Après avoir terminé en 1994 ses études de droit à l'université Jagellonne, il commence sa carrière comme procureur.
En 1997, il est responsable du service juridique de l'Alliance électorale Solidarité (AWS). Entre 1998 et 2000, il est conseiller auprès du ministre de l'Intérieur, Marek Biernacki.
Il remporte un troisième mandat à la Diète à l'occasion des élections législatives anticipées du 21 octobre 2007, où il engrange 164 681 voix préférentielles dans la circonscription de Cracovie-II. Après Jaroslaw Kaczyński, il est le candidat le mieux élu de PiS.
Député européen
Il ne va pas au terme de son mandat de député à la Diète, puisqu'il est élu député au Parlement européen lors des élections européennes du 7 juin 2009: candidat dans la circonscription de Petite-Pologne – Sainte-Croix, il remporte 335 933 votes préférentiels, ce qui fait de lui le parlementaire le mieux élu de Droit et justice et le deuxième mieux élu de toute la Pologne, après Jerzy Buzek.
Bien qu'il ait obtenu 60 763 suffrages de préférence dans sa circonscription, il échoue à se faire réélire aux élections européennes du 25 mai 2014 puisque SP ne remporte que 3,9% des voix au niveau national. Le mois suivant, il conclut un accord d'union avec Droit et justice et La Pologne ensemble (PR). Il postule donc aux élections législatives du 25 octobre 2015, dans la circonscription de Kielce, où il obtient 67 238 voix préférentielles, devançant nettement le ministre des Affaires étrangères Grzegorz Schetyna.
Retour au ministère de la Justice
Le , Zbigniew Ziobro est nommé ministre de la Justice et procureur général dans le gouvernement de Beata Szydło (PiS).
En , dans le cadre de la politique de «décommunisation » menée par Droit et justice, il saisit le Tribunal constitutionnel pour faire abroger la disposition du Code pénal polonais prévoyant la prescription des crimes commis par les fonctionnaires du régime communiste[3]. Cette mesure, prise par les sociaux-démocrates en 1997, vise des crimes comme la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants infligés intentionnellement à l'égard des opposants au communisme[3].
Il est à l'origine en 2023 d'une violente polémique contre la réalisatrice Agnieszka Holland et son film Green Border («frontière verte»), mettant en scène la crise migratoire de 2021 à la frontière polono-biélorusse. Le ministre évoque le nazisme de la réalisatrice, tout en l'accusant de pratiquer la langue des «stalinistes» et des «communistes». À la suite de cette intervention, des messages injurieux, haineux ou antisémites déferlent sur les réseaux sociaux à l'adresse d'Agnieszka Holland[4].
Poursuites judiciaires
Zbigniew Ziobro est visé par une enquête pour des faits d'abus de pouvoir et d'association de malfaiteurs alors qu'il était ministre de la Justice et procureur général entre 2015 et 2023[5].
Il est notamment accusé d'avoir orchestré des détournements de fonds et participé à l'achat illégal du logiciel espion israélien Pegasus, ensuite utilisé pour surveiller des opposants politiques. Il encourt 25 ans de prison. Refusant de répondre aux convocations de la justice au motif que les poursuites engagées à son encontre seraient le fruit d'une persécution «politique» orchestrée par Donald Tusk, il dénonce «le banditisme» et «l'instauration progressive d'une dictature» en Pologne[5].
En novembre 2025, le Parlement polonais vote la levée de son immunité parlementaire et autorise son placement en détention provisoire. Il fuit en Hongrie avec son épouse en janvier 2026 où Viktor Orbán leur accorde l'asile politique[5].
12Le Monde avec AFP, «Pologne : le ministre de la justice veut abroger la prescription des crimes communistes», Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
↑«En Pologne, la cinéaste Agnieszka Holland victime d'une déferlante de haine», Le Monde.fr, (lire en ligne)