Église Saint-Alexandre de Charvieu-Chavagneux

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CulteChristianisme orthodoxe
PaysDrapeau de la France France
Église Saint-Alexandre de Charvieu-Chavagneux
Image illustrative de l’article Église Saint-Alexandre de Charvieu-Chavagneux
Image illustrative de l’article Église Saint-Alexandre de Charvieu-Chavagneux
Présentation
Culte Christianisme orthodoxe
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 45° 45′ 11″ nord, 5° 09′ 43″ est

L'église Saint-Alexandre (en grec moderne : Ἱερὸς Ναὸς Ἁγίου Ἀλεξάνδρου / Ierós Naós Agíou Alexándrou) de Charvieu-Chavagneux est une église orthodoxe dépendant du Patriarcat oecuménique de Constantinople, fondée en 1917 à Charvieu-Chavagneux, dans le quartier du Réveil. Elle est notable comme la première église orthodoxe en Auvergne-Rhône-Alpes de l'époque contemporaine.

Fondée par des Grecs arrivés pendant la Première Guerre mondiale, l'église suit l'évolution de la communauté grecque des environs et est créée lorsqu'Alexandre Grammont, un riche industriel de la région, offre un hangar à la communauté pour y célébrer le culte. Entre 1917 et 1929, l'église sert de lieu de culte pour les orthodoxes de la région - jusqu'à ce que le prêtre en charge ne soit renvoyé. De 1929 aux années 1960, l'église est desservie occasionnellement par le clergé orthodoxe de Lyon - et occupée un temps par un prêtre uniate. Dans les années 1960, la Métropole orthodoxe de France y réaffecte un prêtre et l'église poursuit ses activités depuis.

Prémices

À Charvieu-Chavagneux et Pont-de-Chéruy, comme dans une partie importante du territoire français, la diaspora grecque suit plusieurs vagues d'installation au début du XXe siècle, dont les principales se déroulent en plusieurs vagues à partir de la Première Guerre mondiale, des génocides ottomans tardifs, y compris le génocide grec pontique, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe[1].

Dès la Première Guerre mondiale, un nombre relativement important de Grecs se retrouvent dans la région, autour de l'agglomération lyonnaise, où environ 1600 s'installent en 1916 et sont logés dans environ 80 logements d'environ 25 mètres carrés - dont la capacité de logement est dépassée de quatre à cinq fois[2]. Ils travaillent dans les industries Grammont, du nom d'Alexandre Grammont[2].

Fondation et évolutions

Entrée de l'église en 2016

En 1917, Grammont - qui aurait été supposément philhellène - donne un hangar prévu pour devenir une cuisine collective à la communauté pour qu'elle puisse y tenir ses cultes[2],[3]. Le nom donné à la nouvelle église est celui de Saint-Alexandre : il s'agit de la première église orthodoxe en Auverge-Rhône-Alpes de l'époque contemporaine[2],[3].

Dans les années 1920, une deuxième vague d'immigration issue de réfugiés de la Grande Catastrophe en partie mais d'une majorité de Grecs qui se déplacent pour des raisons économiques, s'ajoute à la première[2]. Bien que cette vague ne soit pas directement touchée par les persécutions, elle adopte des positions mémorielles très proches de celle des réfugiés - et l'histoire de la communauté grecque est réinterprétée au fil du temps comme provenant majoritairement de réfugiés de la Grande Catastrophe et du génocide grec pontique[2]. Cette évolution mémorielle est considérée comme intéressante par Céline Zervudacki, car elle signifie que les Grecs de Charvieu-Chavagneux et Pont-de-Chéruy, ont transformé au fil du temps la mémoire d'une immigration principalement économique à une mémoire traumatique marquée par la fuite, les massacres, et l'accueil d'un bon industriel français qui les aurait aidé et qui, par son nom même, Alexandre, aurait prouvé son attachement à la Grèce - la communauté grecque de cette région est ainsi marquée par un fort attachement aux épisodes traumatiques de l'histoire récente des Grecs[2],[4].

Suite à la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle vague d'immigration vient se fixer dans la ville, celle des « Nouveaux », en opposition aux « Anciens », issus des deux premières[2]. Les « Nouveaux » viennent principalement de la région de Macédoine pour des raisons économiques, et leur immigration se déroule entre 1950 et 1970, en prenant en compte les premières années de la dictature des colonels (1967-1974)[2]. Les « Nouveaux », dont une partie a des origines micrasiates ayant fui les massacres, mais pas tous, reprend aussi la mémoire des génocides ottomans visant les Grecs[2]. De manière générale, tandis que cette vague a des différences générationnelles et géographiques, le sentiment qui prédomine est celui d'une communauté unique et unifiée à Pont-de-Chéruy et Charvieu-Chavagneux[2],[4].

Sur le plan religieux, l'église est d'abord placée sous l'administration d'un prêtre originaire de Corfou, qui exerce jusqu'en 1929 quand il est congédié par la communauté pour ses « mœurs trop libres »[5]. À partir de ce renvoi, l'église de Charvieu-Chavagneux n'est plus occupée de manière suivie par un prêtre orthodoxe jusque dans les années 1960 - à la place, des prêtres doivent se déplacer depuis Lyon, quand ce n'est pas un prêtre uniate - donc catholique grec, qui s'en occupe en se considérant comme le réel représentant de la communauté grecque - il fait notamment des recommandations à l'embauche dans les usines Grammont auprès des patrons[5]. Des conflits avec les anticléricaux existent aussi au sein de la communauté dans ces années[5].

Alors que les Grecs en France ont généralement des trajectoires socio-économiques dans les professions intellectuelles et libérales à partir de la deuxième génération, les Grecs de Charvieu-Chavagneux et de Pont-de-Chéruy restent marqués par une forte orientation ouvrière[3].

Vie paroissiale

Références

Bibliographie

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