Élection présidentielle colombienne de 2018

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Inscrits36 783 940
Votants au 1er tour19 643 676
Votes blancs au 1er tour338 581
Votes nuls au 1er tour289 677
Élection présidentielle de 2018
(1er tour)
(2d tour)
Corps électoral et résultats
Inscrits 36 783 940
Votants au 1er tour 19 643 676
53,40% en augmentation 13,3
Votes blancs au 1er tour 338 581
Votes nuls au 1er tour 289 677
Votants au 2d tour 19 536 404
53,11% en augmentation 5,2
Votes blancs au 2d tour 807 924
Votes nuls au 2d tour 289 342
Iván Duque Centre démocratique
Colistier : Marta Lucía Ramírez
Voix au 1er tour 7 616 857
39,36%
Voix au 2e tour 10 398 689
54,03%
Gustavo Petro Mouvement progressiste
Colistier : Ángela María Robledo
Voix au 1er tour 4 855 069
25,09%
Voix au 2e tour 8 040 449
41,77%
Sergio Fajardo Engagement citoyen
Colistier : Claudia López Hernández
Voix au 1er tour 4 602 916
23,78%
Germán Vargas Lleras Changement radical
Colistier : Juan Carlos Pinzón
Voix au 1er tour 1 412 392
7,30%
Candidat arrivé en tête du 2d tour par département
Carte
Président de la République
Sortant Élu
Juan Manuel Santos
Parti de la U
Iván Duque
Centre démocratique

L'élection présidentielle colombienne de 2018 se déroule le en Colombie afin d'élire le président et le vice-président de la république de Colombie[1]. Le deuxième mandat du président en exercice Juan Manuel Santos étant arrivé à son terme, celui-ci n'est pas candidat à sa réélection du fait de la limitation du nombre de mandats imposée par la constitution.

Au premier tour, le , Iván Duque, qui dirige la coalition de droite Grande alliance pour la Colombie, arrive en tête avec 39,14 % des voix ; Gustavo Petro, candidat de la coalition de centre gauche Liste de décence, en réunit 25,08 % ; le candidat de la Coalition colombienne, Sergio Fajardo, écologiste et de centre gauche, réunit pour sa part 23,73 %.

Aucun candidat n'ayant recueilli la majorité absolue au premier tour, un second tour est organisé le suivant entre Iván Duque et Gustavo Petro. Sergio Fajardo annonce publiquement qu'il votera blanc, et son parti Alliance verte appelle à voter blanc ou pour Gustavo Petro[2],[3].

Iván Duque l'emporte au second tour avec près de 54 % des suffrages, son opposant Gustavo Petro en réunissant 41,80 %, tandis que 4,21 % des votants choisissent de voter blanc, un vote officiellement reconnu dans le décompte des voix en Colombie.

Le président de la République est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de quatre ans non renouvelable[4]. Est élu le candidat ayant réuni la majorité absolue au premier tour ou, à défaut, celui ayant réuni le plus de voix au cours d'un second tour organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier[5].

La Colombie reconnait les votes blancs comme des votes valides, inclus dans le calcul des résultats. Le candidat victorieux au second tour peut par conséquent être déclaré élu avec un pourcentage des voix exprimées inférieur à 50 %[5]. Par ailleurs, si le total de votes blancs atteint la majorité absolue des votes « valides », il est procédé à un nouveau scrutin auquel les précédents candidats ne peuvent se représenter. Cette disposition ne s'applique cependant pas deux fois de suite : lors de cette nouvelle élection, le candidat ayant recueilli le plus de voix au second tour est déclaré élu quelle que soit le pourcentage de votes blancs[6].

Peut se présenter à la présidence toute personne âgée d'au moins trente ans et détenant la nationalité colombienne de naissance. Chaque candidat à la présidence se présente avec un colistier, candidat au poste de vice-président. Depuis la réforme constitutionnelle de 2015, le candidat malheureux au second tour devient de droit membre du Sénat et son colistier devient membre de droit de la Chambre des représentants[5].

Le scrutin de 2018 marque le retour à l'interdiction faite au président colombien de se présenter à sa réélection. Le pays connait en effet une telle interdiction pendant près d'un siècle, d'abord de 1910 à 1991 avec une limitation à un mandat de quatre ans non renouvelable de manière consécutive, puis de 1991 à 2004 avec une limitation stricte à un seul mandat de quatre ans. Une révision constitutionnelle effectuée sous la présidence d'Álvaro Uribe rompt en 2004 avec cette tradition en autorisant le président à effectuer un second mandat consécutif. Cinq ans plus tard, une seconde tentative de révision de la constitution visant à autoriser un troisième mandat via un référendum est cependant rejetée par la Cour constitutionnelle. Sous le second mandat du successeur d'Uribe, Juan Manuel Santos, le parlement procède en 2015 à une nouvelle révision constitutionnelle, rétablissant la limitation en vigueur avant 2004. La limitation à un unique mandat est renforcée à cette occasion, celle-ci ne pouvant désormais être levée qu'en recourant à un référendum ou à une assemblée constituante. Un vice président ayant assumé les pouvoirs présidentiels pendant plus de trois mois consécutifs ou non est également soumis à une interdiction de concourir[7],[8].

Campagne

Le , le véhicule de Gustavo Petro est ciblé par des tirs, ce qui est interprété comme une tentative d'assassinat[9]. L'éventualité d'un assassinat de Gustavo Petro est sérieusement envisagée par ses partisans, dans un pays où cinq candidats présidentiels ont été tués depuis la fin du XXe siècle et 282 militants syndicaux ou communautaires tués entre et [10].

La municipalité de Francisco Pizarro, située dans le département de Nariño, décide de refuser de participer au vote afin de dénoncer le « complet abandon » dont elle fait l'objet de la part de l’État colombien[11].

Bien que le candidat de droite Iván Duque soit arrivé largement en tête au premier tour, la qualification pour le second tour de Gustavo Petro est remarquée comme étant la première d'un candidat de gauche en Colombie[12]. Cependant, sa défaite est dès lors jugée probable par manque de report de voix à la suite des décisions publiques de voter blanc de Humberto De la Calle et Sergio Fajardo, candidat de centre droit bien qu'a la tête d'une coalition de centre gauche[13],[12].

Dans l'entre deux tours, Iván Duque reçoit l'appui explicite des milieux d'affaires colombiens[14]. Il est également soutenu par les anciens présidents Álvaro Uribe, Andrés Pastrana et César Gaviria[15]. Gustavo Petro reçoit quant à lui le soutien du Conseil indigène colombien (CRIC)[16], d'Íngrid Betancourt[17], de Jean-Luc Mélenchon[18] ou encore du militant pour la défense des animaux Peter Singer[19].

Résultats

Résultats de la présidentielle colombienne de 2018[20],[21]
Candidats Coalitions Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Iván Duque Grande alliance pour la Colombie 7 616 857 39,36 10 398 689 54,03
Gustavo Petro Liste de décence 4 855 069 25,09 8 040 449 41,77
Sergio Fajardo Coalition colombienne 4 602 916 23,78
Germán Vargas Lleras Mejor Vargas Lleras 1 412 392 7,30
Humberto De la Calle PLC-ASI 396 151 2,05
Jorge Antonio Trujillo Nous sommes tous la Colombie 65 767 0,34
Viviane Morales Nous sommes les régions 36 138 0,19
Promotion du vote blanc Parti revendication ethnique 30 128 0,16
Votes blancs 338 581 1,75 807 924 4,20
Suffrages exprimés 19 353 999 98,53 19 247 062 98,52
Votes nuls 289 677 1,47 289 342 1,48
Total 19 643 676 100 19 536 404 100
Abstention 17 140 264 46,60 17 247 536 46,89
Inscrits / participation 36 783 940 53,40 36 783 940 53,11
Iván
Duque
(54,03 %)
Gustavo
Petro
(41,77 %)
Majorité absolue

Galeries

Conséquences

Notes et références

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