Église Saint-Charles de Marnaval

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Paroisse Saint-Dizier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Église Saint-Charles de Marnaval
Marnaval : église vue de la façade avec ses deux tours
Présentation
Type
Destination actuelle
Eglise
Diocèse
Paroisse
Paroisse Saint-Dizier (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dédicataire
Saint-Charles-Borromée
Style
roman
Architecte
Charles Albert de Vathaire
Construction
Religion
Propriétaire
Commune Saint-Dizier
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Commune
Quartier
Marnaval
Coordonnées
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L'église Saint-Charles-Borromée de Marnaval est située dans le quartier de Marnaval au sud de la ville de Saint-Dizier, dans la Haute-Marne, en région Grand Est. Elle a été construite en briques de laitier.

L'église Saint-Charles est édifiée sur une butte arasée dans l’axe de l’entrée de l’ usine et de ses hauts-fourneaux deux des 4 hauts-fourneaux de l'ancienne usine métallurgique des Forges de Champagne. Elle est située sur la rive gauche de la Marne près de la route de Saint-Dizier à Chaumont

Contexte

Au début de la IIIe République, l'usine est reprise en 1871 par Émile Giros qui va la développer considérablement[1]. On compte alors 687 ouvriers en 1887 pour une population de 1305 habitants en 1889 et 800 ouvriers, en 1895.

Historique de l'église

Marnaval est un quartier de Saint-Dizier (Haute-Marne) où s’est développée une activité sidérurgique à partir de 1603. En 1874, Émile Giros (1835-1894) devient l’administrateur-délégué de Marnaval et crée la Société des Forges de Champagne qui deviendra la Compagnie des Forges de Champagne en 1881. Émile Giros bâtit « le grand Marnaval » qui compte 800 ouvriers et une population totale de 1305 habitants en 1889. Parallèlement, il met en place une politique sociale innovante comprenant logements, écoles, économats, caisses de retraites, de secours, d’assurance, d’épargne, dispensaire et diverses institutions (fanfares, gymnastique, formation militaire…)

Ne disposant dans l'usine que de deux petites chapelles (chapelle du Pont de la Grotte, exigüe et éloignée du centre, et la chapelle de M. Becquey[2]), rattachée à la paroisse Notre-Dame éloignée de 4 km, la population de Marnaval a émis le souhait d’avoir son église et son cimetière – souhait d’autant plus ardent qu’en 1883 l’explosion d’une chaudière a fait 30 morts et plus de 60 blessés.

L’usine achète à la municipalité 1 hectare 68 ares en 1892 pris sur la forêt communale, pour la construction de l’église, d’écoles de garçons et de filles, la ville se réservant 27 ares supplémentaires pour la création d’un cimetière.

Les plans de l’église ont été réalisés par Charles, Albert de Vathaire, ingénieur principal des Forges de Champagne, assisté de l’abbé Nalot, vicaire de l’église Notre-Dame et architecte diocésain. Le choix des matériaux fait de l’église de Marnaval un unicum : les briques de laitier fabriquées par l’usine à partir des déchets des hauts-fourneaux et le béton de laitier. Sa construction (mai 1894-mai 1895) a été confiée à l’entreprise Ratinet. La première pierre est bénie le 4 mai 1894 puis l'église achevée sera bénie par le curé de Saint-Dizier, le 30 mai 1895[3]. Émile Giros décèdera avant la fin des travaux en 1894[4]

Elle reste propriété de l’usine jusqu’en 1991, date de sa cession à la municipalité par Tréfilunion, sous la pression des Marnavalais.

L'église de Marnaval est classée monument historique par arrêté du 19 août 2025 après avoir été inscrite par arrêté du [3].

Description

L'église est l’unique exemple d’une église construite en briques de laitier, issues des scories provenant de la briqueterie située à côté des hauts-fourneaux du Pont de la Grotte à 1500 mètres de l'église. En 1912, l’église sera dotée de trois cloches fondues à Robécourt par Ferdinand Farnier.

Façade

Carte postale vers 1900 mise en couleur
Carte postale vers 1900 mise en couleur

De style roman, l'église est en forme de croix latine, orientée à l’ouest. Sa façade est composée de deux tours implantées de biais, surmontées par des terrasses. Il avait été prévu de créer des flèches en haut des tours, mais ce projet a été abandonné.Entre elles, un porche ouvert supporté par des colonnes en béton. Elle est ornée de deux statues en fonte : un Sacré Cœur et une Vierge provenant de la chapelle du Pont de la Grotte. Le chœur est couvert de tuiles plates en écaille, les bas-côtés de zinc et de tuiles flamandes pour le reste de l’édifice.

Intérieur

Intérieur de l'église de Marnaval
Intérieur de l'église de Marnaval

L’intérieur donne une impression de grandeur (47 m de long, 22 de large, 15 de haut) à cause de l’étroitesse des bas-côtés. Une tribune ouvre la nef, éclairée par une grande fenêtre géminée. La nef comporte quatre clefs de voûtes supportées par quatre colonnes en béton de laitier avec chapiteaux et donnant naissance aux arcs-doubleaux et aux nervures des voûtes. Elle est éclairée par trois fenêtres divisées par un meneau et surmontées par un tympan avec rosace. Les deux transepts sont éclairés par une grande rosace de sept lobes. Le chœur se compose d’une travée droite et d’une abside à cinq pans voûtées, ensemble d’une voûte d’ogives à huit quartiers.

Mention de donateurs : famille Giros
Vitrail avec la mention de la famille d''Emile Giros

Vitraux

On compte sept fenêtres dont les quatre premières sont garnies de grisailles ; les trois du fond représentent le Sacré-Cœur, saint Émile et saint Charles. Les noms des donateurs (familles liées à la métallurgie) sont mentionnés sur les vitraux. La rosace montre en son centre une allégorie de l'usine : roue dentée, chaîne, outils des ouvriers fondeurs). Au dessus de celle-ci, les armoiries de la famille Becquey (Jules Becquey (1802-1863) arrive à Marnaval en 1835. Il sera maire de Saint-Dizier entre 1847 et 1848. La date de prise en main de l'usine n'est pas connue, mais à sa mort, il est cité comme "propriétaire de forge"[5].

Cimetière

Un cimetière jouxte l’église, également inauguré en 1895. La dépouille d’Émile Giros (maître de forges et maire de Saint-Dizier) y a été transférée pour répondre à ses dernières volontés d’être inhumé au milieu de ses ouvriers [6]. Sa tombe est surmontée d’une stèle portant son buste en bronze, œuvre du sculpteur Édouard Houssin.

Anecdote

Références

Voir aussi

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