Édith Fuchs

philosophe française From Wikipedia, the free encyclopedia

Édith Fuchs, née le à Amiens et morte le à Paris[1], est une philosophe française spécialiste de la pensée allemande[2]. Elle a proposé la notion d'« idéologie philosophique »[3] pour étudier les productions intellectuelles ayant contribué au triomphe du nazisme et à la mise en œuvre à la Shoah et dont l'aura persiste au sein de la pensée contemporaine[4].

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Édith Fuchs
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Elle a également consacré une partie importante de son travail à la réfutation des contestations des droits de l'homme et s'est livrée, à l'instar de Francis Wolff, à une vigoureuse défense de l'universalisme[5]. Enfin, elle a fourni, dans la lignée de Mireille Delmas-Marty[6], une analyse rigoureuse des catégories du droit pénal international[7].

Biographie

Édith Fuchs est née le à Amiens et morte le à Paris[8]. C'est une rescapée[9]. Normalienne et agrégée de philosophie, elle a été professeur en classes préparatoires. Avant de terminer sa carrière au lycée Claude Monet à Paris, elle a enseigné aux écoles normales d'Amiens et des Batignolles, aux lycées de Rethel et de Gaillac, un an à Toulouse puis en classes préparatoires à Antony et Saint-Germain-en-Laye. Elle a conjointement été maîtresse de conférence à l'IEP de Paris pendant 7 ans[10]. Elle s'est consacrée, à partir des années 2000, à un retour sur son histoire et sur l'ensemble des questions liées à la destruction des juifs d'Europe selon ce qu'elle considérait comme un « devoir de piété »[11].

Travaux

Édith Fuchs s’est plus particulièrement consacrée à l’étude des racines intellectuelles et morales du nazisme dans la pensée allemande[12], notamment dans l’œuvre de Friedrich Nietzsche et de Oswald Spengler et à la persistance dans ce courant dans la pensée de Martin Heidegger et Hannah Arendt, objet dorénavant d'une forme d'adulation[13].

Elle a activement participé à la discussion autour de l'expression « banalité du mal »[14] et insisté sur l’étude du contenu des formations idéologiques et notamment de Mein Kampf[15]. Elle commente des extraits de ce dernier ouvrage, soutenant qu'il mobilise une « rhétorique recyclée » et qu'il est un « instrument contre l'esprit des Lumières »[16].

Le 21 janvier 2017, elle intervient à la suite d'une conférence d'Elhanan Yakira sur la philosophie de Spinoza et son rapport à la religion. Elle publie dans le même temps sa traduction de l'ouvrage Spinoza : La cause de la philosophie, écrit par Elhanan Yakira[17].

En octobre 2017 paraît le numéro 207 de la Revue d'histoire de la Shoah, coordonné par Édith Fuchs, sur le thème « Des philosophes face à la Shoah »[18].

En 2021, elle a republié une présentation raisonnée et analytique du Mein Kampf d'Hitler avec traduction d'extraits significatifs publiée en 1933 par Charles Appuhn[19].

Elle s’est intéressée au rôle de l’écriture littéraire et de la philosophie dans l’appréhension de la Shoah[20].

Elle a, en réponse, livré enfin une défense de l’humanisme[21] à travers une défense des Humanités et du rôle crucial de l’Instruction publique[10], et de la défense et de l'explicitation des fondements universels du droit international pour la prévention des génocides et des crimes contre l’humanité[22].

Distinction

Publications

  • Édith Fuchs (préf. Bernard Bourgeois), Entre chiens et loups : Dérives politiques dans la pensée allemande du XXe siècle, Paris, Éditions du Félin, 539 p. (ISBN 9782866457112).
  • Édith Fuchs, « Entre témoignage et histoire : Saint-Denis-lès-Sens, 1940-1942 », Revue d'Histoire de la Shoah, vol. 2, no 199, , p. 445-456 (ISSN 2111-885X, e-ISSN 2553-6141, lire en ligne, consulté le ).
  • Édith Fuchs (préf. Emmanuel Faye), Écritures d'Auschwitz : Défiguration et transfiguration de l'histoire, Paris, Delga, , 252 p. (ISBN 9782915854626).
  • Édith Fuchs, L'humanité et ses droits, Paris, Kimé, , 160 p. (ISBN 9782841749799).
  • Édith Fuchs, « Des philosophes face à la Shoah », L'Enseignement philosophique, vol. 3, no 68, , p. 49-54 (ISSN 0986-1653, e-ISSN 2801-216X, lire en ligne, consulté le ).
Préface et traduction
  • Charles Appuhn (préf. Édith Fuchs), Hitler par lui-même, Paris, Kimé, coll. « Philosophie en cours », (1re éd. 1933), 162 p. (ISBN 9782380720075).
  • Elhanan Yakira (trad. Édith Fuchs), Spinoza : La cause de la philosophie, Paris, Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », , 376 p. (ISBN 9782711627318).

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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