Église Saint-Georges de Grenoble

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Église Saint-Georges de Grenoble
Image illustrative de l’article Église Saint-Georges de Grenoble
Présentation
Culte orthodoxe
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Coordonnées 45° 10′ 49″ nord, 5° 43′ 16″ est

L'église Saint-Georges (en grec moderne : Ἱερὸς Ναὸς Ἁγίου Γεωργίου / Ierós Naós Agíou Georgíou) de Grenoble est une église orthodoxe dépendant du Patriarcat oecuménique de Constantinople, fondée en 1918 à Grenoble sous la forme d'une chapelle, avant d'être construite et refondée sous la forme d'une église en 1956.

À la suite de l'installation dans la région de nombreux Grecs, qui rejoignent la France pendant la Première Guerre mondiale ou comme réfugiés des génocides ottomans tardifs, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe, la communauté grecque, surtout composée de survivants de l'incendie de Smyrne, commence à établir deux lieux de culte orthodoxes, une chapelle Saint-Georges et une de l'Annonciation ; toutes deux dans de petits locaux. Dans les années 1950, la communauté fait une récolte de fonds et construit l'église - qui s'engage depuis dans diverses activités, comme la mémoire du génocide grec pontique.

Prémices

Photographie de l'incendie de Smyrne, avec la population grecque et arménienne bloquée contre les quais de la ville en essayant d'être sauvée
Résultats de l'incendie de Smyrne

À Grenoble comme dans une partie importante du territoire français, la diaspora grecque suit plusieurs vagues d'installation principales au début du XXe siècle, dont les principales se déroulent en plusieurs vagues à partir de la Première Guerre mondiale, des génocides ottomans tardifs, y compris le génocide grec pontique, de la guerre gréco-turque et d'un ensemble d'événements désignés sous l'appellation de la Grande Catastrophe[1]. En 1916, lorsque les Grecs d'Asie Mineure et du Pont fuient vers la Grèce depuis l'Empire ottoman puis la Turquie pour échapper aux massacres, les consuls français de la région voient cette main d'œuvre potentielle avec intérêt - et environ 7.000 sont amenés par des navires ravitailleurs de l'Armée d'Orient, qui sont vides - et sont accueillis par la France car la main d'œuvre polonaise ou italienne ne peut être « utilisée » dans ce cas : les Grecs qui se réfugient montent sur les navires Abda, Arménie, Brittania, Britanika, Djemnach, Doukkala, Elsie, Maryland, Markella, Natal et Odessa[1]. Des deux millions de Grecs qui deviennent réfugiés de guerre - soit un peu moins de la moitié de la population de la Grèce à l'époque[2], environ 25,000 rejoignent la France, dont une partie se trouve à Grenoble[1],[3].

La plupart des Grecs de Grenoble est originaire de Smyrne[4], incendiée par les troupes turques en 1922, poussant entre 80,000[5] et 400,000[6] Grecs et Arméniens de la ville à se concentrer sur le rivage et les quais de la ville, où les Turcs les massacrent pendant des semaines et où de nombreux se noient en essayant de fuir[7]. Des dizaines de milliers d'entre eux sont ensuite déportés en Anatolie, où ils meurent pour la quasi totalité[8],[9].

Installation et premiers lieux de culte à Grenoble

Étant donné que la ville se trouve dans l'axe rhodanien entre Marseille et Lyon, qu'empruntent de nombreux arrivants remontant vers Paris - Grenoble est l'une des plus anciennes communautés grecques importantes en France pendant l'époque contemporaine[3].

Dès 1918, un lieu de culte est ouvert dans un appartement de la Rue Servan, ce qui en fait l'un des plus anciens lieux de culte orthodoxes grecs en France depuis le schisme de 1054, avec celui de Marseille (1821) et de Paris (1895)[3]. La communauté met en place plusieurs organisations, l'Union amicale des Hellènes de Grenoble, créée en 1921 - future Union générale des Orthodoxes de Grenoble, et l'Association d'entraide sociale, qui tient une équipe de football pendant l'Entre-deux-guerres[3]. On trouve aussi diverses associations qui gravitent dans ces cercles, comme le groupe Orphée, fondé en 1933, qui organise un orchestre et une troupe de théâtre[10].

Il existe en réalité une division des Grecs de Grenoble - qui mettent en place deux lieux de culte, celui de la rue Servan auquel le nom de Saint-Georges est donné et un autre, la chapelle de l'Annonciation de la Sainte Vierge, se trouvant dans un appartement rue Hébert[10]. Les deux lieux de culte concernent les mêmes fidèles et sont situés à peu de distance l'un de l'autre - l'existence d'une séparation reflète les lignes politiques alors en cours en Grèce, avec d'une part, les vénizélistes, et d'autre part, les royalistes[10].

Construction et histoire de l'église

L'église en 2017, se trouvant au 3 rue du général Mangin[11]

Bien que la communauté dispose de lieux de culte, ceux-ci ne sont que transitoires et il faut attendre les années 1950 pour que la construction d'une église à part entière ne débute[3]. La communauté locale commence alors à récolter des fonds en son sein pour essayer d'en réunir suffisamment en vue de cette construction - de nombreux Grecs de Grenoble et des environs y participent, le groupe Orphée finance à travers l'organisation d'événements[10]. En 1956, l'édifice est construit à Grenoble, et les Grecs peuvent s'y rendre[10]. Ils y organisent un certain nombre d'activités culturelles, y accueillent par exemple un groupe de danse et de scouts[10].

Dans les décennies suivantes, l'église évolue avec les mutations de la démographie orthodoxe en France et accueille d'autres communautés orthodoxes non grecques[10].

L'église est fréquemment visitée par des responsables religieux de la Métropole orthodoxe de France[12],[13] et s'engage dans un travail de mémoire sur le génocide grec pontique[14].

Paroisse

Références

Bibliographie

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