Il s'agit d'élections anticipées, organisées à la suite de la dissolution du parlement, après le rejet du budget du gouvernement par les députés le précédent.
Les élections de 2021 produisent la première alternance au pouvoir depuis 1982, avec la victoire du FAST. Le PPDH obtient plus de la moitié des voix, mais subit les conséquences d'avoir présenté trop de candidats par siège à pourvoir, ses voix étant divisées entre ces candidats; le FAST obtient ainsi la majorité absolue des sièges avec un peu plus d'un tiers des suffrages.
Le Premier ministre sortant Tuilaepa Sailele Malielegaoi (PPDH) refuse longtemps de céder le pouvoir et empêche le Parlement de siéger, arguant que le tribunaux doivent encore se prononcer sur la légitimité de l'élection de certains députés. Le , toutefois, la Cour d'appel statue que Fiame Naomi Mata'afa (FAST) est légalement Première ministre depuis le , conduisant Sailele Malielegaoi à reconnaître sa défaite.
Le , la Première ministre limoge Laauli Leuatea Schmidt de son poste de ministre de l'Agriculture et des Pêcheries, en raison de son inculpation pour faux, harcèlement, diffamation et entrave à la justice. Exclu du gouvernement, il demeure néanmoins président du parti FAST, et des personnalités du parti condamnent son limogeage, certains demandant en réponse la destitution de la Première ministre. Le , ayant demandé à chacun de ses ministres s'ils la soutiennent, Fiame Naomi Mata'afa limoge les trois qui lui ont répondu «non»: Mulipola Anarosa Ale-Molio'o (la ministre des Femmes, de la Communauté et du Développement social), Toelupe Poumulinuku Onesemo (le ministre des Technologies de l'information et de la communication), et Leota Laki Sio (le ministre du Commerce, des Industries et du Travail)[1],[2],[3]. Le , elle est exclue du parti FAST par le bureau du parti, présidé par Laauli Leuatea Schmidt; le vice-Premier ministre Tuala Iosefo Ponifasio et quatre autres ministres sont également exclus du parti[4].
Le , le budget introduit par le gouvernement est rejeté par une majorité des députés, les députés associés à Laauli Leuatea Schmidt s'étant associés à ceux du PPDH pour faire chuter le gouvernement. Il en résulte une dissolution parlementaire et la tenue d'élections législatives anticipées[5],[6]. Les élections sont fixées le au suivant[7].
Système électoral
Les Samoa sont une république parlementaire, s'inspirant du système de Westminster[8]. L'Assemblée législative, ou Fono, est composée d'un minimum de 51 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions électorales. Les électeurs votent pour un candidat dans leur circonscription, et celui réunissant le plus de suffrages est élu[9],[10]. Depuis un amendement adopté en 2013, un minimum de 10% des sièges doivent cependant être occupés par des femmes, soit cinq députées. Si moins de cinq femmes sont élues, des sièges supplémentaires sont attribués aux candidates dites «meilleures perdantes» ayant obtenu les meilleurs résultats sans être élues, jusqu'à ce le quota soit atteint. La composition du Fono peut ainsi varier de 51 à 56 députés à l'issue des élections[11].
Seules les personnes portant un titre de matai (titre traditionnel de chef de famille) peuvent être élues députés, y compris pour les personnes non-autochtones. Le droit de vote s'acquiert à l'âge de 21 ans[12],[13],[14]. Pour être éligible, un candidat doit avoir accompli son monotaga pendant au moins les trois années qui précèdent, c'est-à-dire avoir contribué aux affaires du village, de l'église locale ou de la communauté, par exemple par des aides matérielles ou financières, ou par des travaux[15].
Après les élections, le nouveau Parlement procède à l'élection du Premier ministre. Le chef de l'État, pour sa part, est élu par le Parlement tous les cinq ans; le second et dernier mandat de Tuimalealiifano Va'aletoa Sualauvi II, chef de l'État au moment des législatives de 2025, arrive à terme en 2027.
Le , des membres du PPDH quittent ce parti pour fonder le Parti travailliste des Samoa. Ils reprochent au PPDH de ne les avoir pas sélectionnés comme candidats. Le chef du nouveau parti est l'ancien député Faaolesa Katopau Ainuu(en), tandis que les autres principaux fondateurs sont ls anciens députés So'oalo Feo Mene(en) et Tuisa Tasi Patea(en), et l'homme d'affaires Su'a Tanielu Su'a. Le parti s'inscrit dans la ligne politique du PDDH, ne s'en distinguant que sur des enjeux de personnes et non sur des enjeux de programme. Ce n'est pas un parti travailliste au sens usuel du terme[17].
À la fermeture des inscriptions le , il y a en tout sept partis politiques enregistrés pour ces élections: le PPDH, le FAST, le PUS, le Parti travailliste, le Parti national démocrate des Samoa (fondé en 2019 et fondu dans le FAST en 2021), le parti Constitution Démocratie République (Constitution Democracy Republic Party) et le Parti républicain réformiste Tumua ma Pule (ce qui signifie littéralement «dirigeants et gestionnaires"») mené par Molio'o Pio Molio'o, qui a quitté le FAST dont est membre son épouse la députée Mulipola Anarosa Ale Molioo[18],[17].
Les promesses de campagne se caractérisent par des annonces de dépenses sociales et de distribution d'argent public aux familles[19].
Le Parti unifiant les Samoa reprend les promesses de campagne du FAST lors des élections de 2021, et promet que cette fois elles seront mises en oeuvre: une augmentation de 50% des pensions de vieillesse, la création d'une aide financière pour les personnes handicapées, la mise en place d'un budget pour permettre aux Samoans d'aller être soignés à l'étranger, et le droit de vote pour les Samoans résidant à l'étranger[20]. Il promet en outre la gratuité de l'éducation et des soins hospitaliers[19].
Le PPDH promet l'abrogation de la taxe sur la valeur ajoutée sur les aliments de première nécessité. Faisant suite à l'épidémie de rougeole de 2019 aux Samoa, il promet 1 000tala aux parents de chaque bébé s'ils le font vacciner[21]. Il promet en outre un don de 500 tala à chaque famille chaque année; des baisses d'impôts; un triplement des aides aux personnes handicapées; et 200 tala d'aide supplémentaire par mois aux soignants de personnes handicapées[19].
Le FAST promet la gratuité des soins à l'hôpital; des allocations pour les femmes enceintes et les parents de jeunes enfants; des aides financières pour les familles pauvres; une abolition de la taxe sur la valeur ajoutée sur les produits de première nécessité; et un développement des énergies renouvelables. En contrepartie, l'âge de la retraite passerait de 55 à 65 ans[19].
Le média Pacific Media Network souligne qu'aucun parti ne mentionne la crise des addictions à la méthamphétamine, qui selon la police aggrave le crime organisé et les délits avec violences[15].
Candidats
Il y a 191 candidats[22], dont 187 remplissent les conditions statutaires et sont approuvés[23].
Le FAST présente cinquante-huit candidats (soit davantage qu'il n'y a de sièges à pourvoir), et le PPDH cinquante[23].
Le Parti unifiant les Samoa présente seulement vingt-six candidats, ce qui rend quasi-impossible sa formation d'un gouvernement majoritaire à l'issue des élections[24]. Mauʻu Siaosi Puʻepuʻemai, le ministre sortant des Communications, choisit de se représenter dans sa circonscription comme candidat indépendant, sans l'étiquette du PUS[24].
Le Parti travailliste a cinq candidats, et les deux autres nouveaux partis un seul chacun. Il y a quarante-six candidats sans étiquette, dont au moins quinze s'assemblent en un groupe appelé «Indépendants Ensemble»[24],[25],[26].
La circonscription Faleata 2 est la seule où il n'y a pas de scrutin, deux des trois candidats ayant été disqualifiés. Le député sortant Leatinu’u Wayne So’oialo, ministre sortant des Entreprises publiques et des Petites Entreprises, conserve ainsi automatiquement le siège pour le PUS[24].
Résultats nationaux
Les comparaisons en pourcentages et en sièges sont effectuées par rapport aux résultats des élections précédentes en avril 2021, avant les annulations d'une partie des résultats et la tenue d'élections partielles dans certaines circonscriptions, ayant abouties à un total de 31 sièges pour le FAST et 22 pour le PPDH.
Le Fa'atuatua i le Atua Samoa ua Tasi (FAST) remporte une large victoire qui lui assure la majorité absolue des sièges. Il sort ainsi renforcé des élections malgré ses divisions internes ayant abouties à la dissidence du Parti unifiant les Samoa (PUS), menée par la Première ministre sortante Fiame Naomi Mata'afa[27]. La plupart des ministres sortants de cette dernière sont battus dans leurs circonscriptions respectives. Les quatre exceptions étant Fiame Naomi Mata'afa, confortablement réélue dans sa circonscription de Lotofaga; le ministre sortant du Commerce Faleomavaega Titimaea Tafua, assez aisément réélu à Aleipata-Itupa I Lalo; le ministre sortant des Technologies de l'information et de la communication Mau'u Siaosi Puepuemai, qui se représentait sans étiquette et qui est largement en tête dans sa circonscription de Vaa o Fonoti; et le ministre sortant des Entreprises publiques et des Petites Entreprises Leatinu'u Wayne So'oialo, seul candidat à n'avoir pas d'adversaire dans sa circonscription[27],[30].
Cinq femmes ayant été réélues (Fiame Naomi Mata'afa pour le PUS, Mulipola Anarosa Molioo pour le FAST) ou élues (Seve Tei Fuimaona et Afamasaga Leone Masame pour le FAST, Aeau Tima Leavaiseeta pour le PPDH), aucun siège supplémentaire n'est créé pour être attribué à une «meilleure perdante»[27],[31].
Le FAST obtient ainsi 31 sièges, soit six de plus qu'aux élections d'avril 2021, et autant qu'en décembre 2021, après l'invalidation d'une partie des résultats par la Cour suprême et la tenue d'élections partielles. Cette victoire permet à l'ancien ministre de l'agriculture et dirigeant du FAST, Leuatea Polataivao, d'accéder au poste de Premier ministre. Au soir du scrutin, il prononce un discours de victoire dans lequel il appelle les dirigeants des autres partis à «la paix et l'harmonie», jugeant fini le «temps des conflits et de l'incertitude»[32].
Le revers électoral est lourd pour le Parti pour la protection des droits de l'homme (PPDH), qui ne réunit que 13 sièges, contre 25 en avril 2021, et 22 en décembre de la même année. La première ministre sortante ne parvient quant à elle pas à s'imposer, le PUS ne réunissant que 3 sièges, soit moins que les quatre indépendants élus à l'issue du scrutin.
L'Assemblée se réunit le 16 septembre et élit Auapaau Mulipola Aloitafua Mulipola à la présidence du Fono, suivit le même jour de la prestation de serment de La'auli Leuatea Polataivao comme Premier ministre. Ce dernier nomme son gouvernement le même jour[33],[34].
Suites
Le 14 janvier 2026, l'élection de Seve Tei Fuimaono (FAST) comme députée de la circonscription Safata 1 est cassée car elle a été reconnue coupable de multiples actes de corruption électorale. La candidate déchue est inéligible à l'élection partielle qui en résulte le 6 février. Elle perd par ailleurs son poste de ministre des Ressources naturelles et de l'Environnement[35]. Tunumafono Clare Tai Tin, candidate du FAST, remporte l'élection partielle qui en résulte[36].
En janvier 2026, le député sans étiquette de la circonscription Vaimauga 2, Motuopuaʻa Henny Papaliʻi, adhère au FAST. Il doit de ce fait démissionner et se présenter avec cette nouvelle étiquette à l'élection partielle qui en résulte en février. Il la remporte largement[37].
En mars 2026, Taioaliʻiseu Fiti Aimaʻasu(en), député de la circonscription Vaimauga 3, quitte le PPDH et adhère au FAST. Il perd de ce fait automatiquement son siège de député, et doit se présenter à l'élection partielle qui en résulte en mai. Celle-ci est toutefois remportée par le candidat indépendant (et ancien ministre des Finances) Lautimuia Uelese Vaai[38]. Le 29 juin, néanmoins, la justice reconnaît à la fois Lautimuia Uelese Vaai et Taioaliʻiseu Fiti Aimaʻasu coupables de corruption électorale lors de cette élection partielle de mai, et ordonne la tenue d'une nouvelle élection partielle en septembre. Nonu Lemauga Laulu William Mauia remporte le siège pour le FAST[39].
Le 29 juin 2026, l'élection de Toelupe Poumulinuku Onesemo (FAST) comme député de la circonscription de Falealili est cassée car il est reconnu coupable de corruption électorale. Il perd également de ce fait son poste de vice-Premier ministre[40]. Seumafaleupolu Aperlia Tiai remporte pour le FAST l'élection partielle qui en résulte en septembre[39].