Église Saint-Denis de Méry-sur-Oise
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| Église Saint-Denis | |||
Vue depuis le sud-ouest. | |||
| Présentation | |||
|---|---|---|---|
| Culte | Catholique romain | ||
| Type | église paroissiale | ||
| Rattachement | Diocèse de Pontoise | ||
| Début de la construction | XIIIe siècle (chevet) ; puis vers 1480 | ||
| Fin des travaux | vers 1590 | ||
| Style dominant | gothique flamboyant, Renaissance | ||
| Protection | |||
| Géographie | |||
| Pays | France | ||
| Région | |||
| Département | |||
| Commune | Méry-sur-Oise | ||
| Coordonnées | 49° 03′ 57″ nord, 2° 11′ 24″ est[1] | ||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Val-d'Oise
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| modifier |
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L'église Saint-Denis est une église catholique paroissiale située à Méry-sur-Oise, en France. Elle a été presque entièrement construite entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle, dans le style gothique flamboyant, en conservant toutefois le chevet du XIIIe siècle. Son plan est très simple : une nef de six travées accompagnée d'un unique collatéral de même longueur, ainsi qu'une petite chapelle latérale. Dans le détail, certaines particularités apparaissent néanmoins, telle la configuration irrégulière des travées les plus occidentales. Bien que le collatéral représente la première partie construite à la fin du XVe siècle, comme le montre le portail flamboyant et l'année de 1485 gravée dans une clé de voûte, ses fenêtres sont de style Renaissance, tout comme les chapiteaux des grandes arcades faisant communiquer le collatéral avec la nef. Il doit s'agir d'un remaniement de la seconde moitié du XVIe siècle, mais l'histoire de l'église n'a pas encore été écrite. Le lien étroit avec le château de Méry et ses seigneurs ne fait pas de doute, et une porte fait directement communiquer la chapelle latérale avec le château. Pourtant, l'architecture globalement assez sobre de l'église n'affiche aucune ambition particulière, ni un besoin de représentation. Elle est classée au titre des monuments historiques par arrêté du [2].

L'église est située dans le département français du Val-d'Oise, sur la commune de Méry-sur-Oise, rue de L'Isle-Adam, en dehors du centre du bourg. L'église est mitoyenne du château de Méry, et trois de ses façades donnent sur le domaine du château. Seule la façade méridionale est visible depuis la rue ; elle est précédée par le parvis de l'église, en contrebas de la rue. Depuis le parc du château de Méry, propriété municipale, l'on peut apercevoir le clocher et le mur occidental. L'église étant bâtie à flanc de coteau, l'on doit encore descendre plusieurs marches pour entrer dans le porche devant la façade méridionale, puis descendre un deuxième escalier pour pénétrer enfin dans l'édifice. Le sol de l'église se situe donc nettement en dessous du niveau de la rue, ce qui pose des problèmes d'humidité (voir ci-dessous).
Historique
Les origines et la construction
L'église Saint-Denis n'ayant pas encore fait l'objet d'une monographie ou d'une étude archéologique poussée, de très importantes lacunes dans la connaissance de son histoire subsistent, et le présent article ne saura donner qu'un bref aperçu. En 1892, le comte Edgar Ségur-Lamoignon et Joseph Depoin publient bien la première partie de leur « Histoire seigneuriale, civile et paroissiale de Méry-sur-Oise »[3], mais elle est consacrée uniquement à la seigneurie, et la seconde partie n'est jamais parue.
Un prieuré aurait été fondée par les moines de l'abbaye Saint-Denis dès le VIe siècle, et ils auraient construit une première église en 862, ce qui explique son placement sous le vocable de Denis de Paris, évangélisateur de la région. Les moines délaissent Méry-sur-Oise au XIIIe siècle[4]. La précédente église de Méry-sur-Oise datait justement du XIIIe siècle et était de style gothique. Elle a été dévastée sous la guerre de Cent Ans, et seul le mur du chevet et les fonts baptismaux en subsistent. La reconstruction de l'église aurait été entreprise à partir de 1485, sur ordre du seigneur Charles d'Orgemont. Est concernée par cette campagne de travaux la chapelle seigneuriale au nord du chœur, dont la pierre de dédicace porte la date du . L'une des clés de voûte du collatéral porte la date de 1485, et l'agence des Bâtiments de France (ABF) le date effectivement du XVe siècle : la reconstruction a donc dû commencer bien avant 1485. Le clocher, qui se dresse au-dessus de la première travée de la nef, est également daté du XVIe siècle par l'ABF. Ces parties sont de style gothique flamboyant[5],[6].
Quant à la nef principale, de la deuxième à la sixième et dernière travée, l'ABF la date du XVIe siècle. Pierre d'Orgemont a donc dû conserver la nef gothique dans un premier temps, précédée par le nouveau clocher à l'ouest, flanquant le collatéral de six travées au sud, et donnant accès à la chapelle seigneuriale au nord de sa dernière travée. Le choix de reconstruire le collatéral avant la nef peut donc surprendre, d'autant plus que ces deux parties communiquent entre elles par de larges arcades. Elles sont homogènes tant du côté du collatéral que de la nef, et comportent des chapiteaux d'inspiration antique, d'ordre ionique : il s'agit d'œuvres de la Renaissance, qui apparaît dans la région avec le château d'Écouen, bâti entre 1538 et 1555. Les piliers des grandes arcades ont donc dû être repris en sous-œuvre, peut-être en remplacement des piliers gothiques du XIIIe siècle, ou sinon des piliers ondulés de la période flamboyante[5],[6], car l'église aurait souffert pendant les guerres de religion des années 1570 / 1590, puis remise en état sous Antoine de Saint-Chamans[4], seigneur de Méry à partir de 1597[7]. L'église étant directement attenante au château, elle est exposée aux conflits à chaque fois que l'on s'attaque au château.
Les restaurations

L'édifice aurait subi plusieurs remaniements durant les siècles qui ont suivi[5],[6] ; ils n'ont pas modifié sa structure ni porté atteinte à son style. Une clé de voûte du collatéral porte la date de 1897. L'église Saint-Denis est classée au titre des monuments historiques par arrêté du [2], à la suite d'un rapport de l'architecte Paul Selmersheim de 1910. Mort en 1916, il est relayé par Gabriel Ruprich-Robert, architecte en chef des monuments historiques, et Paul Boeswillwald, inspecteur des monuments historiques. À partir de 1920, ils font effectuer des travaux de réparation, financés en partie par la commune elle-même. Il s'agit de la réfection de la couverture du clocher, de la reprise d'un contrefort et de réparations de la charpente et de la couverture. Une lettre de 1926 fait état du délabrement des voûtes qui prennent l'eau[8].
En 1927, Paul Boeswillwald confie le dossier à l'architecte en chef des monuments historiques Jules Formigé. Des travaux de réfection des toitures ont lieu à la fin de cette même année. Les abat-sons des baies du clocher sont remplacés entre septembre 1937 et février 1938 ; entretemps, Jules Formigé est remplacé par Pierre Paquet. Ce dernier n'intervient plus à Méry du fait de l'éclatement de la Seconde Guerre mondiale un an et demi plus tard. La couverture de l'église est endommagée par des bombardements et le mur du collatéral sud prend l'eau[8].
Les premiers travaux à partir d'avril 1945 sont financés par des crédits d'urgence et portent donc essentiellement sur l'assainissement de ce mur. Ce ne semble pas être chose aisée car faisant l'objet de plusieurs devis et attributions de marchés successifs, jusqu'à la fin de l'année suivante, et un nouveau procédé breveté « Knapen » est essayé en juillet 1946. Ce n'est que fin 1947 que les crédits pour la réparation des toitures sont débloqués. L'architecte en chef des monuments historiques Robert Camelot assure la direction de la restauration jusqu'en 1949, puis il passe le flambeau à Ernest Herpe. Ses premiers projets sont la consolidation des piliers et la remise en état du remplage des fenêtres, et de nouvelles vitres sont installées en 1950. L'état global de l'église est toujours très fragile : en 1951, la voûte d'ogives de l'avant-dernière travée de la nef doit être étayée ; fin 1952, l'assainissement du mur du sud est une fois de plus d'actualité ; et en 1952, le chevet doit être consolidé. L'architecte en chef des monuments historiques Sylvain Stym-Popper est chargé des dossiers à partir de 1954. Avec l'avancement des réparations, de nouveaux problèmes surgissent sans cesse et d'autres voûtes de la nef et du collatéral doivent être étayées en 1954 et 1955. Stym-Popper soumet des devis pour l'achèvement de la réparation des dommages de guerre le et le , concernant la maçonnerie et les vitraux : ces travaux sont menés en automne 1959. L'achèvement de la restauration intérieure s'échelonne de mai 1960 à mars 1961. Finalement, des travaux d'étaiement puis de consolidation de voûtes deviennent de nouveau nécessaires entre février 1967 et mars 1969[8].


