Église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Civaux

From Wikipedia, the free encyclopedia

Type
église paroissiale
Paroisse
Paroisse Sainte-Jeanne-Elisabeth-en-Montmorillonnais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dédicataire
Eglise Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Civaux
Présentation
Type
église paroissiale
Diocèse
Paroisse
Paroisse Sainte-Jeanne-Elisabeth-en-Montmorillonnais (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Dédicataire
Style
Art roman
Construction
IVe – XIIe siècle
Religion
Patrimonialité
Localisation
Pays
France
Région
Département
Commune
Civaux
Coordonnées

L’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais de Civaux, située dans le département de la Vienne est une des plus anciennes de France. Elle est dédiée à saint Gervais et saint Protais, deux frères jumeaux, martyrisés au Ier siècle. Le culte est très répandu dans le Poitou après la découverte des corps de ces deux martyrs en 386 à Milan. Aussi trouve-t-on d’autres églises aux alentours portant le même vocable : L'Isle-Jourdain, Millac, Persac et Nérignac.

L’édifice actuel résulte d’importantes restructurations au fil des siècles, témoignant alors de son ancienneté.

La première mention dans un texte date de 862 : l'église est citée dans la Charte de Saint-Hilaire en tant que siège d’une viguerie vicaria Exidualensis in pago Pictavo »). Elle appartient alors à l’abbaye de Saint-Cyprien de Poitiers. Une autre source confirme son statut en 902 : "vicaire Exidulensis". Enfin l’église est citée dans le cartulaire de Saint-Cyprien en 963-964. Plus aucune trace de l’église n’est présente par la suite dans les écrits de Saint-Cyprien. Ce serait alors au milieu du XIIe siècle qu’elle serait devenue un prieuré rattaché à l’abbaye de Lesterps en Charente, rattachement qui perdurera jusqu’à la Révolution française.

Stèle chrétienne, IVe siècle, Civaux.

Néanmoins, les fouilles archéologiques (2016 et 2017, non encore publiées) ont permis de reconstituer une chronologie beaucoup plus complexe. La base du chœur est datée vers 400 ; il pourrait s'agir d'un mausolée chrétien d'époque romaine d'où la stèle d'Aeternalis et de Servilla, trouvée dans le mur de l'abside et la présence de deux pans de mur de cette époque toujours visibles dans le chœur. Sur cette stèle chrétienne, le chrisme est représenté entouré de l’alpha et de l’oméga, la première et la dernière lettres de l’alphabet grec. En-dessous, l’inscription est en latin : « Aeternalis et Servilla, vivatis in Deo », littéralement, « Eternel et Petite Servante, vivez en Dieu ».

On ne sait rien de la première église, s'agissait-il d'un temple christianisé, situé peut-être sous la nef de l'église actuelle ?

De l'époque mérovingienne, sont conservés le chevet actuel daté des VI-VIIe siècles et attenant à l'église les vestiges d'une piscine baptismale, le tout construit sur les ruines d'un sanctuaire romain. Les dimensions et le plan de l'église mérovingienne sont inconnus.

Aux XIe et XIIe siècles, on édifie la nef actuelle, la partie basse du clocher et la partie haute du chevet. Au siècle suivant, la nef est divisée en trois vaisseaux grâce à l’implantation de colonnes ornées de chapiteaux. Les niveaux supérieurs du clocher sont ajoutés.

Par la suite de nombreuses campagnes de réfection et de restauration sont entreprises : le presbytère est construit en 1772 et au XIXe siècle , l'abbé Ribouleau embellit l'église avec les peintures toujours visibles dans l'église, ouvre le chevet pour installer un grand vitrail et découvre par la même occasion la stèle d'Aeternalis et Servilla.

L'église est finalement classée au titre des monuments historiques en 1913[1].

Architecture

Le chevet mérovingien est de plan heptagonal. Il est constitué sur les trois quarts de sa hauteur d’un petit appareil cubique mérovingien avec des chaînages d’angles, le reste est constitué de pierres grossièrement taillées de l'époque romane. Un jeu de polychromie, comme le veut la tradition romaine, est visible au niveau des trois fenêtres en plein cintre : les briques rouges et les joints constitués de mortier de tuileau contrastent avec la blancheur du calcaire utilisé. De part et d’autre de la fenêtre centrale est ajoutée une pierre calcaire taillée en losange subdivisée en quatre parties.

Le clocher est supporté par quatre piliers cruciformes tous édifiés vers l’an Mil. Les deux niveaux supérieurs, ajoutés au début du XIIe siècle, offrent sur chaque face deux baies en plein cintre. Une corniche divise les deux niveaux du clocher supportée par des modillons. Le clocher se termine par une flèche en pierre.

Nef et ses deux colonnades

La nef est construite dès le Xe siècle, ce dont témoigne l’archaïsme d'une fenêtre du mur nord dont l'arc est monolithe (composé d'un seul bloc de pierre). Elle est constituée alors d’un unique vaisseau charpenté. C’est au XIIe siècle que la nef est restructurée, probablement à la suite d'un incendie. Elle est divisée en trois vaisseaux, par deux rangées de trois colonnes surmontées de chapiteaux sculptés. Elle est voutée en berceau dans le vaisseau central, et en arêtes dans les vaisseaux collatéraux. La voûte est alors reconstruite plusieurs fois entre le XVe et le XXe siècle.

La façade occidentale date de la même époque que la nef, vers le XI-XIIe siècle. D’une grande sobriété, elle supporte simplement une corniche recevant des modillons figurés datés du XIIe siècle.

Le décor de l’église

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI