Église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne
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| Église Saint-Saturnin de Nogent-sur-Marne | |
Vue d'ensemble de l’édifice avec le portail gothique provenant de la rue de Varenne, à Paris et le clocher en arrière-plan. | |
| Présentation | |
|---|---|
| Culte | Catholique |
| Type | Église |
| Rattachement | diocèse de Créteil |
| Début de la construction | XIe et XIIe siècles (clocher) |
| Fin des travaux | XIIIe siècle (nef et chœur) XVe, XVIe et XVIIe siècles (remaniement transepts collatéraux et portail) |
| Style dominant | Roman et gothique |
| Protection | |
| Géographie | |
| Pays | |
| Région | Île-de-France |
| Département | Val-de-Marne |
| Ville | Nogent-sur-Marne |
| Coordonnées | 48° 50′ 14″ nord, 2° 29′ 14″ est |
| modifier |
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L'église Saint-Saturnin est une église bâtie au XIIe siècle à Nogent-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Son clocher a été classé monument historique par la liste de 1862[1].
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L'église Saint-Saturnin est localisée dans le cœur de la commune de Nogent-sur-Marne, ville appartenant au département du Val-de-Marne, en région Île-de-France[2].
L'édifice religieux s'inscrit au centre d'un quadrilatère formé par la Grande-Rue-Charles-de-Gaulle, au nord ; la rue Edmond-Vitry à l'est ; la rue de l'Abbé-Guilleminault, au sud ; et enfin la rue Pasteur, à l'ouest[2]. Par ailleurs, une voie de petite taille, l'impasse Jeanne-Marguerite, permet d'accéder à sa cour externe (ou parvis)[2].
Enfin, le monument se place au sein de l'ancien fief devenu quartier et connu sous le toponyme des « Moineaux »[3],[4].
Histoire
Construction
Dans sa première phase de construction, au XIe et première moitié du XIIe siècle, seul le clocher du monument religieux est érigé[5]. Ce premier élément d'architecture, puis l'ensemble de l'église, sont alors associés au saint patron Saturnin, premier évêque de Toulouse[5].
La majeure partie de l'église a été bâtie dans la seconde moitié du XIIe siècle[6], sur un fief appelé le « fief du Moyneau » (ou « Moineau »[7]), lieu-dit également connu sous le nom de « Beaulieu » ou de « Garentières »[8],[9],[10]. Ce hameau avait fait l'objet d'un don de la part d'Adam II de Beaumont-Gâtinais, l'un des seigneurs de Villemomble[10].
Antérieurement à la construction de l'édifice, au IXe siècle, ce domaine, ainsi que l'ensemble du bourg de Nogent appartenait à un vaste territoire paroissial dont l'administration relevait de la tutelle religieuse de l'Abbaye située sur l'actuelle commune de Saint-Maur-des-Fossés[8].
L'élévation et les premiers témoignages indiquant l'existence de l'église au cours du bas Moyen Âge, apparaissent, selon le prêtre et historien Jean Lebeuf, contemporains à ceux du château de Plaisance, ancienne résidence également localisée sur les terres nogentaises[11].
À sa mise en place, l'église se révèle alors être sous l'attribution du diocèse de Paris[11].
Moyen Âge
À l'époque médiévale, pour les habitants de la paroisse de Nogent, au terme de la messe, une coutume consistait à boire jusqu'à la lie le vin produit localement et disponible dans l'église[7]. Cette caractéristique, ou us, du rituel de fin de cérémonie, a été mise en évidence sous forme anecdotique par l'historien Arsène Houssaye (1814-1896) :
« Au Moyen Âge, sans doute que les moines en avaient donné l'exemple, ou pour se conformer au fils de Dieu, les Nogentais, après la communion pascale, buvaient à pleins verres dans l'église le vin du terroir ; et, quand ils étaient ivres, ils allaient en procession à Saint-Maur. »
— Arsène Houssaye, , p. 107[12].
Époque des lumières
En 1721, le financier Joseph Pâris Duverney, en remerciement de son accueil par la population nogentaise, fait don à l'église d'un autel[13],[14]. Cette œuvre, qui se présente sous la forme d'un coffre en bois de 200 centimètres de long sur 80 de large, se révèle être d'un style dit « rocaille » — autrement dit : régence ou rococo —[13],[14].
L'année 1730 est marquée par la remise en l'état de la tour et de son beffroi[15]. Cette campagne de travaux, visant à conserver l'intégrité du clocher de Saint-Saturnin, a été mise en évidence par un acte d'assemblée cléricale (ancien régime)[Note 2],[15].
Lors des événements survenus pendant la Révolution française, l'église subit d'importantes dégradations[16]. Ultérieurement, le monument chrétien fait l'objet de travaux de restauration[16]. Par ailleurs, certains éléments de son mobilier, tels que les parements liturgiques, et qui avaient été également endommagés sous le gouvernement de Robespierre, sont en grande partie renouvelés[16].
Époques moderne et contemporaine

En 1862, le clocher de l'église nogentaise bénéficie, grâce à une mesure prise par arrêté ministériel, d'un classement sur la liste des monuments historiques de France[17],[6].
Le , un cénotaphe, élevé à la mémoire de l'artiste peintre Antoine Watteau (1684-1721)[Note 3], est inauguré dans l'enceinte de l'église Saint-Saturnin[19],[4],[20]. Ce monument commémoratif, orné d'un buste en marbre par Louis Auvray et construit sous l'impulsion du conseil municipal nogentais de l'époque, se trouve sur le parvis de l'édifice religieux, à droite de son portail, à l'emplacement présumé de la fosse commune où sont jetés les restes du peintre à la suite de la profanation des tombeaux situés dans l'église lors de la Révolution de 1789[19],[4],[9]. Plus de 130 ans après son érection, cette sculpture, ouvragée « à la française » et faite de marbre et de pierre calcaire, a bénéficié d'une inscription à l'inventaire général du patrimoine culturel le [21],[22].
À la fin du XIXe siècle, une fresque murale est venue agrémenter l'intérieur de l'église[23]. Toutefois cette peinture à vocation liturgique, exécutée en 1886, a été détruite en 1958[23]. L'œuvre, dont une icône similaire est visible sur l'un des bas-relief de Notre-Dame d'Auteuil, dans le 16e arrondissement, figurait Monseigneur Guilbert, curé de cette basilique au cours XIIIe siècle, représenté à genoux et faisant don au Christ du Sacré-Cœur de Montmartre[23].

Le portail latéral gothique est un don comme le témoigne la plaque commémorative :
« Ce portail qui existait à Paris rue de Varenne, no 16, a été donné par Mesdames Smith Champion en souvenir de Madame Smith leur mère et réédifié ici en 1914 »
Ce portail était celui d'une chapelle du couvent des Récollettes situé à l'intersection des rues de Varenne et du Bac à Paris[24]. La question s'est alors posée de savoir pourquoi les Récollettes installées rue du Bac en 1640 possédaient une chapelle décorée d'un portail de style gothique flamboyant[24]. Selon l'auteur Léo Taxil (1854-1907), alors que l'ancienne église Saint-Sulpice de Paris faisait l'objet d'une destruction, la Fabrique, cherchant à valoriser ses biens, aurait probablement vendu la façade de ce monument religieux aux Récolettes[24]. Pour Léo Taxil, cet événement se révèle coïncider avec la volonté de l'ordre monastique des Récolettes d'agrandir leur couvent, à partir de 1710[24].
Description et architecture
L'église est pourvue, sur l'un de ses côtés, d'un clocher qui se présente sous la forme d'une tour de style roman[9]. Cette structure d'aspect strictement quadrangulaire et dont la partie supérieure abrite le beffroi, est surplombée par une toiture munie d'une flèche qui a été façonnée au moyen d'un matériau pierreux[9],[10]. Par ailleurs, le faîte du clocher est terminé par une girouette représentant un coq[10],[25].
La façade de l'édifice observe une architecture de type moderne[9].
La nef centrale dispose de 4 travées, dont les trois d'origine, construites lors de son élévation. La quatrième, venant augmenter la taille de son vaisseau, a été bâtie plus récemment[26]. Il subsiste des indices visibles de cet agrandissement[26]. Cette structure centrale est complétée par un chœur, lequel est pourvu, en son extrémité, de chevets plats à doubles travées[26].
Entre chacune de ces six travées s'incorpore une rangée de piliers munis de colonnettes. Ces dernières supportent les arcs-boutants, lesquels se développent en leur extrémité, au sein de la voûte, sous forme de croisée d'ogives[25].
- Éléments architecturaux de l'église.
- L'intérieur de l'église.
- L'intérieur de l'église.
- La Nef centrale.
- Le plafond en croisée d'ogives.
- Détail de colonne
- Id.

