Élections législatives comoriennes de 2025

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Inscrits338 940
Votants238 895
Votes exprimés164 163
Blancs et nuls74 732
Élections législatives comoriennes de 2025
33 sièges de l'Assemblée de l'union
(majorité absolue : 17 sièges)
(1er tour)
(partielles)
Corps électoral et résultats
Inscrits 338 940
Votants 238 895
70,48% en augmentation 8,1
Votes exprimés 164 163
Blancs et nuls 74 732
Convention pour le renouveau des Comores  Youssoufa Mohamed Ali
Voix 114 261
69,60%
en augmentation 8,7
Sièges obtenus 31 en augmentation 11
Organisation républicaine pour l'avenir des nouvelles générations  Mohamed Daoudou
Voix 8 104
4,94%
en augmentation 0,6
Sièges obtenus 0 en diminution 2
Parti pour la réforme des institutions  Ibrahim Ali Mzimba
Voix 6 674
4,07%
Sièges obtenus 1 en augmentation 1

Les élections législatives comoriennes de 2025 ont lieu le afin de renouveler les membres de l'Assemblée de l'union des Comores pour un mandat de cinq ans.

Comme lors des élections législatives de 2020 et la présidentielle de 2024, le scrutin est entaché de graves irrégularités constatées par l'opposition. Le parti du président Azali Assoumani, la Convention pour le renouveau des Comores (CRC), remporte la majorité absolue dès le premier tour, cependant quatre circonscriptions voient leurs résultats annulés du fait des irrégularités et des élections partielles sont organisées le , qui voient la victoire du CRC dans trois d'entre elles.

Tous les sièges ayant été pourvus dès le premier tour, le second tour initialement prévu le , simultanément aux élections municipales, n'est en conséquence pas organisé.

Élection présidentielle de 2024

Azali Assoumani, président des Comores depuis 2016.

Azali Assoumani annonce le pour l'élection présidentielle de 2024, sa candidature à un quatrième mandat, soit le troisième consécutif, la mise en place de la révision constitutionnelle en 2018 ayant remis à zéro le compteur du nombre de mandats présidentiels.

La victoire d'Azali Assoumani est annoncée par la commission électorale nationale indépendante (CENI) le , avec 63 % des suffrages exprimés et un taux de participation de 16 %, en contradiction avec les chiffres préliminaires qui l'estimaient à 60 %. Ces incohérences, ajoutées à une abstention record de 84 %, suscitent des accusations de fraude de la part de l'opposition[1]. L'annonce des résultats déclenche des violentes émeutes à Moroni, avec des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre provoquant la mort par balles d'un manifestant et d'autres blessés. Le , l'opposition appelle à une journée nationale de mobilisation pour le , qui ne mobilise pas[2],[3].

La Cour suprême valide les résultats définitifs le , rejetant les recours de l'opposition. Les chiffres définitifs diffèrent des résultats provisoires avec Assoumani obtenant 57 % des voix et le taux de participation passant de 16 à plus de 56 %[4]. Il prête serment pour un quatrième mandat le [5].

Autoritarisme croissant d'Azali Assoumani

Le , le chef du parti d'opposition ORANGE, Mohamed Daoudou, est arrêté et placé en détention le , pour mise en danger d'un policier, violence, séquestration, propagande et incitation à la violence. Il est aussi accusé d'avoir préparé des actions pour perturber l'investiture du président Azali Assoumani, dont il conteste la victoire à la présidentielle[6],[7].

Le , Assoumani nomme son fils et successeur présumé Nour el-Fath Azali en tant que Secrétaire général du gouvernement, avec d'importantes prérogatives comme la ratification ou non de tous les décrets ministériels, lui permettant d'intervenir à plusieurs étapes du processus décisionnel gouvernemental. Ce rôle s'apparentant à celui d'un Premier ministre est critiqué par l'opposant Saïd Larifou comme « des pratiques monarchiques plutôt que démocratiques »[8].

Le , Assoumani est victime d'une tentative d'assassinat lors des funérailles d'un religieux, selon la présidence Assoumani « a été légèrement blessé à l'arme blanche ». Son agresseur est un jeune militaire du nom d'Ahmed Abdou, il est arrêté le jour même et meurt en détention dès le lendemain. La raison de son attaque reste inconnue, la justice clôt l'enquête sur sa mort de manière hâtive suscitant la polémique et le gouvernement n'hésitant pas menacer les individus remettant en cause la version des autorités[9].

Organisation des législatives

En , un projet de loi voté par 21 députés augmente le nombre de circonscriptions à pourvoir pour l'Assemblée de l'union de 24 à 33, afin d'améliorer la représentativité des différentes circonscriptions du pays. L'île de Grande Comore compte désormais 16 sièges, 12 pour Anjouan et 5 pour Mohéli[10],[11]. Le président Azali Assoumani convoque par décret le , la tenue des élections législatives au pour le premier tour suivi d'un second tour le , ce dernier est organisé simultanément aux élections municipales[12].

Le , les partis de l'opposition décident de se réunir dans une unique structure appelée l'Opposition unie des Comores (OUC) face au régime en place. Sa principale revendication demeure l'organisation d'élections basées sur les accords de Fomboni qui instaure une présidence tournante entre les différentes îles de l'archipel[13].

Système électoral

Carte des Comores.

L'Assemblée de l'union est le parlement monocaméral des Comores. Elle est composée de 33 sièges élus pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours dans autant de circonscriptions. Dans chacune d'entre elles, le candidat ayant recueilli la majorité absolue au premier tour l'emporte. À défaut, un second tour est organisé entre les deux candidats arrivés en tête au premier, et celui recueillant le plus de voix est déclaré élu[14]. Une loi votée en augmente le nombre de circonscriptions nationales à pourvoir au scrutin direct de 24 à 33 afin d'améliorer la représentativité des différentes circonscriptions. L'île de Grande Comore compte 16 sièges, 12 pour Anjouan et 5 pour Mohéli[15],[11].

Enfin, deux sièges sont réservés pour les députés représentant les Comoriens établis hors des Comores[11]. Dans la pratique, les sièges ne sont pas pourvus par l'absence de loi sur la mise en place des circonscriptions de l'étranger[16].

Campagne

Comme lors des élections précédentes en 2020, l'opposition décide de boycotter le scrutin. Le parti Juwa de l'ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi dénonce « le climat de répression du régime »[17],[18]. Le , la Cour suprême publie la liste officielle des candidats, validant 107 candidatures et rejetant neuf autres[19]. Cette annonce est dénoncée par l'opposition du fait de l'absence de candidats pourtant présents dans la liste provisoire de la commission électorale, notamment celle de l'ancien ministre de l'intérieur Mohamed Daoudou et d'Abdallah Djae Nourdine, présent dans la même circonscription que le fils du président Azali Assoumani, Nour el-Fath Azali[20]. Sur l'île de Mohéli, le boycott de la classe politique locale conduit à une situation où une seule des cinq circonscriptions voient l'affrontement de deux candidats[21]. Quelques membres de l'opposition rejettent cependant le boycott en choisissant de se présenter face au parti du président, la Convention pour le renouveau des Comores (CRC)[22].

Le début de la campagne électorale est fixé au pour s'achever le [15]. Avec seulement huit femmes candidates sur 107, le débat sur leur représentation dans la vie politique du pays est relancé. Malgré les déclarations du président Azali Assoumani pour une plus grande implication de ses dernières en politique, son parti ne présente que cinq candidates sur 33[23].

À la demande du gouvernement comorien, la Force en attente de l'Afrique Orientale, l'Union africaine et l'Organisation internationale de la francophonie, déploient des observateurs pour le premier tour du scrutin[24],[25],[26].

Résultats

Nationaux

Résultats nationaux[27],[28]
Parti Voix % +/- Sièges +/-
Convention pour le renouveau des Comores (CRC) 114 261 69,60 en augmentation 8,66 31 en augmentation 11
Organisation républicaine pour l'avenir des nouvelles générations (ORANGE) 8 104 4,94 en augmentation 0,62 0 en diminution 2
Parti pour la réforme des institutions (PARI) 6 674 4,07 Nv 1 en augmentation 1
Espoir des Comores (TWAMAYA) 2 496 1,52 Nv 0 en stagnation
Rassemblement démocratique des Comores pour l'égalité (RDCE) 2 513 1,53 en augmentation 0,26 0 en stagnation
Parti SWAUTI 711 0,43 Nv 0 en stagnation
Indépendants 29 404 17,91 en diminution 12,91 1 en diminution 1
Votes valides 164 163 68,72
Votes blancs et nuls 6 845 2,86
Votes annulées 67 887 28,42
Total 238 895 100 33[a] en augmentation 9
Abstentions 100 045 29,52
Inscrits / participation 338 940 70,48

Par circonscriptions

Mohéli

Anjouan

Grande Comore

Analyse et conséquences

Notes et références

Voir aussi

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