Élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019
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| Élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019 | ||||||||||||||
| (1er tour) (2d tour) |
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| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Inscrits | 761 676 | |||||||||||||
| Votants au 1er tour | 566 473 | |||||||||||||
| 74,37 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls au 1er tour | 11 125 | |||||||||||||
| Votants au 2d tour | 553 521 | |||||||||||||
| 72,67 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls au 2d tour | 5 694 | |||||||||||||
| Umaro Sissoco Embaló – Madem-15 | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 153 530 | |||||||||||||
| 27,65 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 293 359 | |||||||||||||
| 53,55 % | ||||||||||||||
| Domingos Simões Pereira – PAIGC | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 222 870 | |||||||||||||
| 40,13 % | ||||||||||||||
| Voix au 2e tour | 254 468 | |||||||||||||
| 46,45 % | ||||||||||||||
| Nuno Gomes Nabiam – APU-PDGB | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 73 063 | |||||||||||||
| 13,16 % | ||||||||||||||
| José Mário Vaz – Indépendant | ||||||||||||||
| Voix au 1er tour | 68 933 | |||||||||||||
| 12,41 % | ||||||||||||||
| Président | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| José Mário Vaz Ind. |
Umaro Sissoco Embaló M-G15 | |||||||||||||
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L'élection présidentielle bissau-guinéenne de 2019 a lieu les et en Guinée-Bissau afin d'élire le président de la république pour un mandat de cinq ans.
Les élections sont l'aboutissement d'une longue crise politique entre le président José Mário Vaz et le parti au pouvoir, dans le cadre d'un régime semi-présidentiel.
Le président sortant est finalement éliminé dès le premier tour, relégué en quatrième position. Les anciens Premiers ministres Domingos Simões Pereira et Umaro Sissoco Embaló arrivent en tête et s'affrontent au second tour le mois suivant. Umaro Sissoco Embaló l'emporte au second tour après avoir obtenu le soutien des principaux candidats malheureux, parmi lesquels le président sortant, l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Júnior et Nuno Gomes Nabiam.
Les élections doivent mettre fin à plusieurs années de crise politique courant depuis , lorsque le président José Mário Vaz limoge le Premier ministre Domingos Simões Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), au pouvoir et dont fait également partie José Mário Vaz, à la suite de dissensions entre les deux hommes. L'investiture du successeur de Pereira, Baciro Djá, est invalidée par la Cour suprême le 1er septembre, et le PAIGC l'exclut du parti. Carlos Correia, candidat avancé par le PAIGC, le remplace deux semaines plus tard.
Le , le président José Mário Vaz le limoge à son tour avec son gouvernement[1]. Baciro Djá lui succède[2]. Cependant, le gouvernement refuse de céder le pouvoir[3], et décide de ne pas quitter le siège du gouvernement au profit du gouvernement Djá. En réaction, la Justice bissau-guinéenne fait couper l'eau et l'électricité dans le bâtiment, et en interdit l'entrée aux ministres déjà sortis[4]. Le , il quitte finalement le siège du gouvernement avec ses ministres[5]. Il est alors remplacé par Baciro Djá, désormais étiqueté indépendant.

Un accord de sortie de crise est signé à Conakry le , et Umaro Sissoco Embaló (PAIGC) devient Premier ministre le avec pour objectif l'organisation au plus vite de nouvelles législatives, mais il démissionne le , considérant que les conditions lui permettant de continuer à exercer ses fonctions n'étaient pas remplies. Les dissensions au sein du parti au pouvoir ont entre-temps entrainé le départ de 15 députés sur 57, faisant perdre au PAIGC sa majorité absolue a l'assemblée, composée de 102 sièges. Le président Vaz nomme alors Artur Silva avec le soutien des 15 frondeurs et des 41 députés du Parti du renouveau social (PRS), auparavant dans l'opposition. La crise perdure ainsi au sein de la classe politique[6].
Un nouvel accord de sortie de crise est conclu le à Lomé au sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao). Celui-ci abouti à la désignation d’un Premier ministre de consensus, Aristides Gomes, chargé de conduire le pays aux législatives, fixées au [7]. Le , le Parlement prolonge son mandat, qui devait expirer le , jusqu'à la proclamation des résultats des nouvelles élections législatives[8].
En octobre, la Cédéao, l'Union africaine (UA) et les Nations unies « se félicitent des avancées enregistrées dans la stabilisation du pays »[9]. Malgré un dernier report pour cause de retard dans l’établissement des nouvelles listes électorales, les législatives ont ainsi lieu dans le calme le . Le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) ne parvient pas à retrouver la majorité absolue, miné par la dissidence de plusieurs de ses membres ayant formé le Mouvement pour l'alternance démocratique G-15 (MADEM G-15), tandis que le Parti du renouveau social, principal parti d'opposition, enregistre également un résultat en très nette baisse. Le déclin des deux grandes formations historiques se fait ainsi au profit du MADEM G-15 et de l'Assemblée du peuple uni – Parti démocrate de Guinée-Bissau (APU-PDGB), qui font leur entrée au parlement.
À la suite d'accords de coalition conclus au cours de la campagne électorale, le PAIGC parvient néanmoins à se maintenir grâce au soutien de l'APU et de deux formations mineures, le premier étant considéré comme le « faiseur de roi » de ces élections[10]. Malgré un scrutin ayant eu lieu dans de très bonnes conditions, sans violences et avec une participation très élevée frôlant les 85 %, les résultats inquiètent les observateurs. La reconduite du PAIGC prolonge de fait la mésentente institutionnelle entre le gouvernement et le président Vaz, jusqu'à l'élection présidentielle[11]. Après les législatives, la justice rejette la requête de l'opposition d'attendre la formation du bureau de l'Assemblée pour lancer les consultations visant à la formation du prochain gouvernement[12]. Après le lancement des tractations, le président Vaz refuse de nommer Domingos Simões Pereira au poste de Premier ministre, demandant au PAIGC de proposer un autre candidat[13]. Le , à la veille de la fin de son mandat, le président Vaz reconduit le Premier ministre sortant Gomes[14].
Initialement proposé pour le , le scrutin est finalement fixé une vingtaine de jours plus tard, le 24, par un décret présidentiel du , afin selon les observateurs de donner plus de temps à la mission de médiation de la CEDEAO dans son travail de résolution de la crise politique[15], ce qui est accepté par le PAIGC[16]. José Mário Vaz ayant décidé de rester en poste jusqu'à la présidentielle de novembre, des manifestations appellent à son départ[17]. Le , le Parlement décide de son remplacement par le président de l'Assemblée nationale Cipriano Cassamá[18]. Les parlementaires de la majorité menée par le PAIGC le considèrent en effet illégitime passé la fin de son mandat de cinq ans. La Constitution est cependant floue quant à la possibilité d'une prorogation du mandat présidentiel, posant la question du caractère obligatoire de son départ[19]. Le , le parquet ordonne l'arrestation de Cipriano Cassamá, président du Parlement et de Califa Seidi, président du groupe parlementaire du PAIGC[20]. Mais le jour même, la Cédéao décide lors d'un sommet que Vaz restera en poste jusqu'à la présidentielle sous réserve de ne pas interférer dans la gestion des affaires du Gouvernement reflétant la majorité issue des législatives à constituer avant le par Aristide Gomes et qu'un nouveau procureur général doit être nommé avant le [21]. Ces nominations interviennent le [22].
Le , des milliers de manifestants partisans de candidats de l'opposition réclament le report du scrutin dans le but de modifier le fichier électoral et éviter des fraudes[23]. Trois jours plus tard, le président Vaz limoge le gouvernement[24]. Son limogeage n'est pas reconnu par la CEDEAO qui menace de sanctions[25]. Le nouveau gouvernement, dirigé par Faustino Imbali, est investi le , et Vaz assure que le scrutin aura lieu à la date prévue[26]. La CEDEAO donne à Imbali jusqu'au sommet du pour démissionner, alors que le Conseil de sécurité nationale convoqué par le Chef de l'Etat appelle en vain les forces armées à permettre l'installation du nouveau gouvernement[27]. Celles-ci refusent en effet d’intervenir. Aristide Gomes et les membres de son Gouvernement continuent donc leurs activités pendant cette période au Palais du Gouvernement et dans les autres sièges des différents ministères. Affirmant avoir été empêché d'exercer ses fonctions, Imbali démissionne finalement le jour du sommet[28].
Aristides Gomes, fort du soutien de la CEDEAO[29], retrouve ou conserve ainsi selon les interprétations juridiques ses fonctions de Premier ministre[30].
Mode de scrutin
Le président de la Guinée-Bissau est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête, et celui recueillant le plus de suffrages est déclaré élu.
Candidats
La campagne débute le [31]. Sont notamment candidats :
- José Mário Vaz, président en exercice et premier chef d'État bissau-guinéen démocratiquement élu à mener à son terme un mandat de cinq ans. Élu sous l'étiquette du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), Mário Vaz se présente cette fois-ci officiellement en indépendant.
- Umaro Sissoco Embaló, ancien Premier ministre, candidat du Mouvement pour l'alternance démocratique G-15 (Madem G-15), dans l'opposition.
- Carlos Gomes Júnior, ancien Premier ministre, candidat indépendant
- Nuno Gomes Nabiam, député et candidat de l'Assemblée du peuple uni – Parti démocrate de Guinée-Bissau (APU-PDGB)[32]
- Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et candidat du PAIGC[33]
- Mamadú Iaia Djaló, ancien ministre des Affaires étrangères, candidat du Nouveau parti de la démocratie (PND)
- Baciro Djá, ancien Premier ministre, candidat du Front patriotique national (FREPASNA)
Second tour
Umaro Sissoco Embaló reçoit le soutien du président sortant José Mário Vaz, de l'ancien Premier ministre Carlos Gomes Júnior[34] et de Nuno Gomes Nabiam[35].
Résultats
| Candidats | Partis | Premier tour | Second tour | |||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Votes | % | Votes | % | |||
| Domingos Simões Pereira | PAIGC | 222 870 | 40,13 | 254 468 | 46,45 | |
| Umaro Sissoco Embaló | Madem G-15 | 153 530 | 27,65 | 293 359 | 53,55 | |
| Nuno Gomes Nabiam | APU-PDGB | 73 063 | 13,16 | |||
| José Mário Vaz | Indépendant | 68 933 | 12,41 | |||
| Carlos Gomes Júnior | Indépendant | 14 766 | 2,66 | |||
| Baciro Djá | FREPASNA | 7 126 | 1,28 | |||
| Vicente Fernandes | PCD | 4 250 | 0,77 | |||
| Mamadú Iaia Djaló | PND | 2 813 | 0,51 | |||
| Idriça Djaló | PUN | 2 569 | 0,46 | |||
| Mutaro Intai Djabi | Indépendant | 2 385 | 0,43 | |||
| Gabriel Fernando Indi | PUSD | 1 982 | 0,36 | |||
| António Afonso | PRID | 1 061 | 0,19 | |||
| Votes valides | 555 348 | 98,04 | 547 827 | 98,98 | ||
| Votes blancs et nuls | 11 125 | 1,96 | 5 694 | 1,02 | ||
| Total | 566 473 | 100 | 553 521 | 100 | ||
| Abstention | 195 203 | 25,63 | 208 155 | 27,33 | ||
| Inscrits / participation | 761 676 | 74,37 | 761 676 | 72,67 | ||
Représentation des résultats du second tour :
| Sissoco Embaló (53,55 %) |
Simões Pereira (46,45 %) | ||
| ▲ | |||
| Majorité absolue | |||