Zuko Džumhur
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Zuko Džumhur ( – ) est un écrivain, caricaturiste, peintre et scénariste bosnien de Yougoslavie. Il est considéré comme l’une des figures culturelles les plus originales de Bosnie-Herzégovine au XXe siècle, notamment pour ses récits de voyage et ses caricatures.
Né à Konjic en 1920, Zuko Džumhur passe son enfance à Sarajevo. Après des études de droit à l’université de Belgrade, il se tourne vers les arts plastiques et la littérature, qu’il étudie à l’Académie des beaux-arts de Belgrade. Durant cette période, il fréquente le quartier bohème de Skadarlija dans la vieille ville de Belgrade.
Après la Seconde Guerre mondiale, il travaille comme caricaturiste et illustrateur pour plusieurs journaux et revues en Yougoslavie, notamment Politika, Borba (journal) et Oslobođenje. Son style, à la fois ironique et humaniste, lui vaut une grande popularité.
Il réalise également l’émission télévisée Hodoljublje, qu’il anime pendant plus de dix ans à la Télévision de Sarajevo[1]. Figure emblématique de la vie culturelle yougoslave, Džumhur est souvent associé à l’esprit bohème de son époque.
Il meurt à Herceg Novi en 1989. Il est enterré à Konjic, où sa maison familiale a été transformée en musée[2].
Œuvre
Džumhur est particulièrement connu pour ses récits de voyage, qui mêlent observations culturelles, humour et réflexions personnelles. Son œuvre la plus célèbre, Nekrolog jednoj čaršiji, constitue une évocation nostalgique de l’ancien Sarajevo, marquée par la coexistence culturelle et la sociabilité urbaine[3]. L’ouvrage est précédé d’une préface de son ami Ivo Andrić. Les dessins qui accompagnent le texte ne se limitent pas à de simples illustrations : ils participent à la construction du sens et forment avec l’écriture une unité esthétique cohérente.
Dans son émission télévisée Hodoljublje, réalisée avec le metteur en scène Mirza Idrizović, Džumhur parcourt différentes régions de Yougoslavie et du monde. L’émission combine reportage de voyage, commentaire littéraire et regard artistique, en s’intéressant à la culture, aux traditions, à l’art et aux paysages des lieux visités.
Les chercheurs soulignent que son écriture du voyage ne relève ni du reportage classique ni du simple carnet ethnographique, mais d’une forme hybride mêlant narration subjective, mémoire urbaine, digression essayistique et regard graphique. Dans cette perspective, Džumhur construit la figure d’un intellectuel voyageur, oscillant entre érudition, humour et mélancolie[4]. Au cours de sa carrière, il réalise plus de 10 000 illustrations et caricatures, écrit de nombreux scénarios et crée également une trentaine de décors de théâtre[5].
Son œuvre est aujourd’hui étudiée pour sa contribution à la littérature de voyage et à la culture visuelle de l’espace sud-slave. Džumhur demeure ainsi une figure emblématique de la culture bosnienne et yougoslave du XXe siècle[6].