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Enoch (édition musicale)

maison d'édition de musique From Wikipedia, the free encyclopedia

Enoch et compagnie est une société française d'édition musicale fondée en 1853 et dont le siège se trouve à Paris.

Création1853
Fondée parCarl Enoch
Dirigée parDanièle Enoch-Maillard
Faits en bref Repères historiques, Création ...
Enoch
Enoch
Repères historiques
Création 1853
Fondée par Carl Enoch
Fiche d’identité
Siège social 193 boulevard Pereire, Paris (France)
Dirigée par Danièle Enoch-Maillard
Site web www.enoch-editions.com
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Histoire

Siège des éditions musicales Enoch & Cie 193 boulevard Pereire à Paris 17e
Couverture de la Bourrée fantasque de Chabrier, Enoch, illustration de P. Borie
Affiche pour François les Bas bleus, opérette de Bernicat et Messager (Lithographie Chaix & Jules Chéret, 1883).
Paris-Vienne, marche pour piano de Justin Clérice (partition de 1907).

En 1853, à Paris, Carl Enoch (Celle, 1805 - Paris, 1883[1]), représentant de commerce pour les éditions musicales Meyer & Litolff originaires de Brunswick[2], ouvre un magasin d'édition et de vente en partitions. Les Éditions musicales Enoch s'installent 30 rue Meslay dans le 3e arrondissement de Paris.

En 1867, Émile Enoch, son fils cadet, ouvre une filiale à Londres, Enoch & Sons — qui reste active jusqu'en 1927.

En 1870, la raison sociale devient Enoch Père et Fils, Carl associant ses deux enfants, Wilhelm et Émile, dans l'affaire[3].

En 1873, Enoch lance un périodique Le Monde musical. Recueil de musique moderne qui comprend des partitions[4].

En 1874, le siège parisien passe au Pavillon de Hanovre, 27 boulevard des Italiens, dans le 2e arrondissement de Paris et Charles Enoch se retire de la maison d'édition, qu'il laisse aux mains de ses deux fils, Wilhelm et Émile Enoch[5].

En 1880, Wilhelm Enoch (1840-1913) et son frère Émile Enoch s'associent avec Georges Costallat (1844-1901)[6] sous la raison sociale Enoch frères et Costallat[7] jusqu'en , puis Costallat s'en va fonder sa propre maison.

De 1897 à 1904, le beau-fils de Wilhelm Enoch, Gabriel Astruc, devient directeur associé, avant de fonder, en 1904, sa propre maison d'édition de musique. Durant cette période, d' à , Wilhelm Enoch et son gendre Gabriel Astruc organisent pas moins de 36 Concerts Enoch au siège du quotidien Le Figaro, 26, rue Drouot[8].

Enoch produit des partitions et du matériel musical illustrés par de grands artistes de la fin du XIXe siècle comme George Auriol ou Henri Rivière. En lien avec les artistes du cabaret Le Chat noir, un certain nombre de lithographies sont imprimées pour le compte de Rodolphe Salis. La maison signe avec la plupart des compositeurs du répertoire symphonique, tels César Franck, Emmanuel Chabrier ou Georges Enesco, mais aussi le répertoire populaire (opérettes, cabarets) avec André Messager ou Paul Delmet[9]. Elle édite une Méthode pratique d’orchestration symphonique (1887) signée Émile Tavan qui fait alors référence.

En 1897, André Gedalge recommande son élève Maurice Ravel à Wilhelm Enoch qui fait signer au jeune compositeur son premier contrat d'éditeur en décembre[10],[11]. En 1898, Enoch publie ainsi la toute première œuvre de Maurice Ravel, composée en 1895, le Menuet antique[12].

En , Enoch associé à d'autres éditeurs musicaux, attaquent en justice les fabricants de phonogrammes, gramophones et cylindres musicaux qui souhaitaient ne pas payer de droits d'auteur au prétexte que c'était-là des machines qui exécutaient la musique : les dites sociétés sont condamnées en appel à verser 5 % des ventes aux auteurs par disque ou cylindre[13].

En 1906, Wilhelm Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur[14].

En 1910, la maison est reprise par Daniel Enoch (1872-1943) et Georges Enoch (1878-1938), petits-fils du fondateur.

Le , Wilhelm Enoch meurt à Paris. Le , pour ses obsèques au Père-Lachaise, de nombreuses personnalités sont présentes parmi lesquelles Léon Blum, Claude Debussy, Misia Godebska, Désiré-Émile Inghelbrecht et André Messager[15]. Le président de la Sacem, Célestin Joubert, prononce un discours pour l'occasion[16].

En , Daniel et Georges Enoch prolongent la société Enoch devant notaire jusqu’au [17],[18].

Couverture du Menuet antique (1898) de Ravel, illustration de P. Borie.

En 1928, Daniel et Georges Enoch passent commande de l'orchestration de son Menuet antique à Maurice Ravel, qui accepte de s'en charger à son retour de sa tournée de concerts en Amérique du Nord de janvier à [19],[20]. En fait, il réalisera cette orchestration en 1929, après celle du Bolero de juillet à et avant celles des deux concertos pour piano de 1929 à 1931, le Concerto pour la main gauche et le Concerto pour piano et orchestre. L'orchestration du Menuet antique est publiée en 1930 et créée le à la Salle Gaveau, avec l'Orchestre Lamoureux sous la direction de Maurice Ravel en personne, qui dirige aussi à ce concert le Bolero, donné pour la première fois au concert en Europe[21].

En , Georges Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur[22]. Le , Gabriel Astruc, ancien associé de son beau-père Wilhelm Enoch aux éditions Enoch, meurt à Paris ; le , ses obsèques ont lieu au Cimetière Montparnasse en présence notamment de sa veuve, Marguerite Enoch, et de ses beaux-frères Daniel Enoch et Georges Enoch et de nombreuses personnalités dont Jacques Rouché[23]. En , Daniel Enoch est nommé chevalier de la Légion d'honneur[24]. En , Georges Enoch décède subitement[25]. Daniel Enoch se retrouve seul à la direction de la maison d'édition.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la maison d'édition est placée en sous l'administration provisoire des Éditions Henry Lemoine, alors dirigée par Henri-Jean Lemoine[26], et Daniel Enoch et sa famille sont assassinés par les nazis : Daniel Enoch et son épouse, Anna Mapou, sont déportés dans le 61e convoi parti de Drancy le et arrivé à Auschwitz le , où ils sont gazés le [27],[28] ; quant à leur fils Robert Enoch, il est fusillé le par les Allemands à Portes-les-Valence[29].

Faire-part de décès et annonce de cérémonie en mémoire de Daniel, Anna et Robert Enoch à la Grande synagogue de Paris le , parue dans le journal Combat le

En 1944, Jacques Enoch (1900–1990), fils de Daniel Enoch, de retour à Paris constate de nombreuses disparitions de biens survenues sous l'Occupation au domicile familial, dont un piano à queue Érard acquis en 1892 et qui figure dans le Répertoire des biens spoliés en France durant la guerre 1939-1945[30],[31]. Le , il organise à la Grande synagogue de Paris une cérémonie à la mémoire de ses parents Daniel et Anna Enoch morts en déportation et de son frère Robert Enoch fusillé par les Allemands[32],[33],[34]. Il tente de redresser la maison d'édition et édite de nouveaux talents comme Joseph Kosma -dont la chanson Les Feuilles mortes sur des paroles de Jacques Prévert- et Darius Milhaud[12]. Il est aussi le 26e président de la Sacem (1959-1960 ; 1963-1964 ; 1967-1968).

De 1990 à 2011, la maison est dirigée par Janine Enoch née Astruc (1921–2017)[35], veuve de Jacques Enoch.

En 2011, Danièle Enoch-Maillard succède à sa mère à la direction de la maison.

En 2014, des vols d'autographes de musiciens  dont Emmanuel Chabrier, Georges Enesco et Maurice Ravel , sont constatés au siège des éditions Enoch[36].

« Quant au manuscrit de l’orchestration du Menuet antique, dérobé aux Éditions Enoch entre 2013 et 2014, une action juridique est toujours en cours, opposant les éditions aux liquidateurs de la tristement célèbre société Aristophil[37]. »

Le siège actuel de la société « Éditions musicales - Éditions Enoch et Cie » qui comprend 1 700 titres au catalogue se trouve au 193 boulevard Pereire dans le 17e arrondissement de Paris[12].

Bibliographie

  • Emmanuel Chabrier (préf. Thierry Bodin), Correspondance : réunie et présentée par Roger Delage et Frans Durif, Paris, Klincksieck, , 1261 p. (ISBN 2-252-02966-8, BNF 36679836)
    Contient de nombreux échanges épistolaires de Chabrier avec la famille des éditeurs Enoch
  • Manuel Cornejo, « Concerts Enoch dans le Salon du Figaro (1897-1899) », Dezède, (ISSN 2269-9473, lire en ligne, consulté le )
    Inventaire de trente-six concerts organisés par Wilhelm Enoch et son gendre Gabriel Astruc au siège du quotidien Le Figaro de 1897 à 1899
  • Sonia Devillers, Le fabuleux piano, Paris, Robert Laffont, , 288 p. (ISBN 9782221286807)[38].
    Livre-enquête romancé sur le piano Érard modèle n°2 numéro de série 68037 spolié aux éditeurs de musique Enoch sous l’Occupation
  • Maurice Ravel, Correspondance, écrits et entretiens : édition établie, présentée et annotée par Manuel Cornejo, Paris, Gallimard, coll. « Tel », , 2934 p. (ISBN 9782073111111, BNF 47682301)
    Contient l'unique correspondance localisée de Maurice Ravel à Daniel Enoch et Georges Enoch du où le compositeur accepte d'orchestrer son Menuet antique après le retour de sa tournée de quatre mois en Amérique du Nord, document n°2308 ; contient également le premier contrat signé par Maurice Ravel avec un éditeur de musique, les éditions Enoch alors dirigées par Wilhelm Enoch, pour la version pour piano du Menuet antique, contrat signé à Paris le

Notes et références

Liens externes

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