf (en) née Kind, d'origine allemande, enseignante d'école primaire et comme père Mustapha Moussa Ben Youseph Nathan, d'origine algérienne (le nom semble indiquer une origine juive sépharade) qui a suivi des cours auprès du King's College de Londres et à l'université de Cambridge mais n'a jamais pu obtenir les degrés nécessaires pour devenir médecin, comme il le souhaitait[1].
Ses parents, qui vivent à Londres, divorcent, en 1881.
Après le divorce de ses parents, Zaida Ben-Yusuf reste à Londres, puis elle part avec ses trois sœurs pour la ville côtière de Ramsgate où sa mère travaille comme gouvernante[2].
Son père s'est remarié avec une certaine Henrietta Crane, en 1891 ils ont une fille qu’ils nomment aussi Zaïda, puis en 1893, ils ont un garçon qui meurt en bas-âge. Pour subvenir à ses besoins et ceux de sa famille il gère une taverne dont il est devenu le propriétaire. Parallèlement il donne des conférences auprès de la Muslim Mission Society[2],
En 1890, la crise financière de la Barings Bank qui secoue l'Angleterre, pousse Anna Ben-Yusuf à partir seule pour les États-Unis, puis en 1891, elle a pu établir une boutique de modiste à Boston, dans l'État du Massachusetts. Elle est rejointe par sa cadette Pearl Ben-Yusuf en 1895, puis par Zaida Ben-Yusuf courant 1895[2].
Carrière professionnelle
Les débuts
Une fois arrivée aux États-Unis, Zaida Ben-Yusuf s'installe à New York dans un appartement au croisement de la Cinquième Avenue et de la Twenty Eight Street, comme sa mère elle travaille comme modiste[2].
Bien qu'elle fasse sa place en tant que styliste et spécialiste de la fabrication des chapeaux, cela n'est qu'un moyen pour faire aboutir son projet de photographe. C'est grâce à son renom de modiste qu'elle a pu rencontrer la photographe Julia Margaret Cameron[3].
Son intérêt pour la photographie coïncide avec l'avènement en 1888 du Folding Pocket Kodak (« Appareil photo Kodak pliable »), appareil facile à utiliser comme à transporter. La photographe Catharine Weed Barnes (en) écrit plusieurs articles sur ce nouvel appareil à l'usage des femmes dans la revue American Amateur Photographer dont elle est la rédactrice en chef[4].
Se demandant quelle est valeur de ses premières photos, elle les montre à George Davison qui l'encourage à continuer et lui propose de présenter ses clichés à une exposition patronnée par le The Linked Ring, une société londonienne de photographes britanniques fondée en 1892 par Henry Peach Robinson ; le jurés de l'exposition acceptent une de ses photos titrées A Portrait[5].
Elle écrit des articles dans des magazines féminins, commence à proposer des portraits photographiques à ces périodiques. Son premier portrait paraît dans le Cosmopolitan Magazine en . Elle expose aussi, en Europe et aux États-Unis[6].
Ouverture de son studio
Début 1897, de retour aux États-Unis après avoir eu des photos publiées dans Harper's Bazaar, elle ouvre un studio de portraits au 124 Fifth Avenue[7],[8].
Publications
En avril et , Alfred Stieglitz publie ses travaux dans la revue Camera Notes, ce qui lance sa carrière[9].
Des articles de presse sont également écrits sur ses créations. Les magazines lui font plusieurs commandes, ainsi, en 1898, le Ladies' Home Journal, lui achète un cliché 80 $[note 1] en plus de la publication d'un grand portrait sur elle et sur ses travaux, et peu à peu, son studio acquiert une grande réputation[10].
Cette notoriété se renforce encore. Des personnalités se rendent devant son objectif, telles le général-major Leonard Wood, le jour de son départ comme Gouverneur temporaire de Cuba en 1889, en 1889 toujours le futur Président Franklin Roosevelt, alors gouverneur de New York, ou encore l’ancien président des États-Unis Grover Cleveland en train de pêcher en 1901, l'écrivain William Dean Howells, l'actrice Julia Marlowe, etc[11].
Exposition universelle de 1900
La photographe Frances Benjamin Johnston soumet des clichés de Zaida Ben-Yusuf à Alfred Stieglitz pour qu'ils soient présents lors l'Exposition universelle de 1900 qui se tient à Paris. Alfred Stieglitz donne son accord, ce qui propulse Zaida Ben-Yusuf sur le devant de la scène et lui donne une nouvelle notoriété[12].
L'exposition internationale de Glasgow
Après un échange de courrier, Alfred Stieglitz qui organise la Glasgow International Exhibition (1901) (en), sélectionne quatre photographies de Zaida Ben-Yusuf, cette présence à une telle exposition confirme sa réputation auprès de la communauté des photographes new-yorkais. Grâce à ces derniers, elle est désignée pour aménager les décors de la National Academy of Design (« Académie américaine des beaux-arts »), travail qui la rapproche de Charles Berg qui préside le jury de l'académie en plus d'être à la tête du Camera Club of New York, ce dernier va l'accompagner et la conseiller pour développer sa carrière[13].
Celebrities Under the Camera
Elle publie à cette période dans The Saturday Evening Post, un article intitulé Celebrities Under the Camera (« Célébrités sous la caméra ») avec des photos d’accompagnement. Le magazine ARTnews lui commande en 1905 une série pour une édition hebdomadaire. Même si elle répond à des commandes, pour assurer ses ressources financières, la photographie et le portrait photographique sont pour elle un moyen d'expression artistique[6].
La porte parole de Kodak
Elle est ponctuellement porte-parole de la Eastman Kodak Company, la plus grande firme au monde de matériel photo, à l'époque[9].
La photographe internationale
Elle expose dans les grandes villes américaines, européennes et même en Russie[9].
Au début du XXe siècle, elle commence aussi à voyager davantage dans le monde. Elle montre qu’elle peut être aussi une photographe de reportage. D'un voyage en Asie, elle ramène notamment des clichés de Kyoto, de l’architecture japonaise, des japonaises et de l’art floral dit Ikebana.
En 1909, elle s’installe à Londres pour quelques années. Elle voyage à nouveau en Méditerranée et dans les Caraïbes.
Fin de vie
Les traces de son activité de photographe s'estompent après 1910[6].
Alors que la première Guerre mondiale éclate, Zaida Ben-Yusuf vit en France, dès que le conflit se rapproche de Paris, elle quitte la France, elle se rend au port du Havre pour rejoindre New York en pleine bataille de la Marne. Arrivée à New York elle tente en vain de relancer sa carrière de photographe, elle se rabat sur la chapellerie et devient dans les années 1920 la directrice de la Retail Millinery Association of America (« Association américaine de la chapellerie de détail »)[14]
En 1921, elle figure comme « artiste retraitée » sur une liste de passagers d'un bateau. Elle a 52 ans. Ses relations devenues conflictuelles avec Alfred Stieglitz conduisent à une mise à l'écart de plusieurs expositions.
Elle se marie discrètement en 1930 avec un designer en textiles, Frederick J. Norris.
Elle meurt le dans le NewYork-Presbyterian Brooklyn Methodist Hospital (en)[15].
Archives
Les archives de Zaida Ben-Yusuf sont déposées à la Bibliothèque du Congrès[16] et à la Smithsonian Institution[17].
Galerie
- Elsie Leslie en 1899.
- William Dean Howells, vers 1900.
- Minnie Maddern Fiske, Love finds the way, 1896.