Élections législatives ivoiriennes de 2021

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Inscrits7 359 399
Votants2 788 022
Blancs et nuls116 267
Élections législatives ivoiriennes de 2021
255 sièges de l'Assemblée nationale
Corps électoral et résultats
Inscrits 7 359 399
Votants 2 788 022
37,88% en augmentation 3,8
Blancs et nuls 116 267
RHDP  Alassane Ouattara
Voix 1 313 886
49,18%
en diminution 1,1
Sièges obtenus 137 en diminution 30
Coalition PDCI-RDA-EDS  Henri Konan Bédié
Georges Armand Ouégnin
Voix 720 771
26,98%
en augmentation 27
Sièges obtenus 81 en augmentation 81
Premier ministre
Sortant Élu
Hamed Bakayoko
RDR
Patrick Achi
RDR

Les élections législatives ivoiriennes de 2021 ont lieu le afin de renouveler les 255 membres de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. Initialement prévues pour , elles sont reportées de quelques mois du fait de la pandémie de covid-19.

Avec la participation des principaux partis politiques pour la première fois depuis la crise politique dix ans auparavant, qui avait conduit les deux scrutins suivant à s'organiser sous le poids de boycotts de l'opposition, ces législatives s’opèrent dans un contexte d'appels à la réconciliation et d'espoir d'un retour à un climat politique apaisé.

Bien que finalement décevant en termes de participation, le scrutin se déroule dans le calme. Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix du Président Alassane Ouattara connait un recul mais conserve la majorité absolue des sièges.

Il s'agit des secondes élections législatives depuis le référendum constitutionnel ayant instauré la Troisième République en 2016 et mis en place le bicamérisme. Boycottées par les principaux partis d'opposition, les précédentes législatives en décembre de la même année ont été remportées par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix du président Alassane Ouattara, qui obtient la majorité absolue des suffrages et 167 sièges sur 255, les sièges restants étant principalement remportés par des candidats indépendants.

Candidat à un troisième mandat après la mort subite de son dauphin Amadou Gon Coulibaly, Ouattara remporte la présidentielle d' dans un contexte de boycott renouvelé de l'opposition.

En accord avec les dispositions transitoires de la nouvelle constitution de 2016, le mandat de l'assemblée élue en 2016 s’achève exceptionnellement en , soit au bout de quatre ans au lieu de cinq[1]. Une révision constitutionnelle effectuée en permet néanmoins au parlement sortant de rester en fonction en cas d'impossibilité de tenir le scrutin dans les délais. L'organisation de ce dernier dans le contexte de la pandémie de covid-19 est en effet jugée impossible avant le 31 décembre par le président Ouattara, qui en prévoit de fait le report[2],[3]. Lors de son discours d'investiture pour son troisième mandat le , Ouattara annonce la tenue des élections au premier trimestre 2021. La date est par la suite fixée au sur proposition de la Commission électorale indépendante (CEI)[4],[5].

Mode de scrutin

Siège de l'assemblée à Abidjan.

L'Assemblée nationale est la chambre basse du parlement bicaméral de la Cote d'Ivoire. Elle est composée de 255 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin majoritaire à un tour, dont 169 dans des circonscriptions uninominales et 36 dans des circonscriptions de 2 à 6 sièges. Dans ces dernières, les électeurs votent au scrutin de liste majoritaire pour des listes bloquées composées d'autant de candidats que de sièges à pourvoir. Dans les deux cas, le candidat ou la liste de candidat ayant recueilli le plus de voix dans sa circonscription remporte le nombre de sièges à pourvoir[6].

Depuis un décret pris en , les partis doivent obligatoirement présenter un minimum de 30 % de femmes sur le total de leurs candidats. Le décret encourage par ailleurs les partis a en présenter davantage en assurant un financement public supplémentaire à ceux dont la part de candidates dépasse 50 %[7]. Le quota de 30 % est cependant dépourvu de mesures coercitives, ce qui amène la totalité des partis à ne pas le respecter, en l’absence d'amendes. Les élections de 2021 ne voient ainsi qu'un total de 15 % de femmes candidates[8].

Sur les 255 sièges à pourvoir, seuls 254 sont finalement mis en jeu le , le décès d'une candidate suppléante ayant amené au report du scrutin dans la circonscription de Niakara-Arikokaha-Tortiya[9].

Campagne

La période de campagne électorale officielle, qui s'étend du au , se déroule dans le calme et un climat politique jugé « apaisé »[10],[11]. Contrairement aux législatives de 2016 et à la présidentielle de 2020, les principaux partis d'opposition décident de participer au scrutin, à l'exception de Générations et peuples solidaires (GPS) de Guillaume Soro, ainsi que d'une dizaine de partis mineurs[12]. Enfin organisées en présence des principales formations politiques et marquées par de multiples appels à la réconciliation, les élections se voient attribuées un rôle « cathartique » devant permettre de cicatriser les plaies politiques du pays[13],[14].

Laurent Gbagbo

Le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), du président Ouattara est ainsi en lice contre le Front populaire ivoirien (FPI) de l'ancien président Laurent Gbagbo, qui signe son retour dans l'arène politique après dix années d'absence. La crise politique avait conduit à une scission interne du FPI entre la frange dite « Gbagbo ou rien » (GOR) refusant toute participation aux élections sans le retour au pays de Gbagbo, ne laissant qu'une ombre de FPI dit « légal » mené par l'ancien ministre Pascal Affi N'Guessan participer aux différents scrutins. Bien que du même bord, les deux factions s'affrontent néanmoins dans plusieurs circonscriptions lors de ces législatives[15].

Le FPI « GOR » est notamment galvanisé par le retour attendu de l'ancien président dans les mois suivants le scrutin. Laurent Gbagbo avait été transféré à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye à la suite de la crise politique post-électorale de 2010, avant d'être acquitté en 2019 des accusations de crimes contre l'humanité portées à son encontre et placé en libération conditionnelle en attendant que la cour statue sur l'appel déposé par la procureure Fatou Bensouda[16]. Un retour au pays auquel Alassane Ouattara se déclare favorable au nom de la réconciliation nationale[13]. Sous la bannière Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), le FPI « GOR » marque son retour par une alliance avec le Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) de l'ancien président Henri Koné Bédié, qui renonce également au boycott du scrutin. Les deux partis forment ainsi une coalition au sein de laquelle ils présentent des listes communes dans les circonscriptions à scrutin de liste, et s'entendent dans celles au scrutin majoritaire pour se désister envers le candidat de l'un ou l'autre à l'exception d'une dizaine de circonscriptions. Parmi ces dernières figure notamment Gagnoa, fief de Laurent Gbagbo[17].

Jusque là uni avec le PDCI dans l'appel au boycott lors de la présidentielle d', le FPI légal s'en détache pour former une alliance avec l’Union pour la démocratie et pour la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI) d’Albert Toikeusse Mabri, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep) de Charles Blé Goudé, et le mouvement Agir de Martial Ahipeaud. L'alliance parvient à présenter une centaine de candidats, dont une soixantaine sous l'étiquette du FPI légal[17].

Les élections voient également la participation d'environ huit cents candidats indépendants. Grand bénéficiaires du boycott de l'opposition lors des législatives de 2016, ces derniers avaient décrochés un total de 76 sièges de députés, un succès qu'ils espérent rééditer[18].

Le scrutin n'est ainsi pour autant pas dépourvu d'un climat de compétition entre les partis, l'issue de ces législatives ouvertes et inclusives étant jugée particulièrement imprévisibles. Disposant d'une large majorité dans l'assemblée sortante, le RHDP entend conserver sa prédominance en présentant des candidats dans l'intégralité des 205 circonscriptions mises en jeu. En quête d'une preuve de légitimité après des victoires dans des contexte de boycotts sans opposition, le parti, qui déploie d'importants moyens et envoie battre campagne sur le terrain la quasi-totalité des ministres et proches du président, espère convaincre au delà de son électorat traditionnel du nord du pays[19],[17].

Résultats

Suites

Notes et références

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