Église Notre-Dame-de-la-Nativité de Champlieu
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| Destination initiale |
culte |
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| Destination actuelle |
culte |
| Style | |
| Construction |
Xe siècle (parties orientales), XIIe siècle (nef) |
| Religion | |
| Propriétaire |
commune |
| Patrimonialité |
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| Commune |
| Coordonnées |
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L'église Notre-Dame-de-la-Nativité et Saint-Jacques de Champlieu est une ancienne église catholique paroissiale située à Orrouy, en France. Elle est connue localement comme la chapelle romane de Champlieu. Les origines de ce qu'il convient plutôt d'appeler une église restent dans l'ombre. Elle pouvait accueillir entre 620 et 640 fidèles, et des fouilles archéologiques ont démontré qu'elle remplace un édifice de l'époque carolingienne au moins aussi grand, voire plus important : situé sur l'un des chemins de Compostelle se confondant avec la chaussée Brunehaut, Champlieu devait avoir une certaine importance jusqu'à l'abandon de cette voie. Au Moyen Âge, pendant une période impossible à préciser, l'église appartient à l'abbaye bénédictine Saint-Crespin-le-Grand de Soissons. Elle est dédiée à Notre-Dame-de-la-Nativité et un prieuré y est associé. Au XVIe siècle au plus tard, église et prieuré dépendent du prieuré de Saint-Thibaut. Après plusieurs incendies, ce prieuré avec sa dépendance de Champlieu sont donnés au couvent des Bénédictins anglais de Paris vers le début du XVIIe siècle. Les Anglais encouragent le culte marial, et le pèlerinage pour Champlieu gagne une certaine importance. Le prieuré est désaffecté bien avant la Révolution française, et à la suite du départ des Bénédictins vers leur maison-mère, l'église n'apparaît plus dans les documents que sous le vocable de Saint-Jacques, auquel une chapelle avait toujours été dédiée dans l'église. Elle continue d'être desservie par un vicaire, avec une interruption à la période révolutionnaire, mais n'est fermée au culte qu'en 1808 par décision du conseil municipal, en raison de son mauvais état. Un coup de foudre détruit l'édifice en 1814. La plus ancienne représentation iconographique connue de l'église date de 1842 et la montre déjà dans son état actuel. Elle se composait d'une nef non voûtée de cinq travées initialement accompagnée de bas-côtés, dont seuls les murs ouest et nord de la nef restent debout ; d'un transept dont les croisillons communiquaient avec la croisée par des arcades plein cintre assez basses ; et d'un chœur au chevet plat d'une seule travée. Transept et chœur forment un ensemble homogène pouvant remonter à la fin du Xe siècle. Le voûtement en berceau remonte au dernier tiers du XIe siècle. Seules les amorces des voûtes subsistent aujourd'hui. Une grande fenêtre avait été percée dans le mur du chevet au XVe ou XVIe siècle, mais les étroites baies romanes subsistent ailleurs dans le transept et au nord et au sud du chœur. La nef date de la seconde moitié du XIIe siècle, avec un portail en tiers-point à la triple archivolte de la fin du XIIe siècle ou du début du XIIIe siècle, et des grandes arcades également en tiers-point reposant sur des piliers carrées, sur lesquelles sont alignées les quatre fenêtres hautes au nord. L'abandon du bas-côté nord remonte au XIVe ou XVe siècle. La ruine de l'église a été classée monument historique par arrêté du [1].
L'église ruinée est située dans le département français de l'Oise, dans la vallée de l'Automne, dans un écart de la commune d'Orrouy, entre le site archéologique gallo-romaine de Champlieu et le hameau du même nom. Elle se trouve ainsi plus près de la chaussée Brunehaut, qui se confond ici avec l'un des chemins de Compostelle. La façade occidentale de la nef est orientée vers la rue, et un vieux calvaire se trouve devant. Un petit bois est contigu à l'église au nord, et des terres agricoles exploitées s'approchent du chevet et de l'élévation méridionale. L'on peut faire le tour de l'édifice et aussi entrer dans son intérieur, des mesures conservatoires ayant permis d'arrêter la ruine de ce qui est encore debout.
Histoire

Le hameau de Champlieu se limite à une grosse ferme avec de nombreux annexes et trois maisons d'habitation anciennes. Les seuls bâtiments antérieurs au XVIIIe siècle sont le colombier de la ferme et une maison ruinée dont le mur-pignon comporte une arcature trilobée. Son agencement correspond à l'ancien presbytère décrit dans l'inventaire des biens de 1795. Rien ne permet plus d'imaginer à quoi ressemblait le village autrement considérable, qui devait se situer à l'est du hameau, où de nombreuses tuiles plates ou à rebords font régulièrement surface dans les terres agricoles. Le découpage parcellaire actuel remonte à 1962, quand beaucoup de chemins médiévaux ont été supprimés. Toutes les fouilles se sont concentrées sur les abords de l'église ruinée (sans parler du site gallo-romain, plus éloigné), et tout ce que l'on a trouvé sont un vaste cimetière mérovingien, médiéval et moderne, ce qui permet de supposer que la situation isolée de l'église est ancienne. Les inhumations au cimetière ont cessé en 1792[2].
Le plus ancien document mentionnant le vocable de la Vierge est un acte de donation de la comtesse Éléanore de 1194. La fête patronale de Champlieu est fixée au , ce qui indique que l'église est plus particulièrement placée sous l'invocation de la Nativité de la Vierge. Une chapelle dans l'église est consacrée à la Nativité de la Vierge, et l'abbé Claude Carlier mentionne un pèlerinage fort ancien vers la Vierge de Champlieu. Il est particulièrement recommandé pour les enfants en langueur et les femmes enceintes. Mais l'on ignore tout sur une éventuelle fréquentation par des pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, d'autant plus que Marc Durand n'a pas exploré les éventuels liens entre Champlieu et l'important chemin de communication que devait être la chaussée Brunehaut de Senlis à Soissons au haut Moyen Âge. Le fait que l'église possède une seconde chapelle qui est justement dédiée à saint Jacques le Majeur est presque le seul indice que l'église était fréquentée par des pèlerins de Saint-Jacques[3]. Les pouillés ne mentionnent pas la cure de Champlieu, soit parce que son bénéfice est très maigre, soit parce qu'elle dépend d'un prieuré. En l'occurrence, l'un et l'autre est le cas. Un prieuré est associé à l'église depuis une époque indéterminée. Cure et prieuré appartiennent à l'abbaye bénédictine Saint-Crespin-le-Grand de Soissons. Au XIVe siècle, ils dépendent du prieuré Saint-Thibaut de Bazoches, mais l'on ignore depuis quelle date, et quand la relation avec Bazoches cesse. Le prieuré subit plusieurs incendies au cours de son histoire, et au plus tard au début du XVIIe siècle, il est donné, avec celui de Bazoches, au Couvent des bénédictins anglais de Paris. Les Anglais raniment le culte marial en profitant d'un incident s'étant produit en 1620. Une jeune fille tombe dans le puits commun et est par trois fois à la surface de l'eau puis secourue par la Vierge dont elle n'aperçoit toutefois que le bras. Si l'abbé Carlier ne veut pas y croire, il n'y a pas de raison de mettre l'épisode en doute, sauf que le sauveteur devait être l'un des Bénédictins. Une dévotion est instituée le de chaque année pour commémorer l'événement[4].

La cure de Champlieu comprenait la ferme de Doneval et le hameau des Éluats[5]. L'on ignore quelle cure est la plus ancienne, Orrouy ou Champlieu, et l'hypothèse de Michel Roblin que l'église de Champlieu était dédiée à saint Rémi et que la cure était « descendu » au village au milieu du XIIe siècle en conservant le vocable est erronée. À un moment le curé de Champlieu percevait la dîme d'Orrouy. Le curé se dit « curé d'Orrouy et N.D. de Champlieu » dans un acte de 1596. Vers 1625, les Anglais envoient un prêtre à Orrouy qui impose sa présence au curé de l'église Saint-Rémi et prétend à la qualité de curé : c'est une tentative d'usurpation de la cure du village. Le curé Hourdé porte plainte et gagne le procès. Les Anglais ne prennent soin des âmes des paroissiens de Champlieu que pendant une courte période, puis regagnent leur maison-mère. À leur départ, au cours du XVIIe siècle, la paroisse de Champlieu devient succursale d'Orrouy. Le service de l'église de Champlieu est confié à un vicaire desservant. Ceci ressort bien des registres paroissiaux qui se sont conservés. Sans doute pour marquer la fin de l'épisode des Bénédictins anglais qui a laissé un goût amer pour le curé d'Orrouy, il n'est plus fait à l'église de Champlieu que comme église Saint-Jacques. — Comme Orrouy, Champlieu fait partie du diocèse de Soissons, de l'archidiaconé de la Rivière et du doyenné de Béthisy-Saint-Pierre jusqu'à la Révolution française. La cure d'Orrouy est à la collation de l'évêque de Soissons. À la période révolutionnaire, le vicaire desservant est Louis François Castella, qui prête serment à la Constitution civile du clergé à l'issue de la grand'messe du . L'inventaire des biens au presbytère de Champlieu a lieu le . Le prieuré n'apparaît plus dans les inventaires révolutionnaires, et son bâtiment ne doit plus exister[4].
Les vicaires de Champlieu ne restaient souvent que pendant quelques années, voire moins d'un an. La rémunération devait être faible et encourager les desservants d'accepter un autre poste dès que possible. Après le départ d'un vicaire, un remplaçant ne se trouva pas toujours tout de suite, et le curé d'Orrouy devait prendre en charge les deux églises, parfois pendant plusieurs années. De ce fait, les registres paroissiaux des deux villages sont souvent confondus, et il n'y a pas toujours de distinction claire. Dans ces conditions, il est difficile d'en tirer des conclusions sur la démographie. Des registres paroissiaux existent pour Orrouy à partir de 1596, et ils sont relativement complets pour le XVIIIe siècle. Entre 1680 et 1790, l'on recense entre trente et cinquante-huit naissances par décennie, cette dernière valeur s'appliquant aux années 1740. Jusqu'à la Révolution, le nombre d'habitants est en baisse continuelle. L'on peut comparer le nombre de naissances, mariages et décès à un village tel que Rhuis ou un hameau comme Noël-Saint-Martin, commune de Villeneuve-sur-Verberie. Cependant, l'église de Champlieu est moitié plus longue que celles des deux villages de référence. Il serait intéressant de dépouiller les comptes de la fabrique, mais ils sont perdus[6]. Champlieu n'est pas érigé en commune à la Révolution.
L'église est fermée au culte en 1808 sur décision du conseil municipal, en raison de son mauvais état. Sa destruction est l'effet d'un fort orage en 1814[7]. La ruine de l'église a été classée monument historique par arrêté du [1]. Des fouilles ont été effectuées à proximité de l'église entre 1862 et 1870 sous la direction d'Alfred de Roucy pour le gouvernement impérial ; vers 1910 / 1914 par la Société historique de Compiègne ; en 1920 par MM. Babelon et Corbie pour le ministère de l'Instruction publique avec une subvention du ministère des Beaux-Arts ; entre 1925 et 1928 par la « Société des immeubles E.J. Barbier » pour Eugène Barbier, propriétaire du donjon de Vez, illégalement et dans le but d'enrichir ses collections personnelles ; et entre 1958 et 1962 par J.P. Larsonneur. Toutes ces fouilles sont motivées par la proximité du site gallo-romain de Champlieu et ont comme but d'enrichir les connaissances sur le site ; aussi, se limitent-elles au cimetière[8]. L'église n'a été fouillée qu'entre 1977 et 1978 par Marc Durand pour la Direction régionales des antiquités historiques de Picardie. Il s'agit en fait de plusieurs courtes campagnes de fouilles de sauvetage, dans un contexte de fouilles sauvages risquant de saccager complètement le site avant qu'il ne soit exploré dans les règles de l'art. Aussi a-t-il fallu reboucher le sol après chaque intervention[9].




