Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Revigny-sur-Ornain
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| Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul | |
Vue partielle depuis le sud. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique romain |
| Dédicataire | Saint-Pierre, Saint-Paul |
| Type | Église paroissiale |
| Rattachement | Diocèse de Verdun |
| Début de la construction | Fin XVe siècle |
| Fin des travaux | Début XVIe siècle |
| Autres campagnes de travaux | Reconstruction du clocher sur la première travée de la nef (1705) Restauration complète de la nef (1859-1864) Restauration complète de l'édifice (après-guerre) |
| Style dominant | Gothique flamboyant |
| Nombre de flèches | 1 |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Département | Meuse |
| Commune | |
| Coordonnées | 48° 49′ 49″ nord, 4° 59′ 03″ est |
| Superficie | 992 m² |
| modifier |
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L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Revigny-sur-Ornain est le principal édifice religieux de la ville de Revigny-sur-Ornain, dans le département de la Meuse en France. De style gothique flamboyant, cette église paroissiale catholique domine avec sa pointe la partie la plus ancienne de la commune, à proximité de son ancienne maison forte. L'église fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques depuis 1908.
Elle est le siège de la paroisse Sainte Mère Teresa des Valmonts d'Ornain[1].
Aux origines de l'édifice (XVe siècle)

L'emplacement de l'actuelle église Saint-Pierre-et-Saint-Paul accueille un lieu de culte au moins à compter du Moyen Âge central. Des écrits locaux mentionnent qu’un premier édifice religieux existe au XIIe siècle, rendu possible par des prébendes attribuées au chapitre de Ligny-en-Barrois[2].
Par la suite, est également attestée la présence d'une église de style gothique flamboyant à Revigny-sur-Ornain, néanmoins détruite lors d'un incendie provoqué par l'armée anglaise en 1422[3]. Son emplacement exact demeure inconnu.
C'est entre la fin du XVe siècle et le début du XVIe siècle qu'est bâti l'édifice actuel. La principale phase de sa construction se situe durant le règne de René II de Lorraine, souverain du duché de Bar à partir de 1480[2]. Sous l'Ancien Régime, le patronage de la cure de Revigny appartient aux chanoines et au chapitre de Ligny-en-Barrois, qui reçoivent trois onzièmes de la dîme. Les autres décimateurs sont le curé du lieu, le chapitre de Saint-Pierre de Bar, le prieuré de Dieu-en-souvienne, l'hôpital de Revigny, la chapelle Saint-Honoré de Neuville et quelques nobles[4].
Première dévastation lors de la guerre de Trente Ans (1639)
Pendant la guerre de Trente Ans, en 1639, les troupes suédoises alliées du roi de France et en guerre contre Charles IV de Lorraine arrivent aux portes de Revigny. Pierre Fleury, curé de la paroisse en ce temps, relate que les Suédois se font alors pilleurs, violeurs et meurtriers d'hommes d'Église dans tout le pays[4].
Avertis peu avant par les déplacés de villages voisins brûlés, les Revinéens se réfugient donc dans les bois et à Bar-le-Duc, au point que l'église s'en trouve déserte le jour de Pâques[4]. Les Suédois entrent et saccagent le bourg, bombardent l'église, incendiant ainsi sa toiture et sa charpente et laissant s'effondrer son clocher ainsi que les voûtes de son chœur[4],[5]. Au retour des habitants, les voûtes sont remplacées par de simples planchers et le clocher n'est reconstruit qu'en 1705, non plus au centre du transept mais sur la première travée de la nef[2],[5].
Deuxième dévastation lors de la Révolution française (1792-1793)
La Révolution française porte à son tour atteinte au patrimoine de la paroisse[2]. L'église est fermée au culte en exécution d'un décret de la Convention. Le maire Louis Hugot, accompagné d'un procureur, vient d'abord faire l'inventaire des objets de valeur en 1792. L'abbé Bouillet rapporte que des révolutionnaires tentent ensuite de convertir l'édifice en temple de la Raison, font descendre les cloches, brisent vases sacrés, reliquaires et statues de saints en-dehors et en-dedans de l'église, endommagent le grand orgue puis brûlent sur la place les livres et registres de la paroisse. En raison de cet épisode, la commune est toujours victime d'une pénurie de documents et d'archives d'Ancien Régime. Seuls 23 registres ont pu être sauvegardés, car transférés à la mairie peu avant[4]. L'état des archives se détériore néanmoins encore des suites de la première bataille de la Marne[6].
Malgré le saccage de l'église, les habitants continuent de pratiquer leur religion et de suivre les offices dans une grange voisine[4]. Avec le concordat, la paroisse est réunie avec le diocèse de Toul au diocèse de Verdun[4]. Sous le Second Empire, des travaux de réparation et de consolidation sont enfin réalisés selon les dessins d'Auguste Maxe, architecte diocésain[5]. La construction des voûtes de la croisée et de l'abside, du croisillon méridional du transept, le pavage et le dallage intérieur, l'établissement des tambours et la verrerie sont réalisés de 1859 à 1864[4]. Le plafond du chœur est ainsi remplacé par des voûtes en briques tubulaires pour renforcer la nef[2].
Troisième dévastation lors de la première bataille de la Marne (1914)

L’édifice connaît une nouvelle dévastation au cours de la Première Guerre mondiale. Lors de la bataille de la Marne en septembre 1914, la commune est le théâtre de violents combats et d'échanges d'artillerie. L'église s'en trouve bombardée et incendiée par les troupes allemandes. L'intérieur du clocher s'effondre sous les flammes ainsi que sa flèche, et les cloches fondent sous l'effet de la chaleur. Le grand-orgue baroque daté du XVIIIe siècle est à son tour réduit en cendres. Les quelques vitraux anciens qui subsistent sont ensuite détruits durant la Seconde Guerre mondiale[2].
À la fin des hostilités, les Revinéens entreprennent la restauration de l’édifice. Un nouvel grand-orgue est réalisé en 1958 par la maison Roethinger puis remanié en 1977 par Albin Unfer. Les vitraux, eux, ne sont refaits qu'en 1961. L’église reste fermée plusieurs années avant son rétablissement complet à la fin du XXe siècle.
Le 15 décembre 1999, la tempête Lothar endommage la toiture et nécessite la pose d’échafaudages pour consolider la charpente[2].
Architecture de l'édifice
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul est un édifice gothique dont la nef haute de douze mètres abrite trois vaisseaux soutenus par quatre paires d'arcs-boutants, est croisée d'un transept, et se termine sur un chœur voûté d'ogives et de style flamboyant caractéristique du duché de Bar au début de la Renaissance. La première travée accueille le clocher et sa flèche depuis 1705, qui se situaient à la croisée du transept avant leur destruction par les Suédois. L'édifice arbore une galerie de vingt-et-une gargouilles et chimères représentant lions et chiens, et autant de niches dont seulement une, dite la Tempête Apaisée, conserve à ce jour un groupe de trois personnages en son sain. Le grand portail occidental à deux portes et de style flamboyant tardif est surmonté d'un dais finement sculpté tandis que son portail sud est, lui, orné d'une clé de voute représentant René II de Lorraine[7].
Une devise en vers inscrite au-dessus d’une tourelle, sur un crépi de 1637, rappelle le passage des pèlerins de Compostelle :
« Passant, penses-tu pas passer par ce passage ? Si tu n’y penses pas, passant, tu n’es pas sage. »[8]
Dans un ouvrage de 1892, l'abbé Auguste Bouillet fait une description de très haute précision des architectures intérieure et extérieure de l'édifice telles qu'elles se présentaient avant les dommages causés par la Première Guerre mondiale. Il y offre notamment une critique relativement sévère des différents mouvements artistiques qui ont marqué l'église[4].
Facture d'orgues, mobilier liturgique et décorations
Mobilier liturgique et décorations
Bien que l'édifice soit vieux d'au moins cinq siècles, le mobilier liturgique date seulement du XIXe siècle et du XXe siècle, en raison des dévastations successives causées par les Suédois, les révolutionnaires, et enfin les troupes allemandes. On y trouve divers autels secondaires, fonts baptismaux et statues parfois hérités des églises détruites alentour[3].
Une chaire à prêcher en bois sculpté, de style baroque et datée du XVIIe siècle, a survécu aux différents épisodes historiques mais a été déposée après les guerres, en raison d'un style jugé trop contrastant avec l’esthétique gothique–renaissance de l’édifice. Elle est néanmoins
Classée MH (1991) au titre des objets et quelques fragments arborant rinceaux et oiseaux sculptés sont conservés[9].
L'église abrite enfin une série de quinze tableaux peints à l'huile sur bois taillé par Lucien Lantier entre 1952 et 1953, qui représentent un chemin de croix. Ces peintures sont de couleurs vives, typique de l'après-guerre, et sont
Classé MH (2010) au titre des objets[10].
Facture d’orgues de l'église
L'orgue de chœur, de style néo-gothique, est une création de la maison Jaquot-Jeanpierre & Cie datée de 1893. Le buffet de l'orgue est lui fait de chêne. Ces deux éléments sont
Classé MH (1993) au titre des objets[11],[12]. L'instrument est fait d'un clavier manuel expressif de 56 notes et d'un pédalier en tirasse permanente de 18, à transmission mécanique[13].
Le grand-orgue dit de tribune, lui, est une création de 1958 de la maison Roethinger venu remplacer son prédécesseur baroque du XVIIIe siècle, réduit en cendres lors de la Première Guerre mondiale. Il est remanié en 1977 par la maison Albin Unfer et se compose de deux claviers de 56 notes et d'un pédalier de 30, à transmission électro-pneumatique[2],[14].