Zaim Imamović
From Wikipedia, the free encyclopedia
Mrkonjić Grad
Sarajevo, Bosnie-Herzégovine
| Nom de naissance | Zaim Imamović |
|---|---|
| Naissance |
Mrkonjić Grad |
| Décès |
(à 73 ans) Sarajevo, Bosnie-Herzégovine |
| Nationalité | Bosnien |
| Genre musical | Sevdalinka |
| Années actives | 1945 – 1994 |
| Labels | Jugoton |
Zaim Imamović, né le à Mrkonjić Grad et mort le à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine), était un chanteur, accordéoniste et compositeur bosnien, considéré comme l’un des plus grands interprètes de la sevdalinka traditionnelle. Doté d’un timbre de ténor unique, il a marqué la musique bosnienne par ses interprétations profondes et inoubliables. Son nom figure aujourd’hui dans l’anthologie de ce genre musical. Au cours de sa carrière, il a enregistré plus de quarante disques, ainsi que quatre albums et deux compilations, laissant une empreinte durable dans le patrimoine culturel de Bosnie-Herzégovine[1].
Né à Mrkonjić Grad, Zaim Imamović s’installa très jeune avec ses parents à Travnik, où il passa une quinzaine d’années avant de s’installer définitivement à Sarajevo en 1936. C’est dans cette ville qu’il vécut la majeure partie de sa vie. Il eut deux enfants : une fille, Jasminka, et un fils, Nedžad Imamović, guitariste et chanteur. Sa carrière débuta en avril 1945 à la station de radio de Sarajevo, où il interpréta ses premières chansons : Gledaj me draga, Mujo kuje konja po mjesecu et Konja vodim, pješke hodim. Outre son activité de chanteur, il s’accompagnait lui-même à l’accordéon lors de représentations[2].
Chanteur de sentiment et poète d’âme, Zaim Imamović savait transmettre les émotions profondes et romantiques propres à la sevdalinka. Son timbre de ténor, puissant, expressif et pourtant d’une grande légèreté, le distinguait des autres interprètes. Il n’exagérait jamais, respectait la mesure de chaque chanson et apportait à chacune une touche personnelle et unique.
Il enregistra de nombreuses chansons folkloriques pour les archives de RTV Sarajevo, reprises ensuite par d’autres stations de radio et de télévision en Yougoslavie et à l’étranger. Il se produisit sur plusieurs continents, représentant avec dignité la tradition musicale bosnienne, notamment lors de la caravane Sevdah putuje Evropom (Sevdah voyage en Europe), où il fut ovationné.
Répertoire
Zaim Imamović possédait un vaste répertoire, composé à la fois de sevdalinka traditionnelles et de chansons folkloriques nouvellement composées, qu’il enrichissait en tant que parolier et compositeur[3].
- Sevdalinka traditionnelles : Haj, Mošćanice vodo plemenita, Okreni se niz djul-bašču, Kraj tanahna šadrvana, Oj djevojko ašik dušo, 72 dana, Stara staza.
Sur une ancienne mélodie populaire, le poète Safvet-beg Bašagić composa le texte de Evo ovu rumen ružu (Voici cette rose rosée), que Zaim interpréta avec une intensité remarquable. Considérée par lui comme un joyau du patrimoine bosnien, cette chanson contribua largement à sa renommée[1]. Il composa également Pjesma Počitelju, un hommage à la ville historique de Počitelj. Zaim élargit son répertoire aux traditions musicales d’autres régions, notamment celles des musulmans du Sandžak. Il y intégra la célèbre chanson Kafu mi draga ispeci, oh aman, aman, dušo za mene, qui devint l’une de ses interprétations marquantes.
Il se produisit fréquemment en duo : avec Nada Mamula, avec qui il donna de nombreux concerts ; avec Beba Selimović, pour des enregistrements tels que Hajde dušo da ašikujemo et Evo mene u tom kolu ; ainsi qu’avec Safet Isović et Mile Petrović, dans des interprétations devenues classiques comme Zvijezda tjera mjeseca, Igrali se konji vrani et Zelen lišće goru kiti[4]. En parallèle, il participa activement à la création de nouvelles chansons inspirées de la tradition. Tantôt parolier, tantôt compositeur, il collabora régulièrement avec Jozo Penava, chef de l’Orchestre de Tambura de Radio Sarajevo, et avec l’accordéoniste Ismet Alajbegović-Šerbo.
- Chansons folkloriques nouvellement composées par Zaim : Sve behara i sve cvijeta, Oj jeseni tugo moja, Ne pitaj me stara majko, Kad akšam dođe u mahalu staru. La première chanson nouvellement composée qu’il interpréta fut Bosno moja poharana de Jozo Penava[1].
Distinctions et reconnaissance
Zaim Imamović a reçu de nombreuses récompenses au cours de sa carrière. Il fut régulièrement primé au festival d’Ilidža, où il siégea également en tant que membre du jury en 1969. RTV Sarajevo lui consacra plusieurs émissions spéciales, dont Čovjek i vrijeme (L’Homme et le temps). Après sa mort, un ouvrage intitulé Slovo o Zaimu (Un mot sur Zaim) fut publié, accompagné d’un coffret de dix cassettes audio.
En 1997, un timbre-poste à son effigie fut émis, et en 2004, le livre Pjesma srca moga – 100 najljepših pjesama (Une chanson de mon cœur – 100 des plus belles chansons), édité par Farah Tahirbegović et son petit-fils Damir Imamović, perpétua la tradition familiale et le rôle de ce dernier comme interprète contemporain majeur de la sevdalinka[1].
L’Assemblée de la ville de Sarajevo lui décerna également le Prix du 6 avril pour « ses vieilles chansons folkloriques bosniaques authentiques et pour ses interprétations originales ».