Élection présidentielle comorienne de 2024
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| Élection présidentielle comorienne de 2024 | ||||||||||||||
| Corps électoral et résultats | ||||||||||||||
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| Inscrits | 338 940 | |||||||||||||
| Votants | 191 297 | |||||||||||||
| 56,44 % | ||||||||||||||
| Blancs et nuls | 7 337 | |||||||||||||
| Azali Assoumani – CRC | ||||||||||||||
| Voix | 99 541 | |||||||||||||
| 57,02 % | ||||||||||||||
| Salim Issa Abdillah – Juwa | ||||||||||||||
| Voix | 19 325 | |||||||||||||
| 11,07 % | ||||||||||||||
| Mohamed Daoudou – Orange | ||||||||||||||
| Voix | 17 854 | |||||||||||||
| 10,23 % | ||||||||||||||
| Président de l'union | ||||||||||||||
| Sortant | Élu | |||||||||||||
| Azali Assoumani CRC |
Azali Assoumani CRC | |||||||||||||
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | ||||||||||||||
L'élection présidentielle comorienne de 2024 se déroule le afin d'élire le président de l'union des Comores.
Le président sortant Azali Assoumani est candidat à un troisième mandat consécutif, après avoir fait modifier la constitution par référendum en 2018. L'élection fait l'objet d'appels au boycott de la part de l'opposition, qui accuse le gouvernement de répression de ses candidats et de fraude électorale lors des précédents scrutins nationaux.
Assoumani l'emporte sans surprise dès le premier tour avec près de 63 % des voix, tandis que le taux d'abstention atteint un record avec 83 % des inscrits selon les résultats provisoires. Comme en 2019, le scrutin est accusé de fraude, et suivi de plusieurs jours d'émeutes qui contraignent le gouvernement à imposer un couvre-feu.
La Cour suprême rectifie largement les résultats le 24 janvier et donne vainqueur Assoumani avec 57 % des voix ainsi qu'un taux d'abstention révisé à 43 %, soit une participation de 57 % finalement supérieure à celle du scrutin précédent.
Nouvelle constitution et réélection d'Azali Assoumani

Élu à la présidence au second tour de l'élection présidentielle d'avril 2016 après un premier mandat de 2002 à 2006, Azali Assoumani fait modifier la constitution par référendum en afin de supprimer la limite de mandat consécutif ainsi que le système de rotation des candidats dès le premier tour à chaque scrutin entre ceux des trois principales îles de l'archipel : Anjouan, Grande Comore et Mohéli. Cette modification lui permet de participer à l'élection présidentielle de mars 2019, qu'il convoque de manière anticipée avant de céder la place à un Président intérimaire, Moustadroine Abdou, pour la durée de la campagne électorale, comme l'exigent les dispositions transitoires de la Constitution.
Les principaux adversaires d'Assoumani voient leur candidatures rejetées par la Cour suprême sous des prétextes divers, dont notamment l'ancien vice-président Mohamed Ali Soilihi, chef de l'Union de l'opposition, ainsi qu'Ibrahim Mohamed Soulé, candidat du parti Juwa. La totalité des candidats soutenus par des partis sont exclus, hormis Assoumani, qui n'affronte ainsi que des candidats indépendants considérés comme mineurs[1]. L'indépendance de la cour, dont l’intégralité des membres sont nommés par le président Assoumani, est remise en cause, Soilihi qualifiant l'élection ainsi restreinte de « hold-up électoral dont le résultat est connu d'avance ». Des dizaines de responsables et de partisans de l'opposition sont par ailleurs arrêtés au cours des mois précédant le scrutin[2]. Le président sortant est réélu sans surprise avec 60,77 % des suffrages dès le premier tour[3], tandis que l'opposition dénonce une fraude généralisée[4]. Les manifestations de l'opposition sont durement réprimées par les forces de l'ordre, qui font usage de bombes lacrymogènes, de balles à blanc, et même de balles réelles, faisant trois morts[5].
Plusieurs des candidats ayant rejeté les résultats sont arrêtés ou blessés par la police - dont Saïd Larifou, blessé au pied par balle ainsi que Mohamed Ali Soilihi, qui n'est relâché le qu'après avoir renoncé à diriger un gouvernement parallèle et reconnu la réélection d'Assoumani[6],[7]. Les journaux critiquant le gouvernement dont notamment La Gazette des Comores, Al-Fajr et Masiwa Komor voient leurs tirages confisqués avant leur mise en vente, leurs journalistes arrêtés et leurs presses investies par la police[8],[9].
Boycottées par l'opposition, les élections législatives organisées l'année suivante voient le parti présidentiel Convention pour le renouveau des Comores (CRC) remporter la majorité absolue des sièges, en l'absence de véritables opposants[10],[11].
Candidature d'Assoumani à sa réélection
Assoumani annonce le 6 novembre 2023 sa candidature à un quatrième mandat, soit le troisième consécutif, la mise en place d'une nouvelle loi fondamentale en 2018 ayant remis à zéro le compteur du nombre de mandats présidentiels. L'opposition est alors divisée sur la conduite à tenir, une partie de ses dirigeants dont plusieurs sont en exil choisissent en effet de réitérer les appels au boycott, tandis que plusieurs autres soumettent leur candidature à la présidentielle. Sur onze candidats potentiels, seuls six sont finalement validés par la Cour le 2 décembre, dont cependant plusieurs poids lourds de l'opposition tels que Mohamed Ali Soilihi, l'ancien président de l'assemblée nationale Bourhane Hamidou, et l'ancien ministre de l'intérieur d'Assoumani, Mohamed Daoudou[12],[13].
Contrairement à 2019, le président sortant se voit autorisé pour la première fois de l'histoire du pays à faire campagne tout en se maintenant en poste. La Cour suprême décide le 6 décembre de l'exempter de cette obligation en invoquant ses responsabilité en tant que président de l'Union africaine. Inscrite dans la précédente constitution de 2001, cette obligation avait perdu son caractère constitutionnel en ne figurant plus dans celle de 2018, mais dans une simple loi organique[14],[15]. Azali Assoumani limoge le lendemain la présidente de la section constitutionnelle et électorale de la Cour suprême, Harimia Ahmed, sans fournir de raisons. Ces décisions successives sont vivement critiquées par l'opposition, qui accuse le président de préparer un « scrutin taillé sur mesure » en procédant ainsi à la nomination de Rafiki Mohamed à la tête de la section de la Cour, tout en étant lui même candidat à sa réélection. Le gouvernement se défend en soulignant que le président de l'Union procède librement à la désignation et à la révocation des membres de la Cour suprême[16],[17].
Système électoral

Le président de l'union des Comores est élu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois de manière consécutive. Si aucun candidat ne l'emporte au premier tour, un second est organisé entre les deux candidats arrivés en tête. Celui réunissant le plus de suffrages est alors déclaré élu[18].
Les candidats à la présidence doivent obligatoirement être comoriens de naissance, âgés d'au moins trente-cinq ans le jour de l'élection et avoir résidé sur le territoire national au cours des douze mois précédant le scrutin[18].
La présidence est tournante entre les trois principales îles de l'archipel : Anjouan, Grande Comore et Mohéli pendant deux mandats consécutifs. Au cours de ces deux scrutins, seuls s'affrontent les candidats originaires d'une d'entre elles. Sont considérés comme originaires d'une île les candidats dont le père ou la mère est né sur celle-ci, ou qui y ont résidé pendant les dix années précédant l'élection. Le choix de l'île d'origine d'un candidat pour un scrutin est définitif, celui ci ne pouvant plus à l'avenir se présenter comme candidat d'une autre à la présidence de l'Union ou à son gouvernorat[18].
Le président élu prête serment sur le Coran, en présence du mufti de la République. En cas de vacance ou d'empêchement définitif au cours des 900 premiers jours de son mandat, constaté par la Cour suprême saisi par le gouvernement, une nouvelle élection présidentielle est organisée dans un délai de soixante jours. L'intérim est alors assuré par le ministre situé en première position dans l'acte de nomination des membres du gouvernement, ce dernier ne pouvant par ailleurs pas être modifié par le président au cours de son intérim. Si la vacance ou l'empêchement intervient après les 900 premiers jours du mandat du président élu, le gouverneur de son île d'origine devient président de plein droit et assure ses fonctions pour la durée restante du mandat. Le secrétaire général du gouverneur concerné assure son intérim[18].