Égérie Casaubon

From Wikipedia, the free encyclopedia

Égérie Casaubon est une féministe française qui a vécu pendant le XIXe siècle. Très peu d'informations existent à son sujet. Trois de ses écrits témoignant de son activité en tant qu'autrice ont subsisté dans le temps, tous rejoignant l’école de pensée saint-simonienne[1].

La brochure La femme est la famille, dans laquelle elle partage pour la première fois ses idées avec le public, puis l’écrit plus long, Le Nouveau Contrat social ou place à la femme, dans lequel elle précise les idées de la brochure précédente, ont été publiés les deux en 1834 sous ses initiales, alors que Mémoire en faveur de l’abolition de la peine de mort a été publié en 1836 sous le nom de « Mme Égérie ». Elle a côtoyé les cercles saint-simoniens, comme en témoigne la dédicace de son dernier opuscule, adressé au Père Enfantin, un des leaders du mouvement, bien qu’elle ne semble pas en avoir été une membre officielle[2]. Les femmes qui en étaient membres officiellement, comme Claire Bazard, Cécile Fournel ou Aglaé Saint-Hilaire, étaient principalement des épouses, des sœurs, des cousines et des filles d’hommes du mouvement, mais la plupart des membres féminines du Saint-Simonien, à l’instar de Suzanne Voilquin, Reine Guindorf et Désirée Veret, travaillaient comme ouvrières dans l'industrie textile et avaient des possibilités d'éducation limitées[3]. Ce sont pourtant elles qui ont acquis la notoriété en tant que représentantes féministes du saint-simonisme. C'est donc probablement à cause de ce contexte historique de la France dans les suites de la Révolution française et à l'époque des soulèvements sociaux et des révolutions ouvrières du XIXe siècle que les textes d'Égérie Casaubon, en raison de leurs tendances chrétiennes et maternalistes[4], n'ont guère retenu l'attention des études féministes modernes, qui se sont plutôt concentrées sur les représentantes prolétariennes et révolutionnaires[5]. La place d'Égérie Casaubon dans la première vague du féminisme est indéniable, d'autant plus que ses textes reprennent les tendances philosophiques, politiques et économiques de son époque et les utilisent pour une argumentation féministe dans le sens de l'égalité des droits et des positions des deux sexes[5]. Son plaidoyer en faveur de la liberté individuelle, de la valorisation et de la reconnaissance politique, juridique et sociale de la femme sont donc considérés, en particulier dans les dernières recherches sur le féminisme du XXIe siècle, comme les premiers jalons des tendances féministes et de réforme sociale qui ont suivi[2].

Le maternalisme et la théologie chrétienne comme approches féministes

Thèmes

Notes et références

Related Articles

Wikiwand AI