Église Saint-Martin de Gilocourt

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Début de la constructionvers 1160 / 1170 (nef)
Église Saint-Martin
Élévation sud.
Élévation sud.
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse de Beauvais
Début de la construction vers 1160 / 1170 (nef)
Fin des travaux fin XVe / début XVIe siècle (bas-côtés, chœur)
Style dominant gothique, gothique flamboyant
Protection Logo monument historique Inscrite MH (1948)
Géographie
Pays France
Région Hauts-de-France
Département Oise
Commune Gilocourt
Coordonnées 49° 17′ 33″ nord, 2° 52′ 57″ est[1]
Géolocalisation sur la carte : France
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Église Saint-Martin
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Église Saint-Martin
Géolocalisation sur la carte : Oise
(Voir situation sur carte : Oise)
Église Saint-Martin

L'église Saint-Martin est une église catholique paroissiale située à Gilocourt, dans l'Oise, en France. Depuis l'extérieur, elle apparaît comme un édifice de style presque exclusivement gothique flamboyant. L'importance de la surface vitrée et les réseaux très soignés sont à souligner. En revanche, il n'y a qu'un petit clocher en charpente, et la façade occidentale donnant sur la rue est bien austère, malgré l'élégant portail de style gothique primitif. Il annonce une nef du même style, qui n'a jamais été voûtée et dont les fenêtres latérales sont murées, mais qui séduit toujours par ses grandes arcades d'un profil complexe, qui retombent sur des faisceaux de trois colonnettes à chapiteaux de chaque côté. Les bas-côtés sont plus larges que d'habitude, surtout celui du sud, et inondés de lumière. Les parties orientales sont purement flamboyantes, bien qu'englobant encore des structures plus anciennes. Le vaisseau central du chœur et ses bas-côtés sont voûtés à la même hauteur, qui est bien plus modeste que celle de la nef, et forment ensemble un espace liturgique largement unifié, sans aucun cloisonnement. Contrairement aux églises à clocher central, le sanctuaire est bien visible depuis les bas-côtés de la nef. Également remarquable est le plan trapézoïdal, avec deux travées triangulaires flanquant la dernière travée du sanctuaire, qui se termine par un chevet plat. L'église Saint-Martin a été inscrite aux monuments historiques par arrêté du , avec le cimetière qui l'entoure[2], et bénéficié d'une restauration au cours des années 1990. Elle est affiliée à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie, et les messes dominicales y sont célébrées tous les deux mois, généralement le dimanche à 9 h.

L'église Saint-Martin est située en France, en région Hauts-de-France et dans le département de l'Oise, au nord de Crépy-en-Valois, dans la vallée de l'Automne, sur la commune de Gilocourt, au centre du village, rue de l'Église. La façade occidentale donne presque directement sur la rue, et n'est précédée que d'un étroit parvis. Une partie du cimetière s'étend au sud de l'église ; et l'autre au nord. On ne peut pas passer devant le chevet, qui frôle le mur du cimetière. À l'est de l'église et du cimetière, se situe un vaste terrain en friche, clôturé, et boisé sur la partie qui jouxte l'édifice. De la sorte, le chevet se dérobe à la vue. Plus loin, à l'est, se trouve le parc du château.

Historique

Reliquaire de saint Prix.

L'on ignore pratiquement tout de l'histoire de la paroisse sous l'Ancien Régime, et même sa date de fondation. Elle remonte au moins au milieu du XIIe siècle, quand débute la construction de l'église. Elle est dédiée à saint Martin de Tours. La paroisse relève du doyenné de Béthisy, de l'archidiaconé de La Rivière et du diocèse de Soissons. Le collateur de la cure est l'évêque de Soissons. Sous la Révolution française, Gilocourt est rattaché au diocèse de Beauvais à l'instar de l'ensemble des paroisses sur le territoire du département de l'Oise. Avec le Concordat de 1801, le diocèse de Beauvais est annexé au diocèse d'Amiens, mais est rétabli en 1822. Depuis, Gilocourt en fait partie. La législation ne permettant à l'époque qu'une seule paroisse par canton, Gilocourt a le titre de succursale. Sa circonscription s'étend sur Béthancourt-en-Valois, dont la commune est par ailleurs annexé à Gilocourt en 1825, avant de recouvrir son indépendance dix ans plus tard[3]. Au XIXe siècle, l'église Saint-Martin demeure la destination d'un pèlerinage annuel pour saint Priest[4]. — Depuis la définition de quarante-cinq nouvelles paroisses à l'échelle du diocèse en 1996, le village est affilié à la « paroisse de la vallée de l'Automne / paroisse Saint-Pierre » de Verberie[5]. Cette très grande paroisse s'étend sur quatorze communes dont deux disposent de deux, voire trois églises (Néry et Fresnoy-la-Rivière). Les messes dominicales sont célébrées en l'église Saint-Martin environ tous les deux mois, généralement le dimanche à 9 h 00, ou plus rarement le samedi à 17 h 15[6].

Croix celte au cimetière.

La nef de style gothique primitif est datée des années 1160 / 1170 par Dominique Vermand. Puisque la construction des églises débute généralement par le sanctuaire, qui constitue sa partie la plus importante car accueillant la célébration eucharistique, il y avait certainement un chœur et un transept bâtis quelques années plus tôt, voire nettement plus tôt, puisque le vocable de saint Martin renvoie généralement à une fondation très haute. Des irrégularités dans trois angles du transept actuel, complètement assimilé au chœur et ses collatéraux, semblent indiquer que quelques éléments en élévation se sont conservés de l'ancien transept. À l'extérieur, la distinction entre transept et chœur apparaît nettement, mais l'ensemble a été entièrement repris à la fin du XVe siècle, et transformé dans un édifice de style gothique flamboyant, comme l'indiquent les fenêtres, les crochets qui garnissent les rampants des pignons, et les voûtes avec leurs supports. La reconstruction se poursuit au début du XVIe siècle avec les bas-côtés de la nef, qui sont de dimensions généreuses et éclairés par de vastes baies, mais non voûtés. Ils sont également de style flamboyant[7]. L'église est saccagée sous la Terreur, en 1793, et transformée en manufacture de salpêtre. La remise en état et la réouverture au culte interviennent dans le contexte du Concordat, quand le curé, l'abbé Lannot, revient de son exil. Âgé alors de quarante-sept ans, il reste encore curé de Gilocourt et Béthancourt pendant trente ans, et meurt à l'âge de quatre-vingt-trois ans des suites de brûlures. Il est vénéré par la population comme un excellent prêtre, et enterré au cimetière[8]. Les beaux vitraux du chœur, datés de 1534, sont transportés en l'église Saint-Antoine de Compiègne à cette époque[3], en ne laissant en place que quelques rares fragments. L'édifice est inscrit aux monuments historiques par arrêté du , avec le cimetière qui l'entoure[2]. Il a été restauré au début des années 1990[7], et se trouve aujourd'hui en bon état. Dans le cimetière, la présence d'une dizaine de croix celtes demeure un énigme toujours non résolu, car ces stèles funéraires sont en granit, qui est introuvable dans la région.

Description

Aperçu général

Plan de l'église.

Régulièrement orientée, l'église se compose d'une nef de quatre travées accompagnée de deux larges bas-côtés ; d'un chœur de deux travées se terminant par un chevet plat ; et de deux collatéraux, dont la deuxième travée est de plan triangulaire. Ainsi, l'ensemble du chevet prend la forme d'une abside à pans coupés, comme à La Roche-Guyon. La deuxième travée du chœur est moins profonde que la précédente. La première travée de chacun des collatéraux est issue de la transformation des anciens croisillons du transept, ce qui n'est plus visible que dans les angles près du mur, et depuis l'extérieur. Ici, l'ancien transept conserve ses pignons aux deux extrémités, et est muni d'un toit perpendiculaire à l'axe de l'édifice, tandis que le vaisseau central et les bas-côtés sont recouverts ensemble par une toiture unique à deux rampants, et les travées triangulaires, de toits en appentis. La première travée du bas-côté sud sert de base au clocher de charpente, composée d'un étage de baies abat-son et d'une courte flèche, le tout étant couvert d'ardoise. Le beffroi repose sur une structure de charpente, qui encombre cette travée, dont les murs ne sont pas renforcés, et qu'aucun arc-doubleau ne sépare de la travée suivante. La nef et les deux bas-côtés sont munis de plafonds plats à trois pans, d'un gabarit trapézoïdal. Seulement le chœur et les anciens croisillons sont voûtés d'ogives. Les travées triangulaires ont des voûtes en berceau. Une sacristie se situe devant la première travée du collatéral sud. Le portail occidental de la nef et la petite porte dans le mur occidental du bas-côté nord constituent l'unique accès à l'église.

Intérieur

Nef

Nef, vue vers l'est.
Nef, vue vers l'ouest.
Grandes arcades du nord.

La nef possède des élévations latérales à deux niveaux, à savoir l'étage des grandes arcades et l'étage des fenêtres hautes, qui sont aveuglées depuis la reconstruction flamboyante des bas-côtés : ceux-ci devaient primitivement être moins larges, et couverts de toits en appentis faiblement inclinés. Les grandes arcades sont en tiers-point et à double rouleau. Le rouleau inférieur est mouluré d'un gros tore entre deux tores d'un diamètre habituel, et le rang de claveaux supérieur affiche un tore analogue de chaque côté. La retombée s'effectue sur des tablettes continues, moulurées d'une plate-bande, d'un filet, d'un cavet, et d'une autre plate-bande. Elles sont portées par des piliers rectangulaires à quatre angles rentrants, dans lesquels sont logés les fines colonnettes à chapiteaux correspondant au rang de claveaux supérieur. Pour le rang de claveaux inférieur, des colonnettes à chapiteaux de plus fort diamètre sont adossées, plutôt qu'engagées, aux faces latérales des piliers. Cette disposition est inhabituellement complexe pour les nefs non voûtées de la première période gothique, où le maître d'œuvre se contente le plus souvent de piliers monocylindriques portant de gros chapiteaux. L'on note également que le plan rectangulaire des piliers laisse assez de place sur la face frontale, pour pouvoir y disposer un faisceau de colonnettes destiné à recevoir les doubleaux et ogives des hautes-voûtes. Cependant, les fenêtres hautes, aujourd'hui bouchées, sont situées au-dessus des piliers des grandes arcades. Comparé à la disposition habituelle, qui veut le positionnement des fenêtres au-dessus des grandes arcades, ce parti améliore la stabilité des murs gouttereaux, tout en permettant de réduire leur hauteur. Il n'est pas compatible avec un voûtement de la nef, car les supports des voûtes d'ogives seraient placés devant les fenêtres, ni avec un voûtement des bas-côtés, car la proximité entre le sommet des piliers et le seuil des fenêtres rendrait inéluctable l'obturation de la partie inférieure des baies. Par ces caractéristiques, la nef de Gilocourt se rattache à un petit groupe de nefs de la première période gothique, dont Béthancourt-en-Valois, Champlieu, commune d'Orrouy, Fontenay-en-Parisis, Glaignes, Orrouy et Pontpoint[7].

Les six chapiteaux d'un pilier sont sculptés d'un même motif, sans aucune exception, ce qui est très rare : souvent, les motifs se répètent de nombreuses fois dans une même église, mais les chapiteaux des différents types sont répartis d'une façon plus ou moins aléatoire au sein d'un même niveau d'élévation. Au revers de la façade, les petits chapiteaux sont seulement décorés de moulures, et le grand chapiteau déploie un motif qui n'apparaît pas ailleurs dans l'église. Enfin, depuis la reconstruction flamboyante du transept, il n'y a plus du tout de chapiteaux à la fin des grandes arcades. Les feuilles d'eau sont le motif récurrent. On les voit dans leur plus simple expression sur le premier pilier du nord ; avec des volutes d'angle sur le troisième pilier du nord (où les volutes sont restées à l'état d'ébauche côté ouest) ; et avec un anneau entre les feuilles et le tailloir, sur le troisième pilier du sud. Aux angles, des cubes relient ici les feuilles aux tailloirs. Au début des grandes arcades du sud, les feuilles développent une certaine plasticité. Sur le deuxième pilier du nord, l'on trouve deux rangs de feuilles d'eau superposées. Les feuilles du rang inférieur sont striées, et celle du rang supérieur se terminent en volutes. Les autres chapiteaux sont plus évolués. Au début des grandes arcades du nord et sur le premier pilier du sud, l'on trouve une forme précurseur des crochets gothiques, et sur le deuxième pilier du sud, des feuilles polylobées aux angles, et des feuilles se terminant par un gros bourgeon au milieu des faces de la corbeille. En ce qui concerne les bases, elles sont formés par un petit tore, une scotie, et un gros tore aplati flanqué de griffes végétales. Les socles cubiques présentent un ressaut à mi-hauteur du côté des arcades, mais pas du côté de la nef et des bas-côtés.

Avec leur mouluration et leurs chapiteaux soignés, les grandes arcades sont les éléments les plus marquants de l'église Saint-Martin, et font son principal intérêt, avec le plan. Elles évoquent l'église de Bémont. À l'instar des piliers, des surfaces murales et du plafond, les chapiteaux sont badigeonnés de blanc, ce qui permet d'améliorer quelque peu la luminosité de la nef, qui n'est éclairée directement que par la grande fenêtre en plein cintre au-dessus du portail, décorée par ailleurs d'une archivolte torique retombant sur deux colonnettes à chapiteaux, contrairement à l'extérieur. Les couches de badigeons ont protégé les croix de consécration médiévaux, peints à l'ocre jaune et rouge, ainsi qu'en noire. Ce sont des médaillons circulaires, munis d'une bordure, qui affichent chacun l'effigie de l'un des Douze Apôtres. Des fleurettes réalisées au pochoir couvrent l'espace libre autour des personnages. Il n'a pas été possible de dégager ces peintures murales sans les endommager. — Le plafond actuel, d'apparence monotone, n'est pas du meilleur effet. Il se substitue à une charpente apparente ou un berceau lambrissé, et s'inscrit dans la mode de recouvrir les nefs de fausses voûtes en berceau en bois plâtré, comme à Béthancourt-en-Valois, Béthisy-Saint-Martin, Boran-sur-Oise, Cauffry, Nogent-sur-Oise, Rully, Saint-Vaast-de-Longmont etc. De la charpente, seuls les entraits restent visibles.

Bas-côtés

Bas-côté sud, grandes arcades.

Grâce à leurs vastes baies vitrées de verre blanc, les bas-côtés sont inondés de lumière. Bien que ne dépassant guère en hauteur la moitié de la hauteur de la nef, ils ne paraissent pas trapus, grâce à une hauteur toujours supérieure à la largeur. Le bas-côté sud est tout de même aussi large que la nef, et le bas-côté nord est d'un quart environ moins large. Ainsi, les bas-côtés contribuent à augmenter considérablement la capacité d'accueil de la nef, au lieu d'être cantonnés dans un rôle de couloirs de circulation. Qui plus est, la continuité visuelle avec l'espace eucharistique est assurée, ce qui n'est généralement pas le cas dans les églises à clocher central, dont les piles sont nécessairement encombrantes. Sur le plan de l'architecture, les bas-côtés sont uniquement déterminés par les grandes arcades de la nef et par les fenêtres. En l'absence de voûtes ou d'une charpente apparente, et de tout élément à vocation décorative, ils sont dépourvus de caractère propre. Le mur occidental du bas-côté nord présente un massif de maçonnerie faisant saillie devant le mur, entre la porte et les grandes arcades, qui constitue sans doute un vestige de l'ancien bas-côté. Le mur occidental du bas-côté sud ne comporte aucune ouverture. À l'est, la communication avec les collatéraux du chœur, soit les anciens croisillons du transept, est assurée par des arcades moulurées d'une doucine de chaque côté, qui se fondent directement dans les murs ou piliers. Au nord, l'arcade est aussi large que le vaisseau, et en anse de panier. Au sud, elle est moins large, afin de rattraper l'excès de largeur du bas-côté par rapport au collatéraux du chœur, et adopte un tracé en arc brisé. Reste à insister sur les fenêtres, qui sont particulièrement soignées. Au nombre de huit, elles sont toutes en tiers-point, et de dimensions identiques. Le pourtour est mouluré de deux profondes gorges séparées par une arête vive, qui est munie de bases, à l'instar des deux meneaux verticaux qui séparent les trois lancettes à têtes tréflées qui forment la partie inférieure du remplage. Elles sont surmontées de deux grands soufflets trilobés, entre deux étroites mouchettes et sous un écoinçon ajouré ou bien un petit soufflet au sommet ; ou bien d'un réseau plus complexe, formé par deux soufflets, parfois dissymétriques, s'inscrivant dans un ovale, et des grandes mouchettes obliques.

Chœur et collatéraux

Vue vers le nord.
Vue vers l'ouest.

Avec ses collatéraux, voûtés à la même hauteur, le vaisseau central forme un espace unique largement unifié, à la manière des chœurs-halle de la moyenne vallée de l'Oise et ses environs. Ce concept est surtout mis au honneur à la première période gothique, mais à la période flamboyante, quelques chœurs-halle sont encore édifiés, dont notamment Jaux et Orrouy. Dominique Vermand cite aussi Gilocourt à ce titre, bien que le plan trapézoïdal déroge au plan rectangulaire qui est habituellement de mise. Quoi qu'il en soit, la priorité pour le maître d'œuvre est l'unification de l'espace, plutôt que de donner une hauteur importante à l'ensemble. Elle reste donc assez modeste, à peine supérieure à celle des bas-côtés, et l'on ne dénombre qu'un unique niveau d'élévation. La relative simplicité du voûtement va dans le même sens : les clés de voûte ne sont pas décorées, ce qui, à la période flamboyante, n'arrive généralement que dans les bas-côtés de la nef ; il n'y a pas d'arcs formerets ; et les piliers ne sont pas ondulés, mais simplement monocylindriques et appareillés en tambour, comme à Bessancourt, Boran-sur-Oise, La Chapelle-en-Serval, Jagny-sous-Bois, Orrouy, Précy-sur-Oise, Survilliers, Le Thillay ou Vauréal.

Au début du vaisseau central, les piliers sont pour moitié engagés dans les piliers carrés à la fin de la nef, mais devant le chevet, ce n'est pas le cas, et le mur se juxtapose aux piliers. C'est un parti plutôt étonnant. Dans le collatéral nord, des petits piliers cylindriques sont engagés dans les angles nord-ouest et nord-est de la première travée (soit l'ancien croisillon), dont le premier est partagé avec l'arcade vers le bas-côté, tandis que l'autre est bientôt intercepté par un cul-de-lampe. Dans le collatéral sud, il n'y a pas de supports du côté sud, et les nervures pénètrent directement dans le mur. Qu'il s'agisse d'ogives ou de doubleaux, ils partagent tous le même profil aigu, qui est d'un mince filet entre deux doucines. Comme dans les bas-côtés, les fenêtres jouent un rôle déterminant. Au nord, ils affichent des réseaux semblables à ceux des bas-côtés. Au sud, la fenêtre de la deuxième travée montre un réseau simplifié, privé de certaines ramifications. La fenêtre de la première travée a apparemment été refaite après le milieu du XVIe siècle, car son remplage est constitué de deux formes en plein cintre flanquant un rectangle, qui est surmonté d'un oculus circulaire. La baie du chevet comporte un oculus analogue, mais les autres formes sont plus proprement flamboyantes. Ce sont des lancettes inscrivant des têtes trilobées. La lancette médiane est en plein cintre. Les sommets des deux autres lancettes s'inclinent vers l'oculus central, afin de maximiser leur hauteur et de limiter l'envergure des écoinçons. Bien que moins élaboré que les autres réseaux, qui ont recours à des dessins-type, le réseau de la baie d'axe est le plus original.

Les irrégularités aux deux extrémités de l'ancien transept ont déjà été signalées ; elles s'explique par l'intégration d'anciennes structures du XIIe siècle dans l'édifice actuel. Plus étonnantes sont les onze niches murales à 4,35 m du sol et plus, qui ont été découvertes lors des travaux de restauration entre 1992 et 1997. Quatre se situent près des quatre angles de l'ancien transept, et les deux autres à proximité du transept, dans les travées triangulaires. Elles doivent donc dater de la période flamboyante. Ces niches sont remplies d'ossements humains et de chevaux, provenant d'une fosse commune, et de poteries. Leur signification demeure inexpliquée[7].

Extérieur

Mur occidental de la nef.
Parties orientales.

Depuis l'extérieur, l'église Saint-Martin donne l'impression d'un édifice presque uniquement gothique flamboyant, ce qui n'est en réalité pas le cas, comme l'a montré le regard sur l'intérieur de la nef. L'ensemble des murs est appareillé en pierre de taille, avec de la pierre calcaire d'un teint blond. Les élévations latérales séduisent par l'ampleur que prennent les baies vitrées, et le dessin de leurs réseaux. La façade occidentale est beaucoup moins avenante, ce qui vient de la nudité des murs des bas-côtés, dont les fenêtres occidentales ont été murées, et qui ne possèdent même pas de contreforts côté ouest. Quant à la petite porte du bas-côté nord, elle est extérieurement en anse de panier, et seulement entourée de quelques moulures prismatiques. L'ancien pignon de la nef a été démoli, et remplacé par le grand pignon commun aux trois vaisseaux, lors de la reconstruction du début du XVIe siècle. Le larmier en haut du mur de la nef correspond à la naissance de l'ancien pignon. Les deux contreforts plats, scandés par un larmier peu prononcé et s'amortissant par un glacis, délimitent latéralement le mur de la nef des années 1160-70. La partie inférieure de ce mur est entièrement occupée par le portail, qui est en tiers-point. Elle s'ouvre sous une quadruple archivolte, dont chaque voussure est moulurée uniformément d'un tore et d'une gorge. L'ensemble est surmonté d'un bandeau saillant, et sommé d'une croix. La voussure supérieure ne retombe pas sur des colonnettes à chapiteaux, mais son profil se prolonge latéralement au niveau des impostes. Le portail s'ouvre donc entre trois colonnettes à chapiteaux de chaque côté. Les tailloirs carrés affectent le même profil que ceux des grandes arcades de la nef, et les chapiteaux, qui se distinguent par la forme mince et allongée des corbeilles, sont tous sculptés des mêmes feuilles plates. Ils sont portés par de fines colonnettes appareillées. Ce portail est d'une facture élégante et austère à la fois[7].

Sur les élévations latérales des bas-côtés, la décoration fait entièrement défaut. Après les premières assises, les murs se retraitent grâce à un fruit, qui est agrémenté d'une plinthe moulurée. Les fenêtres occupent presque tout l'espace disponible entre les contreforts. Comme à l'accoutumée à la période flamboyante, la mouluration est identique à l'intérieur et à l'extérieur de l'église. Cependant, le larmier dans le prolongement des glacis au seuil des fenêtres n'existe pas à l'intérieur. Ce larmier passe autour des contreforts. Ceux-ci s'amortissent par un glacis à gradins, quatre assises avant le sommet des murs. En tant que base du clocher, la première travée du bas-côté sud dépasse d'un bon mètre la hauteur des murs gouttereaux. Ici, les contreforts sont différents. Ils montent jusqu'à la gouttière, et sont munis d'un larmier simple au niveau du glacis sommital des autres contreforts. Le clocher proprement dit est d'une largeur moins importante que sa base. Cette différence de largeur est rachetée par des toits en appentis. L'étage de beffroi est constitué de deux arcades en anse de panier par face. Trois niveaux d'abat-sons passent tout autour, et confèrent à la petite construction une apparence pittoresque. La flèche octogonale est un peu trapue. Restent à évoquer les parties orientales, qui ne donnent lieu qu'à un petit nombre de remarques. Les rampants des trois pignons des anciens croisillons et du vaisseau central sont garnis de cinq ou six crochets. Assez curieusement, les anciens croisillons n'ont pas de contreforts, mais sont épaulés, à l'intersection avec les bas-côtés, par les contreforts de ces derniers. Au chevet, l'on trouve seulement deux contreforts, qui appartiennent aux travées triangulaires, ce qui explique leur position oblique. Le mur oriental du vaisseau central ne dispose pas de contreforts propres, ce qui est apparemment imputable au manque de place : le mur de clôture du cimetière passe immédiatement devant le chevet.

Mobilier

Voir aussi

Notes et références

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